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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 17:33

 

Il s’était tout de suite mis à lire Roger Frison Roche dès que Mister president avait parlé des premiers de cordée. Lui, il faisait tout pour le devenir. Abonné à « Valeurs Actuelles » dont il avait fait sienne cette description « libéral en économie et conservateur sur les sujets de société1 » et adhérent à la LRM, il s’était mis depuis peu au « Climbmill », car si tous les cons avaient compris comme lui les propos sibyllins de Mister president, il risquait d’y avoir du monde dans la cordée et il faudrait surement courir pour être le premier.

Son idole, c’était Carlos, pas le terroriste le cost killer... Un type qui palpait entre 35 et 43 000  € par jour avait de quoi susciter l’admiration et lui contrairement à d’autres, il trouvait pas ça immoral – allons donc, vouloir moraliser le capitalisme c’était comme demander à un tigre de bouffer d’l’herbe – c’était parce qu’ « il le valait bien ». C’est vrai que pour peser autant que 800 smicars fallait en abattre du boulot. Carlos il était comme ça, généreux et pas regardant sur la dépense, surtout celle concernant ses émoluments2. Mais le redressement de Nissan c’était lui, lui et personne d’autre3, un peu comme si la Micra dans laquelle il roulait avait été assemblée pièce par pièce par les petits doigts boudinés de Carlos.
Alors que ce type-là ait eu un petit dérapage, il ne voyait là rien d’anormal pour un fabriquant d’automobiles et puis en bossant autant que 800 ouvriers pas étonnant qu’il ait laissé passer quelques bourdes, le burn-out guette tout le monde après tout… Mais ce qui le révoltait c’était la violence extrême qui avait présidé à son interpellation
4, on se serait cru à Beaumont-sur-Oise avec un jeune des banlieues, heureusement que Carlos n’avait pas résisté car, et cela lui faisait froid dans l’dos, ces fonctionnaires zélès auraient pu tenter une immobilisation en s’asseyant sur lui…
Aller, pour garder la foi dans un monde si dur il allait s’écouter Tina Arena, les yeux encore brillants à l’idée qu’en allant toujours un peu plus haut que les autres, qu’il écraserait bien comme des petites crottes de chien perdues au milieu du trottoir, il finirait comme l’avait dit Mister president, premier de cordée…

 

 

 

 

1 François d’Orcival président du comité éditorial de VA
 
2  La rémunération du P-DG de Renault Carlos Ghosn devrait atteindre 7,2 millions d'euros en 2015, contre 2,67 millions l'année précédente. Cette augmentation de 169% a du mal à passe chez les salariés qui ont vu leur salaire gelé
http://www.leparisien.fr/economie/renault-remous-autour-des-169-d-augmentation-de-carlos-ghosn-25-03-2015-4635725.php

3 Sur la planète toute entière, le monde des affaires reconnaît que Carlos Ghosn est sans doute l’un des patrons d’entreprise les plus emblématiques, parce que l’un des plus performants.
Tout le monde se souvient que c’est lui qui a sauvé Nissan de la faillite il y a près de 20 ans, en redressant cette maison ancestrale pour en faire une entreprise vedette dans le monde de l’automobile. Tout le monde reconnaît que c’est lui qui , au pouvoir chez Renault depuis 13 ans, a mené une stratégie gagnante en développant le low cost et en tissant des liens gagnant-gagnant avec Nissan, pour en faire au final le premier constructeur mondial avec plus de 10 millions de véhicules vendus par an. Un groupe que l'on disait prêt à aborder la révolution digitale et l’autonomie.
https://www.atlantico.fr/decryptage/3559056/-carlos-ghosn--la-fin-d-un-empereur-de-l-industrie-automobile-renault-s-effondre-en-bourse-jean-marc-sylvestre-
 
4 "C'est extrêmement rare que 10 personnes du bureau du procureur de Tokyo viennent attendre sur le tarmac de l'aéroport de Haneda un avion avec des caméras de télévision" a estimé Thierry Breton, en évoquant les circonstances de l'arrestation de Carlos Ghosn lundi. "L'arrestation elle-même a été d'une violence extrême", juge-t-il.

 

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17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 17:39
Riga - Lettonie
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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 10:46
Bertrand Badie "Favoriser le mixage des cultures"

 

Il faut favoriser le mixage des cultures. Nous sommes dans la mondialisation, autrement dit dans la mobilité. Or la mobilité ce sont les ponts, c'est-à -dire la possibilité pour les cultures de s'interpénétrer, de s'ensemencer dans ce contexte de la mixité et de l'hybridation qui sont des valeurs éminemment positives. Dans l'histoire de l'humanité, ce sont les moments de mixage et d'hybridation qui ont fait faire au monde les plus grands progrès; à l'inverse ce

sont lorsque les peuples se sont repliés sur eux-mêmes dans un fantasme identitaire délétère que les régressions les plus.importantes ont eu lieu. C'est la raison pour laquelle la bataille pour la migration est essentielle. Le migrant est l'avenir du monde. L'avenir est à ceux qui bougeront et la paix appartiendra à ces sociétés qui accepteront de s'ouvrir, d'échanger. Il ne s'agit pas d'abdiquer, il s'agit au contraire de profiter des uns des autres et de pouvoir . rendre compatibles des constructions culturelles qui n'ont pas été inventées pour s'opposer, ni même pour rester-juxtaposées, mais pour se rencontrer comme à bien des moments le christianisme et le judaïsme ont eu à échanger et construire cette culture judéo-chrétienne telle qu'elle a contribué à façonner l'Europe.
De la même manière, bouddhisme, confucianisme et taoïsme ont pu s'hybrider, de même que l'hellénisme et le bouddhisme dans le monde du Candhara, Il y a là une séquence essentielle à ne pas rater. C'est la raison pour laquelle je suis si sévère avec tous ces populismes de droite comme de gauche, qui font de l'identité ou de la construction archaïque de la souveraineté la base de leur grammaire.

 

 

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 21:55

André Breton - Surréalisme

 

Je suis un des rouages les plus délicats de l'amour terrestre (...)
J'ai défait le ciel comme un lit merveilleux
Mon bras pend du ciel avec un chapelet d'étoiles
Qui descend de jour en jour
(...)

Mille et mille fois

 

Je ne suis pas seul en moi-même
Pas plus seul que le gui sur l'arbre de moi-même
Je respire les nids et je touche aux petits des étoiles
(...)

Légion étrangère

 


"Le surréalisme n'aime pas perdre la raison;
il aime ce que la raison nous fait perdre
"

F. Alquier - Philosophie du surréalisme

 

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 21:20
Ariadna Efron

 

Ariadna Efron, 25 ans, 15 mars 1937, départ de Paris pour une nouvelle vie en URSS

Crédits : Musée mémorial de Marina Tsvetaeva à Moscou, 6/1 rue Boris et Gleb

 

Dans la correspondance avec Anastasia, sa tante maternelle,
elle évoque sa mère Marina Tsvetaeva.
Elle dit n'avoir eu qu'un seul amour : cette mère avec qui
elle a vécu en symbiose. Même si leur relation
était devenue difficile, tendue au fil des ans, Ariadna écrit :
« elle nous faisait don de son moi dans tout son éclat
et dans toute sa splendeur [...].»
 

https://www.erudit.org/fr/revues/spirale/2006-n208-spirale1059430/17845ac.pdf

 

 

"J'aime Marina, ma mère d'un amour qui n'a rien de filial [...]

Comme je vous aime, vous êtes ma vie [...]

En réalité, durant toute ma vie, je n'ai eu qu'un seul amour, elle [...]

 

 

"Chaque jour j’appelle à l’aide un miracle

qui me ramène dans le monde des vivants"

Touroukhansk, 8 novembre 1952.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 20:15

Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
Mérida - Espagne
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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 17:48

la défense de l'universalisme opposée aux groupes
dominés, sous prétexte de crainte de communautarisme,
est en fait une défense de l'accaparement de l'universel par
une catégorie très spécifique de la population, les hommes
blancs;
cette résistance à la protestation des groupes exclus,
qui prend la forme en France de l'invocation des grands principes,
et utilise donc la doctrine des droits humains contre
eux-mêmes, n'est pas sans effet sur la forme que prennent
les revendications des exclus de la citoyenneté, dont les femmes.
L'incapacité des groupes dominants de comprendre que
le temps est venu d'abandonner leur monopole de l'universel,
leur refus d'accéder à a demande des exclus de créer
un universel vrai, c'est-à-dire incluant, sont responsables
d'une situation extrêmement conflictuelle qui peut conduire
au démantèlement de la forme républicaine. En effet, ayant
frappé sans succès à la porte de la maison qu'on leur a dit
commune, les groupes dominés, devant la réponse qui leur
est faite que cette maison n'est pas la leur, et qu'ils ne peuvent
y entrer qu'en invités, finiront par abandonner ce lieu à
ceux qui s'en disent les seuls légitimes propriétaires, et par
aller voir ailleurs: justement du côté du chiffon rouge que les
dominants agitent devant toute protestation, du côté du
«communautarisme» ou du séparatisme; et de toutes façons,
dans une voie parallèle qui ne sera bonne ni pour eux ni pour le
reste de la nation.

 

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 20:35

 

En débouchant au coin de la rue, il aperçut une affiche sur la vitrine mais il eut du mal à en lire le texte : « boucherie à l’ail », sans doute un plat préparé se dit-il, mais c’était un peu vague quand même. Ce n’est qu’en s’approchant qu’il comprit son erreur il lut :

« boucherie halal ». Halal ? C’était pas le nom du Dieu des arabes

ça ? Lui il était français et catholique, enfin il avait fait son cathéchisme mais pour ce qu’il lui en restait. La dernière fois qu’il était allé à la messe il n’avait pas aimé le prêtre, une espèce

d’illuminé avec ses citations à la con : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; 1» comme si y’avait pas assez d’étrangers comme ça. En tout cas, à l’intérieur c’était pas le boucher qu’il connaissait, celui-là avait une drôle de gueule avec sa barbe, une tête pas française, c’était pas qu’il était raciste, non, mais il avait pas une tête à vendre des andouillettes le mec. Il était étonné que l’autre ne lui ait jamais dit qu’il allait vendre son magasin. Il allait faire demi-tour quand il remarqua une femme qui se dirigeait vers la boucherie, c’est qu’on voyait pas grand-chose mis à part les yeux, tout le reste du corps de la gonzesse était recouvert par un grand drap noir. C’était pas qu’il était voyeur, non, mais y préférait les mini-jupes, c’était quand même plus féminin et puis si toutes les femmes s’habillaient comme ça, c’était un truc à d’venir Pédé, Dieu l’en préserve. C’était pas qu’il était homophobe, non, mais fallait pas pousser, il pensait comme Bolsonaro : « Je serais incapable d'aimer un fils homosexuel. Je préfèrerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu.2" un type bien Bolso, pour qui il aurait voté sans problème, c’est pas que Marine l’ait déçu, non, mais Bolso, lui au moins, il s’était fait élire. Il allait rentrer quand son regard fut attiré par ce titre écrit en grand : « Le slam envahit la France »... Bon Dieu ! D’un seul coup lui revint en mémoire toutes les couvertures du Point qu’il lisait régulièrement, un journal peut-être un p’tit peu à droite, d’accord…  Mais cette fois ci ce n’était pas le Point qui le disait mais « le magazine littéraire » et d’un coup tout prenait sens, le boucher halal et barbu, la femme voilée, c’étaient des preuves tangibles qui suffiraient à convaincre n’importe quel crétin que le slam était en train d’envahir la France…

 

1 :Evangile selon Matthieu (25, 31-46)

2 : Playboy, juin 2011

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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 18:07

Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
Brantes - Vallée du Toulourenc
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30 octobre 2018 2 30 /10 /octobre /2018 20:18
Dorothea Lange
Dorothea Lange
Dorothea Lange
Dorothea Lange
Dorothea Lange
Dorothea Lange

 

«il faudrait vraiment utiliser l'appareil photo comme
si l'on devait être frappé de cécité demain.
Vivre une vie consacrée au visible, c'est une
entreprise considérable,quasiment inaccessible,
mais quand on parvient à produire de bonnes
photographies, c'est dans cette direction-là
qu'il faut aller. Je n'ai fait que l'effleurer, à
peine l'effleurer. »

 

« Les errants, les émigrants, étaient devenus des nomades.
Des familles qui avaient jusque-là vécu sur un lopin de terre,
dont toute l’existence s’était déroulée sur leurs quarante
arpents, qui s’étaient nourries – bien ou chichement – du
produit de leurs quarante arpents, avaient maintenant tout
l’Ouest comme champ de pérégrinations. Et elles erraient à
l’aventure,
à la recherche de travail; des flots d’émigrants
déferlaient
sur les autostrades et des théories de gens
stationnaient dans les fossés bordant les routes.
Et derrière
ceux-là, il en arrivait toujours d’autres. Les autostrades
grouillaient de véhicules de toutes sortes. Ces régions du
Centre-Ouest et du Sud-Ouest avaient été habitées jusque-
là par une population agrarienne que l’industrialisation
n’avait pas touchée; des paysans simples, qui n’avaient
pas subi le joug du machinisme et qui ignoraient combien
une machine peut être un instrument puissant et dangereux
entre les mains d’un seul homme. Ils n’avaient pas connu les
paradoxes de l’industrialisation à outrance et avaient gardé
un jugement assez sain pour discerner toute l’absurdité de
la vie industrielle.
Et brusquement, les machines les chassèrent de chez eux
et les envoyèrent peupler les grandes routes. Et avec la vie
nomade
, les autostrades, les campements improvisés, la
peur de la faim et la faim elle-même, une métamorphose
s’opéra en eux. Les enfants qui n’avaient rien à manger, le
mouvement ininterrompu, tout cela les changea. Ils étaient
devenus des nomades.
L’hostilité qu’ils rencontraient partout
les changea, les souda, les unit – cette hostilité qui poussait
les habitants des petites villes et des villages à se grouper
et à s’armer comme s’il s’agissait de repousser une invasion
– sections d’hommes munis de manches de pioches, calicots
et boutiquiers munis de fusils de chasse – de défendre le
monde contre leurs propres concitoyens.
Le flot perpétuellement renouvelé des émigrants fit régner
la panique dans l’Ouest. Les propriétaires tremblaient
pour leurs biens. Des hommes qui n’avaient jamais connu
la faim la voyaient dans les yeux des autres. Des hommes
qui n’avaient jamais eu grand-chose à désirer voyaient
le désir brûler dans les regards de la misère. Et pour se
défendre, les citoyens s’unissaient aux habitants de la riche
contrée environnante et ils avaient soin de mettre le bon
droit de leur côté en se répétant qu’ils étaient bons et que
les envahisseurs étaient mauvais, comme tout homme doit le
faire avant de se battre. [...]
Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment
à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les
routes étaient pleines d’affamés. Les granges regorgeaient
de produits et les enfants des pauvres devenaient
rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les grandes
Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare
la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles
employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à
gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des
marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs
troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient
comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la
colère fermentait. »

John Steinbeck, « Les raisins de la colère » p. 396-399.

 

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