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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:27

 

 

 

 

Avec le confinement, l’argent était devenu magique. En tout cas Manu ne répondrait plus à une soignante qui déplorait le manque de moyens des hôpitaux « qu’y a pas d’argent magique  ». Mais ça c’était avant, à l’époque où l’on fermait des lits dans les hôpitaux parce qu’on nous disait qu’on était tous responsable du déficit de la sécurité sociale, c’était à l’époque où le gouvernement commandait en masse des munitions pour les LBD et des grenades de désencerclement  pour faire face à cette épidémie née en octobre 2018 et qu’on a appelée « gilet jaune »…


Avec le confinement, Bruno Lemaire était devenu communiste. Il allait faire tout ce qu’il avait jusque-là combattu en nous ventant cette mondialisation heureuse qui nous avait dépouillés des productions essentielles  à notre sécurité sanitaire. Le capitalisme n’avait qu’à bien se tenir, Bruno allait sévir. Et c’est vrai qu’il allait en avoir du boulot, Bruno, parce qu’avec le CETA et tous les accords de libres échanges que le gouvernement avait signé sa conversion au dirigisme économique n’allait pas être facile…


Avec le confinement, le gouvernement n’avait de cesse de remercier ces travailleurs de l’ombre qu’il avait allègrement fait bastonner avant. Mais les temps avait changé, la morgue méprisante avait été remplacée par la flagornerie fourbe de ceux qui sentent que la colère couve sous les cendres de l’incendie qu’ils avaient favorisé par leur incurie…


Avec le confinement, on s’apercevait de l’importance que prenaient tous ces gens dont le gouvernement ne parlait jamais, cette piétaille aux emplois sous-payés, ces caissières, ces camionneurs, ces éboueurs dont on prenait conscience que leur absence nous feraient crouler sous notre merde, tandis que les premiers de cordé ayant disparus, calfeutrés dans leurs maisons de campagne, effrayés par la visibilité de leur inutilité sociale ne nous manquaient absolument pas…


Avec le confinement, tout devenait incertain et nous obligeait à réfléchir par nous-même et une évidence commençait à germer dans nos têtes. Depuis longtemps nos gouvernements nous avaient abreuvé du discours méphitique de leurs experts à la con, pour nous faire plier l’échine, pour nous faire accepter au nom de leurs profits, de détruire notre système social, toujours trop cher et nous sommes devenus soudain effarés que l’homo économicus calculateur sans empathie puisse préférer ses profits à nos vies…


Avec le confinement, une partie du pays était par terre et on avait cruellement besoin du pognon que le gouvernement avait donné aux plus riches en supprimant l’ISF. Alors plutôt que d’utiliser la contrainte des lois, dont ils se servaient pour casser les verrous de protection sur la durée du travail et faire participer les actionnaires à l’effort commun, ils ont gentiment suggéré que les grandes entreprises puissent suspendre le versement des dividendes et Gégé a eu cette idée formidable de faire appel au bon cœur de ceux qui en ont encore un. Vu le doigt qui s’est levé tout droit chez Total et Hermès, on a vite eu l’impression que c’est encore à nous qu’ils pensaient…


Avec le confinement, on n’en a pas cru nos yeux quand on a vu nos meilleurs potes, les ricains, nous piquer les masques dont on avait si cruellement besoin. Pourtant on nous avait dit qu’on était tous des américains  après le 11 septembre 2001 et c’était pas faute d’avoir toujours soutenu toutes leurs idées tordues, toutes leurs putains d’intervention dans le monde au nom des droits de l’homme, en réalité pour s’accaparer égoïstement une partie des ressources vitales à l’humanité et pouvoir les gaspiller dans une consommation mortifère et effrénée…


Avec le confinement nous venaient plein d’idées nouvelles, comme celle qu’on pourrait peut-être changer quelque chose pour que rien ne soit plus comme ce qui avait été, avant qu’il nous fasse croire qu’ils allaient « tout changer pour que rien ne change  »…


 Avec le confinement commençait à poindre une petite lueur, un nouvel espoir comme y disent dans Star-War, parce qu’après la guerre, dont ils essayaient en vain de se défausser de leur responsabilité, on pouvait croire à « des jours heureux  » et il ne tenait qu’à nous que cela en soit ainsi…

 

 

 

Pour lire le texte avec les références et les images version pdf : Avec le confinement

 

 

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