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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 07:42

 

 

 

Je regardai ma cousine qui se mît à me poser, des questions de sa voix basse et émouvante.  C’était une de ces voix que l'oreille suit dans ses modulations comme si chaque phrase était un arrangement de notes qui ne doit plus jamais être répété. Son visage était triste et charmant, plein de choses luisantes, des yeux luisants, une bouche luisante et passionnée; mais sa voix était un excitant que les hommes qui l'avaient aimée trouvaient difficile d'oublier: une mélodie irrésistible, un «écoutez» chuchoté l'assurance qu'elle venait de faire des choses gaies et passionnantes et que l'heure suivante serait tout aussi riche.
p 33

 

Je regardai Miss Baker, me demandant ce qu'elle pouvait bien « arriver à faire». J'éprouvais  du plaisir à la regarder. C'était une fille  mince, a seins petits, qui se tenait toute droite et accentuait cette raideur en rejetant le corps en arrière vers les épaules comme un jeune élève officier. Ses yeux gris, fatigués par l'éclat du soleil, me rendaient mon regard avec la réciprocité d'une curiosité polie, dans un visage las, charmant et mécontent.
p 35

 

Tout de suite, je demandai à l'infirmière si c'était un garçon ou une fille. C'était une fille. Je détournai la tête et me mis à pleurer; « Bon, dis-Je alors, tant mieux que ce soit une fille et j'espère qu'elle sera bien sotte. C'est ce qu'une Jeune fille a le plus' d'avantage à être dans ce  monde - une jolie petite sotte. Vois-tu, je trouve que la vie est une chose horrible, continua-t-elle d'un air convaincu. Tout le monde, pense comme moi, les gens les plus avancés. Et moi: Je sais. J'ai été partout, j'ai tout vu, j'ai
tout fait.»
p 42

 

Mais au fond de ce pays de grisaille, par-delà les tourbillons de poudre grise qui ne cessent d'errer sur sa surface, vous apercevez, après un moment, les yeux du docteur T. J. Eckleburg.  Les yeux du docteur T. J. Eckleburg sont bleus et gigantesques, leurs rétines ont un mètre de haut. Ils regardent dans un visage inexistant, derrière une paire d'énormes lunettes jaunes qui chevauchent un nez absent. De toute évidence, un oculiste de New York, ami de la plaisanterie, les a dressés sur ce paysage dans l'espoir d'y recruter des clients, puis s'est abîmé lui-même dans la cécité éternelle, à moins qu'il n'ait déménagé vers d'autres lieux, les oubliant là. Mais ses yeux, assez effacés par le temps et le manque de peinture, s'attristent encore sur le -solennel terrain cinéraire.
p 47 - 48

 

 

« C'est moi, Gatsby, fit-il tout à coup.
- Quoi! m'écriai-je. Oh! je vous demande pardon!
- Je croyais que vous saviez, vieux frère. J'ai bien peur de ne pas être un très bon maître de maison. »
II sourit avec compréhension - Beaucoup mieux qu'avec compréhension. C'était un de ces rares sourires, doués de la faculté de rassurer, qu'on rencontre, quand on a de la chance, quatre ou cinq fois dans sa vie. Il affrontait un instant - ou paraissait affronter - le monde extérieur dans son ensemble, pour se concentrer ensuite sur vous, avec un parti pris irrésistible en votre faveur. II ne vous comprenait qu'autant que vous désiriez être compris, il croyait en vous dans la mesure où: vous auriez voulu croire en vous-même, il vous persuadait qu'il avait exactement de vous "l'impression que, en mettant tout au mieux, vous espériez produire. A ce moment précis, le sourire s'évanouit - et je n'eus plus devant moi qu'un jeune homme élégant mais un peu fruste, âgé de trente et un ou trente-deux ans, dont le langage recherché frisait l'absurdité.
p 75

 

« N'était cette brume, nous verrions votre maison, de l'autre côté de la baie, dit Gatsby Il y a une lumière verte qui brûle, toute la nuit au bout de votre Jetée.»
Daisy glissa soudain son bras sous le sien, mais il semblait absorbé par ce qu'il venait de dire. Peut-être l'idée lui était-elle venue que la colossale importance de cette Iumière venait de s'évanouir à  jamais. Comparée à la grande distance qui l'avait séparé de Daisy, cette lumière lui avait paru toute proche d'elle, la touchant presque. A présent, ce n'était plus qu'une lumière verte sur une jetée. Son compte d’objets enchantés avait décru d'une unité.
p 124

 


Quand je m'avançai pour prendre congé je m'aperçus que le visage de Gatsby avait repris son expression d'ahurissement comme si un doute vague se levait en lui sur la qualité, de son bonheur actuel.
Presque cinq ans! Il devait y avoir eu des instants, même en cet après-midi, où Daisy ne s'était pas montrée à la hauteur de ses rêves - non pas par sa faute mais à cause de la colossale vitalité des illusions de Gatsby. Elles avaient absorbé, dépassé la personne de Daisy, elles avaient dépassé toute réalité. Il s'était jeté dans son rêve avec la passion d'un créateur, l'accroissant sans répit, l'ornant de toutes les plumes brillantes qui lui tombaient sous la main. Rien n'est comparable au volume de feu ou de fraîcheur que l'homme peut emmagasiner dans son coeur spectral.
p 127

 

Je suppose qu'il tenait déjà le nom tout prêt. Ses parents étaient des fermiers besogneux que le succès avait toujours fuis; son imagination ne les avait jamais acceptés comme parents. Au vrai, Jay Gatsby, de West Egg, Long Island, avait jailli de sa propre conception platonique de lui-même. C'était un fils de Dieu, phrase qui, si elle signifie quelque chose, signifie .cela même, et il lui incombait de s'occuper des affaires de son père, au service d'une vaste, vulgaire et mercenaire beauté. De sorte qu'il inventa précisément l'espèce de Jay Gatsby qu'un garçon de dix-sept ans pouvait inventer, et à cette conception il demeura fidèle jusqu'au bout.
p 130

 

Mais son coeur était une constante, une turbulente émeute. Les imaginations les plus grotesques et les plus fantasques le hantaient la nuit dans son lit. Un univers d'un ineffable clinquant se tissait en son cerveau cependant que la pendule faisait tic-tac sur la toilette, et que la lune baignait d'une humide lumière ses vêtements répandus sur le plancher. Chaque nuit il ajoutait de nouveaux traits au tracé de ses fantaisies, jusqu'au moment où le sommeil refermait son oublieuse étreinte sur quelque scène éclatante. Ces rêveries servirent un temps d'exutoire à son imagination; elles étaient une allusion satisfaisante à l'irréalité de la réalité, l'assurance que ce rocher, le Monde, solidement reposait sur l'aile d'une fée.
131

 

Il ne voulait rien moins d'obtenir de Daisy qu'elle allât à Tom et lui dît : "Je ne vous ai jamais aimé." Une fois qu'elle aurait oblitéré quatre années par cette phrase, ils pourraient chercher une solution quant aux mesures d'ordre pratique qui resteraient à prendre. Une de celles-ci était, après qu'elle serait libre, de retourner à Louisville et de s'y marier le cortège partirait de chez elle - comme si c'était cinq ans plus tôt.
p 143

 

Il jeta autour de lui un regard égaré, comme si le passé se cachait là, dans l'ombre de la villa, juste
hors de portée de la main.
« Je vais arranger tout exactement comme c'était avant, fît-il, en hochant la tête d'un air déterminé.
Elle verra.»
Il parla abondamment du passé, et je crus comprendre qu'il voulait reconquérir quelque chose, peut-être une idée que jadis il s'était faite de lui-même; qui s'était absorbée dans son amour pour Daisy.
Depuis lors, sa vie avait été confuse et désordonnée mais s'il pouvait seulement revenir à un certain point de départ et refaire lentement le même chemin il pourrait découvrir ce qu'était cette chose...
Un soir d'automne, cinq ans plus tôt, ils marchaient ensemble dans une rue au moment où les feuilles tombaient. Ils arrivèrent à un endroit où il n'y avait point d'arbres, où le trottoir était tout blanc de lune. S'arrêtant, ils se tournèrent l'un vers l'autre. Cette nuit était fraîche et pleine: de la mystérieuse surexcitation qui vient avec les deux métamorphoses de l'année. Les paisibles lumières des maisons sortaient dans les ténèbres en bourdonnant et dans les étoiles, il y avait comme un frémissement, comme une agitation, Du coin de l'oeil, Gatsby voyait que les dalles des trottoirs formaient en réalité une échelle qui montait vers un endroit secret au-dessus des arbres; il pourrait y monter, s'il y montait seul, et une fois là-haut, sucer la pulpe de la vie, boire l'incomparable lait de l'émerveillement.
Son coeur battait fort à mesure que le blanc visage de Daisy montait vers le sien. Il savait qu'une fois qu'il aurait donné un baiser à cette jeune fille et marié à jamais ses indicibles visions à son souffle périssable, son esprit d'homme ne s'ébattrait plus jamais comme l'esprit d'un dieu. .
Il attendit donc, tendant l'oreille un instant de plus au diapason dont quelqu'un venait de heurter un astre. Puis, il l'embrassa. Au contact de ses lèvres, elle s'épanouit pour lui comme une fleur, et l'incarnation fut complète.
Tout ce qu'il me. dit, et même son effarante sentimentalité, me rappelait quelque chose un rythme insaisissable, un fragment de paroles perdues, que j'avais entendues quelque part, il y avait longtemps. Un moment, une phrase chercha à prendre forme dans ma bouche et mes lèvres se séparèrent, telles celles d'un muet comme si quelque chose de plus qu'un souffle d'air frémissant se débattait sur, elle. Mais elles ne produisirent aucun son et ce que J'avais failli me rappeler demeura incommunicable à jamais.
p 144 - 145

 

« Oh ! .vous exigez trop! cria-t-elle à Gatsby. Je vous aime à présent - est-ce que cela ne vous suffit pas? Je ne puis empêcher ce qui a été.»
Elle se mit à sangloter éperdument.
« Je l'ai aimé jadis, mais vous aussi je vous aimais. » Gatsby ouvrit et ferma les yeux.
« Vous m'aimiez aussi.
- Et même ça c'est un mensonge, dit Tom avec férocité. Elle ignorait si vous étiez vivant ou non. '
Allons donc, il y a entre Daisy et moi des choses que vous ne connaîtrez jamais, des choses que nous ne pourrons jamais oublier ni l'un ni l'autre.»
p 169

 

La voie s'incurva; on marchait à présent le dos au soleil qui, à mesure qu'il s'abaissait semblait s'étendre comme une bénédiction sur la' ville disparue où elle avait respiré. Il étendit désespérément la main comme pour saisir, ne fût-ce qu'une touffe de cheveux, comme pour sauver un fragment de ce site qu'elle avait fait si beau. Mais tout marchait trop vite pour ses yeux brouillés et il sut qu'il avait perdu cette partie de sa vie, la plus fraîche et la meilleure, à jamais.
p 192

 

Je ne pouvais ni lui (Tom) pardonner, ni éprouver de la sympathie pour lui, mais je compris que ce qu'il avait fait était justifié à ses propres yeux. Tout cela n'était que négligence et confusion. C'étaient des gens négligents  - Tom et Daisy - ils brisaient choses et êtres, pour se mettre, ensuite, à l'abri de leur argent ou de leur vaste négligence, ou quelle que fût la chose qui les tenait ensemble, en laissant à d'autres le soin de faire le ménage...
p 221

 

Et, assis en cet endroit, réfléchissant au vieux monde inconnu, je songeais à l’émerveillement que dut éprouver Gatsby quand il identifia pour la première fois la lumière verte au bout de la jetée de Daisy. Il était venu de bien loin sur cette pelouse bleue, et son rêve devait lui paraître si proche, qu’il ne pouvait manquer de le saisir avec sa main. Il ignorait qu’il était déjà derrière lui (…)
Gatsby croyait en la lumière verte, l’extatique avenir qui d’année en année recule devant nous. Il nous a échappé ? Qu’importe ! Demain nous courrons plus vite, nos bras s’étendront plus loin… Et un beau matin…
C’est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé.
P 223

 

 

 

 

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 14:25

 

Comme Vicka il aurait aimé dire « Encore une journée au Paradis  » en se collant devant son ordi et peut-être aussi qu’il aurait aimé tout simplement faire une bonne équipe avec elle plutôt qu’avec son voisin, dont il devrait supporter les discours sur les bougnoules, ce soir lorsqu’ils feraient leur  tournée de surveillance dans leur lotissement hautement sécurisé… Il avait accepté de faire partie de « l’escouade de surveillance » une émanation de leur association « Voisins vigilants » à laquelle Suzette lui avait dit de s’inscrire, « par précaution » avait-elle ajouté « par les temps qui couraient », et Dieu sait qu’ils couraient vite depuis quelques temps, depuis l’temps d’la Marine en fait, y valait mieux ne pas trop s’faire remarquer… En tout cas pas comme le voisin du 4, un type sympa pourtant qu’il connaissait depuis longtemps, mais que les flics étaient venus chercher un matin, soit disant parce qu’il avait liké sur twitter la photo d’une fresque murale dénonçant le racisme et les violences…, enfin il valait mieux ne pas dire le mot qui suivait, un peu comme dans « Harry Potter » lorsqu’on parlait de qui vous savez… Depuis le voisin du 4, on ne l’avait plus revu… Ces rondes commençaient à le dégoutter un peu, surtout depuis qu’une escouade avait rossé un pauvre bougre qu’ils avaient trouvé en train de pisser sur le banc anti SDF qu’ils avaient fait installer derrière le portail d’entrée du lotissement… Ce qu’ils avaient pris pour un acte volontaire de rébellion contre « le nouveau dispositif d’ordre républicain » c’était être révélé comme le simple besoin naturel d’un attardé mental qui étant sorti de chez lui en pleine nuit, avait échappé à la surveillance de sa sœur, accourue en larmes lorsqu’elle l’avait aperçu qui criait sous les coups de lattes… Qu’est-ce qu’il avait ramassé, une vraie boucherie, mais le pire c’était lorsqu’il avait entendu quelqu’un proférer « Heureusement qu’on sera bientôt débarrassé de cette engeance grâce au T42 » il avait compris alors que quelque chose venait de se briser définitivement… Il se rappela aussi qu’il devait aller avec Suzette à « l’apéro pinard saucisson » organisé tous les derniers vendredi du mois, pour vivifier leur identité et les valeurs tutélaires qui faisaient qu’en France les villages pouvaient s’appeler « les deux églises » et pas « les deux mosquées3 »… Il devait aussi passer à la préfecture, mais le nom de la rue venait d’être modifiée, l’adresse n’était plus 6 avenue Jean Moulin mais 6 avenue Pierre Laval, de même la rue Guy Moquet n’existait plus à la place on trouvait la rue Robert Brasillach4. Tous ces changements de nom le perturbait un peu, mais d’après les nouveaux dirigeants, il était urgent de revoir la langue française pour l’expurger de ses scories5, afin d’aider les français à mieux penser, Ah il avait encore oublié d’accoler « de souche » à français, parce que maintenant il était mal vu de dire simplement français… D’ailleurs pas mal de choses étaient mal vu, c’est ce qu’il avait dit à son vieux pote Moham… Maurice la dernière fois qu’il lui avait téléphoné de la zone de transit où il habitait pour peu de temps, avant d’être déplacé dans un « Bougnoul-land »… Pauvre Maurice, contraint de changer de prénom6 après toutes ces années à avoir fait tous les boulots d’merde sous-payés et dont personne ne voulait, mais qui étaient pourtant indispensables, il allait devoir passer sa retraite, enfin s’il la lui laissait, Maurice craignait qu’il fasse pire que pour son grand-père ancien combattant de la deuxième guerre mondiale qui avait touché une pension différente de celle des autres combattants7 souchiens, scandale dénoncé à l’époque par le film « Indigènes » qui avait depuis disparu des points de vente et des médiathèques, comme beaucoup d’autres… Tout à l’heure quand il irait acheter son pain, il faudrait qu’il fasse gaffe à ce putain d’berger allemand qui stationnait en permanence à l’entrée du lotissement et qui avait failli lui arracher la main quand il avait voulu taper le digicode pour entrer… « c’est à cause de votre prénom » avait rigolé son gros imbécile de maître « l’atavisme ça ne s’efface pas » avait-il continué plus hilare que jamais et lorsque dans la cuisine il avait menacé de lui faire bouffer de la mort aux rats, Suzette s’était jetée dans ses bras en pleurant « Arrête Amos, on a déjà assez d’ennui comme ça avec Ayelet… N’oublie pas que tu es convoqué chez le proviseur après sa dénonciation pour propos révisionniste sur le ministre de la culture Eric Z ». Il l’avait presque oublié, quelle idée d’écrire en gros sur la couverture de son trieur « La pensée d’Eric Z étant beaucoup plus mince que la plus fine des feuilles de papier hygiénique on ne peut donc même pas se torcher le cul avec. » Elle lui rappelait sa mère lorsqu’ils s’étaient rencontrés, impertinente, rebelle... S’il s’était douté de tout cela la dernière fois qu’il était allé voter… Et ce serait peut-être d’ailleurs la dernière, car le mot « élection » venait de disparaître du dictionnaire. Il entendit une sirène de voiture qui hurlait dans la rue. Suzette s’approcha de la fenêtre. La grille d’entrée du lotissement était ouverte, le berger allemand au garde à vous laissait passer la voiture de police dont la sirène hurlait de plus en plus fort. « Amos, ils viennent… »


Il se redressa, couvert de transpiration… Lorsqu’il vit Suzette endormie à côté de lui pas aussi belle que Vicka mais tellement plus désirable, il sut… Putain d’mauvais rêve… Le soleil filtrait derrière les persiennes tamisant la lumière, il entendit Ayelet déjà levée qui partirait bientôt pour le lycée. Encore une journée au Paradis pensa-t-il… Mais pour combien de temps encore…

 

 

Les deux prénoms Amos et Ayelet ont été choisis en référence à Amos Oz écrivain israélien disparu en 2018 et dont l’intelligence pleine d’humanité de ses livres est un vrai encouragement à aimer la vie, et à Ayelet Gunar-Goshen écrivaine israélienne qui semble prendre le même chemin que lui…

Quant à Suzette, mystère…

 

 

 

 

 1« Oblovion » de Joseph Kosinski sorti en 2013

2 Aktion T4 est le nom donné, après la Seconde Guerre mondiale, à la campagne d'extermination d'adultes handicapés physiques et mentaux par le régime nazi, de 1939 à août 1941, et qui fait de 70 000 à 80 000 victimes. Fondée sur un terreau idéologique fertile prônant une politique eugéniste active, antérieure au nazisme mais exacerbée par celui-ci, favorisée par une intense campagne de propagande en faveur de la stérilisation et de l'euthanasie des handicapés, elle est le fruit d'une décision personnelle d'Adolf Hitler ; celui-ci en confie l'exécution à la chancellerie du Führer, dirigée par Philipp Bouhler. Mise en œuvre par des médecins nazis convaincus par les thèses du régime, et du personnel issu de la SS, elle se traduit par des mises à mort à grande échelle au moyen de chambres à gaz spécialement construites à cet effet dans six centres dédiés à ces opérations. Bien que des efforts soient déployés pour garder l'opération secrète, celle-ci devient de plus en plus connue au fil des mois, ce qui suscite des protestations qui contribuent à son arrêt officiel, l'objectif exterminateur que les nazis s'étaient fixé ayant de toute manière été atteint.
 3 " Si nous faisions l'intégration , si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme français , comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole , alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les Deux-Eglises, mais Colombey-les Deux-Mosquées !" Cette citation a été rapportée par Alain Peyreffite, dans ses mémoires publiées en 1994. Soit plus de 24 ans après la mort du général de Gaulle. Dans ses carnets, l’ancien ministre raconte que De Gaulle aurait prononcé cette phrase le 5 mars 1959, en pleine guerre d’Algérie.

4 Pierre Laval et Robert Brasillach sont deux collaborationnistes fusillés en 1945
5  Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines, des centaines de mots (…) C’est une belle chose la destruction des mots » - 1984 George Orwell p 78
6 Un ingénieur commercial à la retraite a saisi les prud'hommes de Créteil contre son ancien employeur qu'il accuse de l'avoir contraint à changer son prénom Mohamed pour celui d'Antoine, ont indiqué ce lundi des sources concordantes. https://www.lefigaro.fr/flash-actu/oblige-de-changer-son-prenom-de-mohamed-en-antoine-un-salarie-attaque-son-entreprise-20191216
7 https://www.lefigaro.fr/international/2010/07/12/01003-20100712ARTFIG00628-pensions-militaires-francais-et-africains-enfin-a-egalite.php
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/08/01016-20090508ARTFIG00392-les-oublies-de-la-republique-demandent-reparation-.php

 

 

 

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 16:33

 

 

Ils pouvaient bien les taxer les dividendes avant d’écorner ce que ça lui rapportait,

c’était comme si les migrants pompaient l’eau de la mer pour passer à pied, elle s’rait à sec avant lui. Le gavage des oies à côté faisait figure de restriction alimentaire, voire de disette, tellement il s’en était mis plein la panse… S’il n’aimait pas l’opulence chez les femmes, il adorait celle de la Bourse… Le plus drôle de l’histoire, c’était qu’il venait d’encaisser les dividendes versés par les entreprises qui avaient bénéficié du chômage partiel, c’était comme si les « gogos » qui payaient des impôts lui avaient versé du pognon directement dans les poches, le système était quand même vach’ment bien foutu… Les impôts, lui il n’en payait pratiquement pas, il avait un truc pour ça qui s’appelait « l’optimisation fiscale » et puis comme il disait à son pote Carlos qui bronzait au Liban « il fallait savoir partager à nous les dividendes, aux autres les impôts »… Mais il était d’accord avec les deux guignols chargés de défendre l’intérêt des 1% en laissant croire aux 99% que c’était aussi le leur… un peu comme des bergers qui  essayeraient de convaincre des brebis que leur intérêt était de protéger les loups… Ca paraît difficile à croire comme ça et pourtant c’était ce qui se passait… Pour en revenir aux deux Gus de BFMtv, fallait pas évidemment que l’écologie devienne punitive, taxer les dividendes c’était un mauvais signe lancé à l’opinion publique, ça pourrait donner des idées aux « Gogos » et les idées ça c’étaient dangereux… Quelle catastrophe si d’un coup les gens se précipitaient sur l’dernier rapport d’OXFAM « CAC40 "des profits sans lendemain »… Une horreur… Heureusement les deux comiques s’y connaissaient pour détourner l’attention, y f’raient bouffer d’la barbake saignante à un vegan en lui disant que c’est du tofu de fraises sur un coulis de jus de framboise… La taxe carbone ça c’était une bonne idée pas punitive du tout, pour lui en tout cas, parce qu’avant que l’essence devienne trop cher pour qu’y puisse plus en mettre dans ses deux 4x4 et ses trois SUV porsches - question couleur il aimait bien que la carrosserie soit coordonnée avec son costard – l’être humain aura appris à respirer le CO2 ou il aura disparu…
-    Tu as vu qu’il propose le contraire de ce qu’il a dit
-    De quoi ma chérie ?

Son rayon de soleil venait de paraître… Sa petite fille de 16 ans… il l’avait presque élevée quand sa belle-fille, une espèce d’attardée mentale qui voulait changer le monde, leur monde qu’ils avaient pris tellement de peine à construire et qui leur donnait enfin des retours sur investissements faramineux, s’était barrée vivre dans une ZAD abandonnant sa petite fille à son grand niais de fils incapable de tout, sauf de dilapider tout l’pognon qu’il lui donnait et de se faire piquer complètement bourré au volant d’une de ses Cayennes à plus de 240 km/h sur le périphe avant d’insulter les flics et de finir au gnouf, l’obligeant à faire intervenir un de ses amis en haut lieu pour le faire sortir discrétos, un peu comme son pote Carlos au Japon…
-    Tu as vu qu’ils trouvaient punitif d’instaurer une taxe sur les dividendes mais qu’ils applaudissaient une taxe carbone, ces types disent n’importe quoi, des vrais p’tits toutous au service des plus riches…
-    Comme tu y vas ma chérie…
put-il à peine ajouter tellement sa remarque l’avait soufflé
Déjà l’autre jour, assise à côté de lui sur le canapé, elle l’avait inquiété lorsque, hilare, il regardait une vidéo montrant Balka qui dansait dans la rue pour la fête de la musique de Levallois-Perret, elle avait manifesté une hargne de mauvais aloi en murmurant « Et dire qu’il a été libéré pour raison de santé, quelle ordure… » et il avait juste eu le temps de la voir liker sur son portable le tweet « Il est temps de le remettre en taule1 » avant d’ajouter « Il n’y a pas eu la même clémence pour Georges Ibrahim Abdallah le plus vieux prisonnier politique de France2 … Je suis écœurée… » Qui est-ce qui avait pu lui mettre de telles idées en tête… D’abord qui c’était cet Abdallah, il le connaissait même pas… Faut avouer qu’il fréquentait pas beaucoup les arabes, il s’en méfiait plutôt… il aurait dû surveiller ses fréquentations. Il l’avait pourtant inscrite dans l’école privée la plus chère d’Europe, mais tout foutait l’camp, sauf les immigrés malheureusement…
-    Tu t’inquièteras pas je sors en début d’après-midi…
-    Tu vas Faubourg Saint-Honoré… Tu as c’qui t’faut sur ton compte pour faire du shoping ?
-    Non je vais à une manif…

Il eut un instant de doute, il avait cru mal-entendre… une manif…
-    Mais tu vas où ?
-    A la manif contre les violences policières, il y aura Assa Traoré…
-    Assa quoi ?
-    La sœur d’Adama Traoré, tu sais cette belle jeune femme qui réclame justice pour la mort de son frère… Regarde c’est elle…


Sur l’écran du portable l’image belle, magnifique et fière de la jeune femme, incarnation vivante de la puissance qui venait et qui balaierait son monde, l’emportant dans le souvenir des limbes, s’afficha et à travers elle, il vit la meute des gueux à nouveau en marche, comme tant de fois dans l’histoire, éternel jaillissement de la mémoire vivante et pourvoyeuse de rêves de ce passé qui menaçait toujours l’avenir qu’ils s’étaient égoïstement réservés pour eux-seuls…
-    A ce soir… Regarde la télé y parleront sûrement de nous…

 

1 - Le maire LR de Levallois-Perret Patrick Balkany, 71 ans, a été libéré par la cour d’appel de Paris ce mercredi pour raisons de santé. Il était incarcéré depuis le 13 septembre. La cour, au vu d’une expertise médicale, a constaté que la dégradation de l’état de santé de «Patrick Balkany est difficillement compatible avec la détention».

2 - L’Association France Palestine solidarité (AFPS) s’est encore mobilisée pour la libération du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah qui croupit en prison en France depuis 35 ans. Le militant communiste libanais a été arrêté le 24 octobre 1984 à Lyon et condamné pour détention de faux papiers (notamment un passeport algérien), puis il a été renvoyé devant les tribunaux spéciaux en 1987 pour complicité dans les attentats des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises, dont il était membre) et condamné à la prison à perpétuité.
Juridiquement libérable depuis 1999 après une période de sûreté de quinze ans, la décision de sa libération, demandée deux fois par la juridiction de l’application des peines, n’a jamais été appliquée « suite à des pressions des USA et d’Israël », indique l’AFPS.
Dans son communiqué du 18 octobre, l’association cite les déclarations de l’ancien patron de la DST française, Yves Bonnet, en 2016 : « Georges Ibrahim Abdallah n’a plus rien à faire en prison ». https://www.middleeasteye.net/fr/en-bref/georges-ibrahim-abdallah-il-ne-suffit-pas-que-letat-du-liban-exige-ou-plutot-demande-ma

 

 

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 08:09

 

 

Pense aux autres»: lancement d'un clip solidaire par l'artiste Naï Barghouti
4 mai 2020 Par Agence Média Palestine Blog : Le blog de Agence Média Palestinesur
L'artiste palestinienne Naï Barghouti a sorti la semaine dernière le clip Think of Others (Pense aux autres), exprimant sa solidarité avec celles et ceux, partout dans le monde, qui résistent à la pandémie de Covid-19 et à l’oppression permanente
Cette chanson, basée sur un poème du célèbre poète palestinien Mahmoud Darwich portant le même titre, est présentée dans une vidéo mêlant la musique à la voix de Darwich lui-même qui récite son poème et à des images de populations qui affrontent la pandémie, la pauvreté, l’occupation militaire, le racisme et la violence structurelle.
La vidéo a été filmée avec la caméra d’un smartphone et produite par les artistes Nai Barghouti et  Khalil Khoury dans les conditions du confinement en Palestine. La traduction française du poème figure dans les sous-titres.
Voici ce que la chanteuse Naï Barghouti a déclaré lors du lancement de ce clip:
“Quand l’humanité dans son ensemble affronte cette menace exceptionnelle, je crois que nous avons un devoir moral : faire entendre tout particulièrement les voix de celles et ceux qui doivent s’accrocher à l’espoir d’un avenir plus juste et plus paisible tout en résistant sans relâche à des systèmes d’injustice. Cette vidéo représente mon effort pour m’acquitter de ce devoir.”
Naï Barghouti est parfois présentée comme "une ambassadrice de la culture arabe" et a donné un concert aux cotés d'autres artistes à la Philarmonie de Paris il y a quelques mois.

 

 

 

 

 

https://www.lepoint.fr/culture/nai-barghouti-de-ramallah-au-festival-d-aix-09-07-2018-2234498_3.php

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 08:30

 

 

 

En 1882, l’impresario irlandais Robert A. Cunningham recrute une troupe de neuf Aborigènes : six hommes, deux femmes et un petit garçon, pour une tournée mondiale. Il leur donne des noms simples à retenir : Billy, Tambo, Toby, sa femme Jenny, leur ls Toby junior, Jimmy, Sussy, Bob et Johnny. Le prénom de Tambo a été choisi par Cunningham en référence à une tradition de spectacle américain "les blackface minstrel" qui mettaient en scène des blancs au visage recouvert de suie. Tambo va ensuite être vendu à Barnum en 1883 pour figurer dans son cirque où l'on exhibe les Aborigènes comme des sauvages

 

 

 

 

En 1884, Tambo tombe malade et meurt. Cunningham fait momifier son corps et vend sa dépouille au musée d'une fête foraine à Cleveland. Le corps momifié de Tambo a été retrouvé en 1993 à Cleveland dans le sous sol d'une entreprise de pompes funèbres. Ses descendants ont rapatrié son corps pour l'inhumer dans sa terre natale.

 

 

 

 

"Quand on a ramené Tambo en bateau, le temps était nuageux, la pluie menaçait. Après la cérémonie de la fumée, quand on a déposé son corps ici, les larmes du ciel se sont déchaînées et il s'est mis à pleuvoir.

 

 

 

 

Puis, lorsqu'il a retrouvé sa terre, le ciel s'est dégagé. Tout était fini, accompli... Il était en paix, chez lui... Il était enfin de retour sur la terre de ses ancêtres... Je sens sa force, son esprit est de retour chez lui... Il est libre..."

 

 

 

 

L'émouvant documentaire d'Arte "Sauvages au coeur des zoos humains"

 

 

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 14:31

 

 

 

On dit qu'Archiloque traversa un désert d'os, et qu'il dut le traverser seul. Un médecin indien, le Dr Charles Eastman, était venu fouiller les environs à la recherche de survivants. li était arrivé un matin, le 1er janvier, et à midi, lui et ceux qui l'accompagnaient avaient déjà retrouvé dix personnes. lis continuaient à chercher dans les fourrés, inquiets, pleins d'amour et de tristesse, ils couraient partout où un mourant aurait pu se cacher; lorsque, soudain, on crut entendre les pleurs d'un bébé.
On crut avoir rêvé sans doute, mais il y eut un second gémissement. Alors, les hommes se déployèrent à pied, avançant lentement, s'arrêtant, tendant l'oreille. Le ciel était gris, les nuages épais. Les hommes marchaient en silence. Tout à coup, l'un d'eux cria. Les autres accoururent. Les pleurs venaient d'un cadavre de femme. On se mit à quatre pattes, grattant autour de la morte. On souleva le corps de l'Indienne, raide et froid, figée dans son propre sang; et on découvrit, entre ses bras morts, une petite fille. Il fallut écarter de force les bras gelés.

63 - 64

À ce moment-là, le coeur du général Colby s'était mis à battre très fort. il avait flairé la bonne affaire. Quoi de mieux pour trafiquer chez les Indiens que d'adopter une petite squaw ? Et puisqu'il n'y a pas incompatibilité entre les affaires et les larmes, au contraire, puisque les voyous sont violents et sentimentaux, orphelins du monde, il avait été sans doute à la fois intéressé et ému.

p 69

Le marchandage fut féroce. Colby, Buffalo Bill et Burke, à deux pas du bébé qu'une Indienne tenait contre elle, dans le magasin d'Asay, tandis que la reine de Pine Ridge, May, leur servait à boire, négocièrent le prix de l'enfant. On ne sait pas combien Colby acheta Zintkala Nuni, peu importe, on sait seulement qu'il était fou, que plus d'une fois dans sa vie son comportement frisa la folie, mais sa plus grande folie fut sans doute d'acheter cette enfant et de l'adopter, et de

 


 

mêler ainsi à ce point les larmes et le profit. Oui, là - comme on le voit sur cette terrible photographie où il tient l'enfant dans ses bras, vêtue d'une sorte de robe de baptême -, on peut dire que Leonard Colby alla très loin dans sa folie, engloutissant la vie d'un autre dans la sienne, et diluant la sienne dans une entreprise de malheur.

p 70

Il existe une photographie d'elle, peu de temps avant qu'elle ne meure. Elle pose en Indienne, à l'Exposition Panama-Pacifique de San Francisco. Et c'est curieux, mais sur cette photographie, elle qui pourtant est indienne, semble être déguisée. Et si Zintkala Nuni, sur ce pauvre cliché commercial, nous semble travestie, ce n'est pas seulement parce que son regard triste et usé nous crie, à travers le costume et la mise en scène de cirque, que nous mourrons brûlés par nos masques. Non, ce n'est pas seulement parce qu'on l'a affublée d'une veste à franges et de mocassins bon marché. C'est bien plus terrible encore. Si, vêtue de cette manière, Zintkala Nuni, l'enfant de Wounded Knee, nous paraît être déguisée - c'est qu'elle n'est plus indienne.

p 74

 

 

La photographie de couverture du livre d'Eric Vuillard est celle de Zitkala Sa. Pour des informations sur Zikala Sa écrivaine, éditrice, musicienne et activiste Sioux cliquer sur l'image :

 

 

" Je ne comprenais pas, alors, que nous avions atteint la fin amère. Lorsque du sommet de ma vieillesse je fais un retour sur le passé, je vois encore les femmes et les enfants massacrés, jonchant le fond du ravin tortueux dans toute son étendue avec autant de netteté que si j'avais la scène sous les yeux, comme à l'époque de ma Jeunesse. Et je m’aperçois que quelque chose d’autre est mort dans ce bain sanglant, enseveli par la tourmente de neige. Le rêve de tout un peuple... C’était un beau rêve... l'alliance de la nation est brisée, dispersée aux quatre vents. Le noyau n’est plus, et l’arbre sacré est mort. "

Elan noir, extrait du livre "Enterre mon coeur à Wounded Knee"

 

 

 

 

Pour une présentation du massacre de Wounded Knee

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 18:06
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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 12:21
Dolomites - Italie
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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 11:48

 

 

La vérité n'a son plein sens qu'au terme d'une polémique.

Il ne saurait y avoir de vérité première.

Il n'y a que des erreurs premières.

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:27

 

 

 

 

Avec le confinement, l’argent était devenu magique. En tout cas Manu ne répondrait plus à une soignante qui déplorait le manque de moyens des hôpitaux « qu’y a pas d’argent magique  ». Mais ça c’était avant, à l’époque où l’on fermait des lits dans les hôpitaux parce qu’on nous disait qu’on était tous responsable du déficit de la sécurité sociale, c’était à l’époque où le gouvernement commandait en masse des munitions pour les LBD et des grenades de désencerclement  pour faire face à cette épidémie née en octobre 2018 et qu’on a appelée « gilet jaune »…


Avec le confinement, Bruno Lemaire était devenu communiste. Il allait faire tout ce qu’il avait jusque-là combattu en nous ventant cette mondialisation heureuse qui nous avait dépouillés des productions essentielles  à notre sécurité sanitaire. Le capitalisme n’avait qu’à bien se tenir, Bruno allait sévir. Et c’est vrai qu’il allait en avoir du boulot, Bruno, parce qu’avec le CETA et tous les accords de libres échanges que le gouvernement avait signé sa conversion au dirigisme économique n’allait pas être facile…


Avec le confinement, le gouvernement n’avait de cesse de remercier ces travailleurs de l’ombre qu’il avait allègrement fait bastonner avant. Mais les temps avait changé, la morgue méprisante avait été remplacée par la flagornerie fourbe de ceux qui sentent que la colère couve sous les cendres de l’incendie qu’ils avaient favorisé par leur incurie…


Avec le confinement, on s’apercevait de l’importance que prenaient tous ces gens dont le gouvernement ne parlait jamais, cette piétaille aux emplois sous-payés, ces caissières, ces camionneurs, ces éboueurs dont on prenait conscience que leur absence nous feraient crouler sous notre merde, tandis que les premiers de cordé ayant disparus, calfeutrés dans leurs maisons de campagne, effrayés par la visibilité de leur inutilité sociale ne nous manquaient absolument pas…


Avec le confinement, tout devenait incertain et nous obligeait à réfléchir par nous-même et une évidence commençait à germer dans nos têtes. Depuis longtemps nos gouvernements nous avaient abreuvé du discours méphitique de leurs experts à la con, pour nous faire plier l’échine, pour nous faire accepter au nom de leurs profits, de détruire notre système social, toujours trop cher et nous sommes devenus soudain effarés que l’homo économicus calculateur sans empathie puisse préférer ses profits à nos vies…


Avec le confinement, une partie du pays était par terre et on avait cruellement besoin du pognon que le gouvernement avait donné aux plus riches en supprimant l’ISF. Alors plutôt que d’utiliser la contrainte des lois, dont ils se servaient pour casser les verrous de protection sur la durée du travail et faire participer les actionnaires à l’effort commun, ils ont gentiment suggéré que les grandes entreprises puissent suspendre le versement des dividendes et Gégé a eu cette idée formidable de faire appel au bon cœur de ceux qui en ont encore un. Vu le doigt qui s’est levé tout droit chez Total et Hermès, on a vite eu l’impression que c’est encore à nous qu’ils pensaient…


Avec le confinement, on n’en a pas cru nos yeux quand on a vu nos meilleurs potes, les ricains, nous piquer les masques dont on avait si cruellement besoin. Pourtant on nous avait dit qu’on était tous des américains  après le 11 septembre 2001 et c’était pas faute d’avoir toujours soutenu toutes leurs idées tordues, toutes leurs putains d’intervention dans le monde au nom des droits de l’homme, en réalité pour s’accaparer égoïstement une partie des ressources vitales à l’humanité et pouvoir les gaspiller dans une consommation mortifère et effrénée…


Avec le confinement nous venaient plein d’idées nouvelles, comme celle qu’on pourrait peut-être changer quelque chose pour que rien ne soit plus comme ce qui avait été, avant qu’il nous fasse croire qu’ils allaient « tout changer pour que rien ne change  »…


 Avec le confinement commençait à poindre une petite lueur, un nouvel espoir comme y disent dans Star-War, parce qu’après la guerre, dont ils essayaient en vain de se défausser de leur responsabilité, on pouvait croire à « des jours heureux  » et il ne tenait qu’à nous que cela en soit ainsi…

 

 

 

Pour lire le texte avec les références et les images version pdf : Avec le confinement

 

 

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