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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 14:20

 

Le mari, l'amant, l'ex, les ex, le père, le copain, l'ami, je connais toutes les catégories, tout ce qui s'écrit sur le sujet, les différents styles, les types, la typologie : le prudent, le casanier, le distant, le timide, le surbooké, le méfiant, le violent, le tendre, le déprimé, le passionné, l'infidèle, je ne suis pas la première, c'est sûr, je ne suis pas la seule, et c'est déjà insupportable, cette répétition, ce discours, la trivialité démultipliée de ces mots mille fois prononcés, mille fois entendus: je l'aime, je l'ai aimé, je ne l'aime plus, ce mec, ce type, est-ce que je l'aime encore, cet homme, ce mec-là, mon mec, avec lui c'était bien, au début c'était bien, c'était formidable – on dit ça des livres aussi, des gens, des moments, des voyages

p 30 - 31

 

Il y a une obscénité rare à se montrer en public en amont du désir, à appeler le garçon, à lire le menu, à goûter le vin, à parler de soi, à parler tout court. Se montrer, montrer à l'autre qui l'on est: leurre monstrueux! Peut-on se montrer sans être nu ? Au XVIIe siècle, on employait une expression particulière pour désigner ce badinage, cette entreprise de séduction par la conversation; on disait: « faire l'amour » pour « faire la cour ». « Et vous ferez l'amour en présence du père », lit-on chez Racine. Voilà qui en dit long sur la vraie nature de la galanterie, ce fatras de mots censés remplacer le corps ou le faire admettre à la longue, ce trie otage de compliments et de niaiseries, ce tissu de fadaises destinées à fabriquer de l'amour, à le faire exister dans la langue conformément à la loi, aux usages, comme si on pouvait le faire autrement qu'en le faisant.

p 36

 

La rencontre telle qu'elle advient constitue pour elle un sommet de perfection. Il n'y a pas de mots, on échappe au bruit des mensonges. L'amour, c'est quand on ne dit rien - qu'est-ce qu'on pourrait dire, qui vaille ?

p 33

 

C'est ce qu'elle aime chez les hommes, ce flottement que rien n'empêche, ces liens qui laissent un espace, une liberté de mouvement. Par définition, tous les hommes sont pris. Mais chez quelques-uns, il y a du jeu.

 

Nous sommes tous hantés, dit-on, par deux instants inconnus : celui de notre origine et celui de notre fin.

p 209

 

Le premier amour est éternel, le temps ne passe pas, c'est le principe amoureux. L'histoire n'a pas la forme d'un convoi dont les wagons en mouvement éloigneraient toujours davantage la gare et ses mouchoirs, mais celle d'un conte de bonne femme où l'on pourrait, sans même avoir à traverser des forêts épaisses, retrouver endormi l'homme aimé, l'amoureux, il nous attendrait là, le visage tout empreint de confiance en nous, les bras déliés dans l'abandon du sommeil, il s'éveillerait sous nos mains, sous nos lèvres, ce prince au charme immobile, cet ange de patience pour qui cent ans ne sont rien, « c'est vous », dirait-il en ouvrant les yeux, vous vous seriez fait attendre, il est vrai, mais il vous aimerait tout comme au premier jour, de cet amour sans fin dont sont faits les rêves d'enfant.

p 262 - 263

 

La fidélité, c'est une idée creuse, une vanité aveugle, comme si on tenait quelque chose, comme si on se croyait immortel, comme si on l'était. Au fond, je me suis mise à aimer les hommes comme j'aime mes enfants - mes filles: quand je les serre dans mes bras, depuis l'enfance, depuis qu'elles sont toutes petites, je sais que cette chaleur m'abandonnera, que ces corps que je caresse de tout mon amour me quitteront et que je ne saurai même plus où les retrouver, je sais qu'elles s'en iront, depuis le début je connais cette absence logée au creux des bras les plus tendres, cette solitude où l'autre nous laisse, même s'il nous aime, où il finit par nous laisser, même s'il revient, cette solitude qui est aussi la sienne, sa différence irréductible.

 

C'est aussi ce dont je jouis dans l'amour, dans toutes les formes d'amour: je jouis de la présence physique, je jouis du présent et du corps. Oui, les hommes sont comme de grands enfants. Ils partent, je ne les retiens pas. Ils sont libres - ils prennent des libertés, il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour, n'est-ce pas  ? Le corps est la seule preuve d'amour - ou plutôt non, non, pas la seule : les hommes libres peuvent partir, et quelquefois ils restent - voilà la plus belle preuve d'amour: prendre la liberté de rester alors qu'on pourrait s'en aller. Je crois que c'est une idée juste, comparer l'amour des hommes à celui des enfants. La fidélité qu'on exige d'un amant, d'un mari, la monogamie de la chair sous prétexte qu'il a été en nous, dans notre ventre, est-ce qu'on la demande aux fils et aux filles, est-ce qu'on demande à un enfant de rester fidèle à sa mère parce qu'il a habité son ventre, est-ce qu'on exige de lui, éternellement, cette reconnaissance-là, stupide et vaine -la reconnaissance du ventre ? Partez, allez, partez, je sais que vous m'aimez – pourquoi ajouterais-je les liens du sang et de la peau aux mille chaînes qui nous attachent déjà ?

p 266 - 267

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 10:38

 

 

 

Dès les premières pages de ce récit écrit par quatre de ses potes, j’avais tout de suite compris que ce type renverrait à l’insignifiance dont ils n’auraient jamais dû sortir Booba et Kaaris dont l’importance m’apparaissait maintenant comme inversement proportionnelle à la surface occupée par une minuscule merde de mouche perdue sur l’immensité du carrelage… A ses débuts, le mec dont il était question dans le pavé qui pesait sur mes poignets, lorsque je lisais couché sur mon canapé, avait grave kiffé Jean Baptiste dont la carrière avait soudainement explosé le long du Jourdain et qui avait connu un coup d’arrêt à cause de ses ambrouilles avec Hérode Antipas. Ces animosités tragiques et savamment entretenues par les rappeurs n’étaient pas nouvelles pour moi, c’était même devenu un poncif du genre qui hélas nous privait souvent des « primus inter pares » à l’image de Tupac  dont la mort, j’en avais la conviction intime, avait été commanditée par Notorius B.I.G…. Bon, pour en revenir au mec du livre, après un bref séjour dans le désert à repousser diverses tentations plus diaboliques les unes que les autres, je réalisais que c’était pas Booba qui aurait pu résister à la vue d’une paire de nichons, le type s’était mis à envoyer du lourd dans ses battles avec les Pharisiens genre : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. » ou bien « Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. » ah ça m’changeait de « T’es pas  bonne, si t’as pas d’fesses t’as walou ». Très vite, le type s’est entouré d’une team toute acquise à sa cause, une sorte de crew avec laquelle il parcourait la Judée, n’hésitant pas à faire le coup de poing avec les marchands pour les expulser de la scène où il comptait se produire. Pourtant, le type était loin d’avoir un corps bodybuildé gonflé aux Acides Aminées, il était plutôt mince, comme l’un des clous qui allait servir sur le Golgotha lors de son calvaire. A l'image de bon nombre de rappeurs, le mec était un brin mégallo, parlant de lui à la troisième personne « Je suis celui qui est (…) Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas », mais lui, avait la tête encore plus près du bonnet et il avait tel’ment l’boulard « moi je suis le chemin, la vérité et la vie  (…) Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » qu’il n’hésitait pas à dire que Joseph n’était pas son père mais qu’il était le fils de quelqu’un de très haut placé… Très, très, haut...
Reste un point, si le mec avait peaufiné ses textes, il n’avait rien fait en musique, walou… Et là, pas d’doute le Duc l’emportait haut la main…

 

 

 

 

Toutes les citations sont tirées des Evangiles, des textes dont on soupçonne mal, sans les avoirs lues, toute la puissance… Pour la vie de Jésus, puisque c’est de lui dont il s’agit, nous avons puisé dans le livre de J.C. Petifils… Jésus qui reste, même pour ceux qui ne croit pas en Dieu, un personnage magnifique, un héros solaire...

 

"Un fait demeure, inexplicable rationnellement, outrepassant les frontières de l'improbable. Tout aurait dû s'arrêter à la pierre roulée au tombeau de Joseph d'Arimathie, creusé près d'un jardin, aux portes de Jérusalem. Abattus après l'arrestation de leur maître et la tragédie du Golgotha, les disciples étaient anéantis par sa mort ignominieuse sur une poutre.

Or, étrangement, tout a commencé là. Ce troupeau de fuyards apeurés s'est métamorphosé soudainement en un groupe non de fanatiques hypnotisés, mais d'hommes libres, brûlants de conviction, prêts à donner leur vie pour annoncer partout la Bonne Nouvelle. Saisis par un événement inouï - l'éblouissement pascal -, fous de joie et d'émerveillement, emplis d'une certitude absolue, celle d'avoir retrouvé leur maître vivant, de l'avoir vu après sa mort, de l'avoir touché, d'avoir mangé en sa compagnie, ils sont devenus les témoins rayonnants d'une vérité libératrice, persuadés que la croix n'était pas la fin, mais, au contraire, le commencement de l'Espérance.

Grâce à eux, le mouvement missionnaire prendra une ampleur planétaire. Comment croire qu'ils aient été de banals affabulateurs, des mythomanes, victimes d'hallucinations? Il y a là un phénomène unique, que l'historien armé de sa seule science ne peut pénétrer. De ce point de vue, le Jésus de l'Histoire, auquel les disciples renvoient, reste une énigme, un mystère insondable. «Pour vous, qui suis-je?» leur avait-il demandé. Près de deux mille ans plus tard, la question se pose encore. À chacun, en conscience, d'y répondre."

J.C. Petifils

 

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 18:20

Je dois savoir si la détresse est une situation, un
état du corps ou un état de l'esprit.
On peut être accroché à une paroi à trois mille
quatre cents mètres d'altitude en plein orage nocturne
sans être en détresse. On peut aussi sous le même
otage nocturne se sentir au chaud au fond de son lit
au coeur de la détresse. On peut avoir soif, être fatigué,
blessé sans être en détresse.

p 10

 

Le regret engendre la détresse. « Je n'aurais pas dû »
est le début et le fond de la détresse. Le conditionnel


tout entier, ce temps révolu qui n'est même pas le
passé est le fondement et peut-être le créateur de la
détresse. L'occasion qu'elle s'installe.

Le conditionnel introduit une illusion d'avenir à
l'intérieur du passé. Il ouvre une brèche, un éventail


de fantômes dans la nécessité des faits irréversibles,
qui ont déjà eu lieu. Il n'y aurait pas de détresse sans
le conditionnel. La faim, l'épuisement, la douleur et
la mort si ça se trouve, mais pas de détresse.

p 12

 

Tous les matins, il faut se demander: qui suis-je ?
Un corps ? Une fortune? Une réputation ? Rien de
tout cela. Qu'ai-je négligé qui conduit au bonheur ?

p 14

 

Que se passe-t-il quand je suis une trace et que
tout à coup, il faut passer un pas, équivalent à tous
ceux que j'ai faits jusque-là, mais au-dessus du vide
parce que le chemin à cet endroit s'est effondré sur
la longueur de ce pas? Le chemin est-il devenu plus
technique? Un risque est-il apparu? Si le chemin est
exposé depuis le début du parcours, s'il s'accroche par
exemple à une forte déclivité sur quinze centimètres
de largeur, et que depuis le début une chute serait
l'occasion d'un accident grave ou mortel, ce pas audessus
du vide est-il un risque supplémentaire? Alors
qu'il ne présente aucune difficulté technique en lui même?
Pourquoi la confiance dans le bon déroulé de
mon pas est-elle subitement fragile? Cette difficulté
n'est pas physique, elle n'est pas de l'ordre de l'acte
mais de l'ordre de la représentation. C'est une difficulté
d'état d'esprit. Les montagnards répondent: il ne faut pas s'attarder.
Ni s'arrêter ni se précipiter.
Il faut soigneusement passer vite. Si je m'affole, je
ne pourrai rien faire soigneusement et je me mettrai
alors en danger.

p 17 - 18

 

Je me suis assise de
mon côté sur l'autre banc sans le regarder directement.
Cela me paraissait indécent, trop intrus if. Une
fois assise, j'ai tourné la tête. Pas bougé. J'ai pensé au
dressage des dobermans, pas bouger, pas toucher, pas
mordre. Et j'ai replacé mon visage face au lac. Je ne
le voyais plus. Puis il y a eu un mouvement sur ma
gauche. Figée comme j'étais, je le percevais avec l'oreille
interne et la peau. Puis il était devant moi, devant mes
yeux à la place du lac le moine, et alors il a planté
son regard dans le mien comme il l'avait planté dans
l'eau une heure auparavant, il a levé son habit de laine
jusqu'à sa poitrine et s'est mis comme ça, debout, les
jambes arquées, à pisser dans ma direction. J'ai tout vu,
les genoux sales,les cuisses décharnées, le pubis glabre,
le ventre dur, l'épais filet qui sortait de son corps. J'ai vu
les lèvres, c'était une femme. Quand le jet s'est épuisé,
elle m'a tourné le dos, s'est accroupie au sol dans la
flaque qu'elle venait de produire et sous mes yeux,
dans sa main ouverte, la droite, elle s'est mise à chier.
Quand elle a eu terminé, elle a jeté sa merde dans l'eau
devant elle. J'ai vu les ronds de l'impact se diffuser à
la surface, s'élargir, s'accorder à la dimension du lac.
Elle s'est essuyé les mains dans la laine en se relevant,
elle est rentrée dans.la cabane et elle a fermé la porte.
Durant les heures qui ont suivi, il ne s'est rien passé.
Rien d'autre. Le soleil s'est couché. Je suis rentrée dans
la nuit, je ne sais comment, abasourdie.

p 112 - 113

 

Je ne peux pas, personne ne le peut, ne pas prêter
attention à la présence d'un humain. D'une coccinelle
d'un geai, d'un isard, d'une souris, oui, mais pas d'un
humain. C'est un fait. Dès que je vois un humain, j'ai l'idée
d'une relation entre lui et moi. Je m'en rends compte. Je
ne peux pas faire comme s'il n'existait pas. Encore moins
dans la position isolée dans laquelle je me trouve. Que
j'ai choisie. Dans laquelle je m'exerce et cherche à savoir
si on peut vivre hors jeu, en ayant supposé qu'on le peut
et que c'est une des conditions requises pour obtenir la
paix de l'âme. C'est une hypothèse que j'ai faite et que
je m'efforce de vérifier. Et tout à coup il y a un moine,
enfin, une nonne, disons. Qui ne ressent pas la menace.
Qui plonge son regard dans le mien comme elle le plonge
dans le lac. Est-ce un contact visuel ? Est-ce qu'elle a un
contact visuel avec le lac aussi ? Tout à coup, il y a une
nonne qui vous chie au nez.
Chacun chez soi et les poules seront bien gardées,
c'est le début d'une société, d'une règle sociale. TI n'y
a pas de non-relation entre humains.
Le type qui siffle dans le jardin à côté du vôtre en
faisant cuire ses saucisses, vous signale qu'il existe,
que vous respirez tous les deux le même air et qu'il
est chez lui dans votre espace sonore. Vous êtes sur le
même plan. C'est très archaïque. Les comportements
humains pour la plupart sont très archaïques, et passablement
agressifs.

p 116 - 117

 

Je me suis essuyé le visage dans mon pull et quand j'ai relevé la tête,
j'ai vu la ligne. Complètement plate, vibrante, vivante. Pus
qu'incongrue. Elle était là, comme une plaisanterie,,
indéniablement présente, irrésistible. Je l'ai regardée
longtemps. Je suis techniquement capable de traverser
deux fois sa longueur, d'exécuter un demi-tour,
de m'asseoir et de me relever sur la sangle. Je l'étais à
soixante centimètres du sol. Et maintenant ? Je me suis
posé cette question et j'ai commencé à rire, à rire du
fond du coeur, à m'en faire péter les boyaux. Quand
le calme est revenu, je l'ai laissée s'installer puis je me
suis avancée vers le précipice mais Dongbin m'a attrapé
le bras : demain.
Est-ce que c'est le jeu que je cherchais ? Celui qui
combine la menace sans domination et la promesse
sans objet ? Le jeu sans aucune part obscure, le jeu
limpide ? La méthode ? Le moyen de se décoller, de
se surprendre soi-même et de s'accueillir ?
L'idiotie ?
Est-ce que c'est un bluff ? Un risque calculé ? Un
risque recueilli ? Est-ce que je saurai demain si l'éternité
peut tenir dans une durée finie ? Est-ce que j'en
ferai plusieurs parties ? Est-ce que ça compte ?
Comment pourrait-il accueillir le monde celui qui
ne se mise pas lui-même ?

p 189 - 190

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 15:31

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 18:39

 

 

Il avait flippé sa race en écoutant Casta1… Demain il irait à la gare chercher son abruti d’fils et sûr que les Gilets Jaunes seraient là, dans la rue, excités comme des bonzes tibétains attablés devant un plat de nouilles à la sauce carbonara qui viennent de comprendre que Philipe2 n’a rien assimilé des préceptes de Lao Tseu « Ce qui est dur et fort périra ; ce qui est doux et faible durera. »… Il espérait ne pas faire d’mauvaises rencontres…  Le commandant Andrieux3 devait toujours être à Toulon à bastonner deux ou trois gilets jaunes et normalement il ne pouvait pas tomber sur Benalla trop occupé au Tchad à palabrer avec les barbouzes de la Françafique… Bon, Casta l’avait fait flipper mais d’un autre côté il avait été rassuré de le savoir toujours à la tête des Keufs… Fallait qu’y s’remette un peu en mémoire l’vocabulaire d’son crétin d’fils sinon y z’allaient pas s’comprendre et ça allait finir en sucette comme la dernière fois… ouais ça l’avait rassuré d’voir la bonne bouille de Casta à la place de l’autre allumé d’Ferry4 qui voulait tirer dans l’tas… C’est que c’est si vite fait de finir dans l’tas5… Non… ce qui l’tracassait c’était la casquette… La casquette que son débile de fils portait toujours la visière à l’arrière rabattue sur la nuque… c’est que depuis quelques temps fallait faire gaffer à ce qu’on portait sur la tête6… déjà l’été passé, la température avait passablement monté avec l’épisode du voile sur la plage et maintenant la cagoule avait pas bonne presse… Pourtant il avait toujours cru que la Cagoule c’était les fachos7 … En parlant d’ça, lui revint en mémoire ce que son dégénéré d’fils lui avait balancé dans les dents le soir du premier tour quand Marine s’était retrouvée face à Macron et qu’il avait fait péter un bouchon pour fêter ça « A force de lui lécher la chatte on va finir par l’attraper la chtouille »… Il avait été trop laxiste dans son éducation, il aurait dû intervenir tout de suite et l’empêcher de fréquenter tous ces blacks qui lui avaient bourré l’mou avec ces idées d’merde… faut savoir rester entre blancos comme disait Manu… un type en qui il avait eu grande confiance mais qui l’avait profondément déçu quand il leur l’avait fait à l’envers sa Retirada8 … Soudain un frisson le parcouru… Pourvu que son taré d’fils ne porte pas le tee- shirt qu’il avait vu sur une noire affichée en grand dans sa chambre « Justice pour Adama sans justice vous n’aurez jamais la paix »… Putain si les schmitts voyaient ça, déjà qui z’étaient passablement à cran, ç’allait être Bagdad… Tant pis, fallait qu’il y aille… Y pouvait pas le laisser tomber… après tout c’était son fils, sa bataille…

 

 

 

 

1 -  Interviewé en direct sur Facebook par Rémy Buisine, journaliste chez Brut, média plébiscité par les gilets jaunes, Christophe Castaner a estimé que "ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu'ils seront complices de ces manifestations-là"

2 -  Edouard Philippe veut « frapper vite, frapper fort »

3 - Le 5 janvier, à Toulon, le commandant Didier Andrieux a frappé plusieurs fois des manifestants, au mépris des règles de maintien de l’ordre selon de nouvelles vidéos obtenues par Mediapart. Contrairement à ce qu’a fait croire son avocat, c’est lui qui se montre violent le premier


4 -  "On ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin aux violences. Quand on voit des types qui tabassent à coups de pieds un malheureux policier... qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois, écoutez, ça suffit!", a lancé le philosophe. Et de poursuivre: "Il y a un moment où ces espèces de nervis d'extrême droite ou d'extrême gauche ou des quartiers qui viennent tabasser des policiers ça suffit!". Et de conclure: "on a, je crois, la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies, faut dire les choses comme elles sont"


 5 - Ces victimes ont en commun d’avoir été blessées, plus ou moins gravement, par des grenades tirées par les forces de l’ordre. Et certaines blessures, les plus graves, suggèrent la signature de la GLI-F4, cette grenade explosive qui (des vidéos en attestent) a bien été utilisée en plus du déluge de grenades lacrymogènes (5 000) tiré samedi à Paris. La France est le seul pays d’Europe à utiliser, pour des opérations de maintien de l’ordre, ces grenades qui ont déjà coûté en 2018 une main à un jeune homme à Notre-Dame-des-Landes

6 - Arriver cagoulé à une manifestation, c’est aujourd’hui une contravention. Demain, ce doit être un délit.

7 - L’Action française perd en juin 36 une partie de ses éléments les plus actifs. Elle se moque dans ses journaux de l’amateurisme et de la folie du secret imprégnant cette OSARN ("des conspirateurs d’opéra comique") qui accueille ses transfuges. Elle donne à la nouvelle organisation le surnom par lequel elle passera à la postérité (la Cagoule) et à ses adhérents celui de cagoulards.

8 - La Retirada, du mot « retraite (des troupes) » en espagnol et catalan, est l'exode des réfugiés espagnols de la guerre civile. À partir de février 1939, ce sont plus de 450 000 républicains qui franchissent la frontière franco-espagnole à la suite de la chute de la Seconde République espagnole et de la victoire du général Franco.

 

 

 

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 10:54

 

Les libéraux détestent que l’Etat mette les yeux sur les prix pratiqués sur le marché même et surtout s’ils n’ont part qu’à un petit morceau du gâteau. Ainsi, lorsque l’Etat entend geler les tarifs de l’électricité et du gaz les opérateurs privés n’hésitent pas à poser des recours devant le Conseil d’Etat1 pour distorsion de concurrence et bien évidemment ils auront gain de cause… C’est que « la concurrence libre et non faussée » c’est un peu le saint Graal du libéralisme, surtout pas d’intervention de l’Etat qui ne ferait qu’empêcher l’exercice de la compétition féroce que sont censées exercer les entreprises en se livrant une guerre des prix sans merci et tout cela bien sûr pour notre bien à nous pauvres CONsommateurs sans défenses… Enfin, ça marche pas toujours2, y’en a qui joue pas l’jeu et ça arrive souvent quand on réduit les gens à des CONsommateurs…

Mais, d’un autre côté, les libéraux adorent que l’Etat paie leurs charges sociales en désocialisant une partie du salaire sous forme d’exonérations, ils trépignent de joie, littéralement ils bavent de concupiscence… Ainsi pas besoin d’augmenter le smic, ah, non ! non ! ça génèrerait du chômage, c’est l’Etat qui va prendre en charge le morceau par l’intermédiaire de « la prime d’activité », c’est-à-dire, in fine, les pauvres CONsommateurs par l’intermédiaire de leurs impôts… Et puis les libéraux aiment les contradictions, ils aiment surtout la cécité des CONsommateurs qui ont du mal à voir plus loin que les discours qu’on leur sert, telle une soupe fumante et appétissante… Pour eux, l’augmentation du smic génèrerait du chômage, mais la défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires ne détruirait pas les emplois3...

Grand-Dieu, les libéraux viennent de trouver le moyen de changer le plomb en or…

 

 

 

Nous utiliserons tout l’arsenal légal pour empêcher les hausses de tarifs”, fait-on savoir à Matignon. Le gouvernement compte profiter du délai de trois mois dont il dispose pour valider les tarifs fixés par la CRE, histoire de jouer la montre. Reste à savoir si les les concurrents d’EDF, représentés par l'Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), ne seront pas tentés de contester cette méthode devant le Conseil d’Etat, pour les premiers mois de l’année. Une chose est sûre : si le gel des tarifs se poursuit une fois le moratoire passé, les fournisseurs alternatifs pourront déposer un recours en justice, pour distorsion de concurrence. https://www.capital.fr/votre-argent/gaz-et-electricite-le-gouvernement-peut-il-vraiment-geler-durablement-les-prix-1318615

 

2 - Presque 1 milliard d'euros d'amende. La cour d’appel de Paris a confirmé, ce jeudi 27 octobre, la sanction la plus élevée qu'ait jamais prononcé l'Autorité de la concurrence, à savoir contre plusieurs multinationales du secteur de l'hygiène et de l'entretien (L’Oréal, Unilever, Procter & Gamble etc.), condamnées pour s'être secrètement concertées sur leurs prix.

https://www.marianne.net/societe/l-oreal-unilever-colgate-pres-d-1-milliard-d-euros-d-amende-pour-entente-illicite-sur-les

 

3 - Rappelons pourtant que la mesure initiée par Nicolas Sarkozy fut un fiasco et contribua à la hausse du chômage : tandis que l’activité ralentissait du fait de la crise, le recours aux heures supplémentaires augmentait. (voir le lien ci-dessous)

 

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 20:36

Martin Luther King

    «Mais il ne me suffit pas de me présenter devant vous ce soir et de condamner les émeutes. Il serait moralement irresponsable de le faire sans condamner en même temps les conditions intolérables qui existent dans notre société. Ces conditions sont ce qui fait que les individus sentent qu’ils n’ont pas d’autre alternative que de se livrer à des rébellions violentes pour attirer l’attention. Je dois dire ce soir qu’une émeute est le langage de celui qui n’est pas entendu. Et qu’est-ce que l’Amérique n’a pas voulu entendre ? Elle n’a pas voulu entendre que les promesses de liberté et de justice n’ont pas été respectées. Elle n’a pas voulu entendre que de vastes segments de la société blanche sont plus préoccupés par la tranquillité et le statu quo, que par la justice et l’humanité.»

    — Martin Luther King Jr, « L’autre Amérique », 14 mars 1968.

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 17:06

Salernes - Var
Salernes - Var
Salernes - Var
Salernes - Var
Salernes - Var
Salernes - Var
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2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 15:31

Nous étions l'avenir - Yaël Neeman

 

 

Le kibboutz n'est pas un village au paysage pastoral,
avec ses habitants pittoresques, ses poules et ses
arbres de Judée. C'est une oeuvre politique, et rares
sont les gens de par le monde qui ont vécu, par choix
et de leur libre volonté, une telle expérience, la plus


ambitieuse qui fut jamais tentée. Qui pourrait 'dire
non à une tentative de fonder un monde mei lieur, un
monde d'égalité et de justice? Nous n'avons pas dit
non. Nous avons déserté."
Avec humour, compassion, mais aussi avec une
lucidité totale, Yaël Neeman raconte l'histoire du
kibboutz Yehi'am, que ses parents, originaires de
Hongrie, ont participé à fonder. À travers les yeux
d'une enfant puis d'une adolescente qui ne sait pas
dire "je", qui se fond mentalement dans un "nous"
permanent au service d'une utopie hors d'atteinte,
elle initie le lecteur à cette vie si particulière. Jusqu'au
jour où la séparation se produit.
Une analyse d'une fécondité extrême sur l'individu,
la société, le poids des idéologies et des bonnes
intentions, dans ce qui fut une expérience incroyablement
audacieuse.


Yaël Neeman est née en 1960 au kibboutz Yehi'am. Elle vit
aujourd'hui à Tel-Aviv. Elle a publié des nouvelles et des
poèmes. Nous étions l'avenir a paru chez Actes Sud en 2015.

 

 

Et c'étaient vraiment de belles années baignées
d'or. Parce que nous vivions dans la température glaciale
et brûlante d'un soleil éternel.

P 8

 

Nous ne savions pas que nous étions nés en
1960 sur une étoile dont la lumière était morte
depuis longtemps et qui sombrait déjà dans la me
r.
Nous ne savions pas que le mouvement kibboutzique
avait été au faîte de sa gloire dans les années 1930,
à l'époque des "Murs et tours?" et qu'avant même
la création de l'État d'Israël en 1947, la population
des kibboutzim avait atteint son maximum et représentait
7 % de la population juive vivant en Israël.
Ce pourcentage avait déjà chuté en 1948 et n'était
plus que de 3,3 % dans les années 1970.
Nous ne savions pas que notre étoile n'éclairait
plus qu'elle-même. Nous nous pensions semeurs et
bâtisseurs.

P 15

 

Nous étions galvanisés par le slogan
enflammé "Au sionisme, au .socialisme, à la fraternité
des peuples"

p 19

 

Nous croyions cueillir des étoiles scintillantes qui
illumineraient les cieux de tous et de tous les pays
du monde. À la lumière de ces flambeaux, les prolétaires
marcheraient vers un monde où régneraient
la justice et l'égalité.

Mais cette marche forcée nous
était si douloureuse que nous ne pouvions penser
qu'à elle. Nous avions oublié avec qui établir l'égalité,
avec qui faire la paix, pour qui viendrait la justice.
Nous buvions notre propre sueur et nous n'aidions
personne.

P 21

 

Mais dressée sur sa butte
sous le ciel, dominant le paysage, la forteresse des
Croisés témoignait par son existence même de la
permanence d'une histoire, sublime, toujours présente
et belle, qui se perpétuait en même temps que
notre foi, tendue vers un avenir autre que tout ce
que l'humanité avait jamais connu, un avenir qui
abolirait le passé.

P 47

 

À l'HaChomer Hatzaïr, on pensait que tout pouvait
s'apprendre et s'enseigner dans ces séminaires,
que la révolution socialiste serait le fruit de nos
mains, que nous en étions les artisans.

P 225

 

Rares sont les gens de par le monde qui ont vécu, par
choix et de leur libre volonté, une telle expérience, la
plus ambitieuse qui fût jamais tentée, celle de bâtir
un autre monde nécessitant une conception différente
de la famille et du foyer.

P 247-248

 

Notre mythe, celui de la création d'un monde nouveau, 
cette expérience inaboutie, nous nous le racontions sans cesse, 
même après notre départ.

P 248

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 21:33

 

"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la
seule vie par conséquent réellement vécue, c'est
la littérature
. Cette vie qui en un sens, habite
à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que
chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas parce qu'ils ne
cherchent pas à l'éclaircir. »


Le Temps retrouvé, III

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