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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 21:55

André Breton - Surréalisme

 

Je suis un des rouages les plus délicats de l'amour terrestre (...)
J'ai défait le ciel comme un lit merveilleux
Mon bras pend du ciel avec un chapelet d'étoiles
Qui descend de jour en jour
(...)

Mille et mille fois

 

Je ne suis pas seul en moi-même
Pas plus seul que le gui sur l'arbre de moi-même
Je respire les nids et je touche aux petits des étoiles
(...)

Légion étrangère

 


"Le surréalisme n'aime pas perdre la raison;
il aime ce que la raison nous fait perdre
"

F. Alquier - Philosophie du surréalisme

 

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 21:20
Ariadna Efron

 

Ariadna Efron, 25 ans, 15 mars 1937, départ de Paris pour une nouvelle vie en URSS

Crédits : Musée mémorial de Marina Tsvetaeva à Moscou, 6/1 rue Boris et Gleb

 

Dans la correspondance avec Anastasia, sa tante maternelle,
elle évoque sa mère Marina Tsvetaeva.
Elle dit n'avoir eu qu'un seul amour : cette mère avec qui
elle a vécu en symbiose. Même si leur relation
était devenue difficile, tendue au fil des ans, Ariadna écrit :
« elle nous faisait don de son moi dans tout son éclat
et dans toute sa splendeur [...].»
 

https://www.erudit.org/fr/revues/spirale/2006-n208-spirale1059430/17845ac.pdf

 

 

"J'aime Marina, ma mère d'un amour qui n'a rien de filial [...]

Comme je vous aime, vous êtes ma vie [...]

En réalité, durant toute ma vie, je n'ai eu qu'un seul amour, elle [...]

 

 

"Chaque jour j’appelle à l’aide un miracle

qui me ramène dans le monde des vivants"

Touroukhansk, 8 novembre 1952.

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 17:04
La centaine d'amour - Pablo Neruda

 

 
Tu te rappelleras ce ravin capricieux,
c'est là que palpitaient les arômes grimpants,
de temps en temps passait un oiseau revêtu
de lenteur et de pluie: son costume d'hiver.
 
Tu te rappelleras les présents de la terre:
l'irascible parfum, avec la fange d'or,
les herbes du buisson et les folles racines,
sortilège d'épine et pareil à l'épée.
 
Tu te rappelleras le bouquet apporté
par toi, bouquet fait d'ombre et d'eau et de silence
bouquet pareil à la pierre entourée d'écume.
 
Ce fut alors comme jamais, comme toujours:
nous partons tous les deux vers le lieu sans attente
pour y trouver tout ce qui est en train d'attendre.

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 16:52
Ossip Mandelstam

 

La musique de tes pas
Dans le silence neigeux des bois

 

Et ton ombre lentement
Sur le jour gelé descend

 

Hiver de profonde nuit,
Neige en frange d’insomnie

 

sur sa branche le corbeau
En a tant vu de la-haut.

 

Mais la vague se levant
Dans mon rêve déferlant

 

Viendra briser sans effort
La glace jeune et si frêle encore.

 

La glace si frêle de mon âme
Dont en silence mûrit la trame.

 

1909 - Traduit du russe par Henri Abril

 

 

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 19:39
Ariadna Efron
Ariadna Efron

 

Ariadna Efron, 25 ans, 15 mars 1937, départ de Paris pour une nouvelle vie en URSS

Crédits : Musée mémorial de Marina Tsvetaeva à Moscou, 6/1 rue Boris et Gleb

 

Dans la correspondance avec Anastasia, sa tante maternelle,
elle évoque sa mère Marina Tsvetaeva.
Elle dit n'avoir eu qu'un seul amour : cette mère avec qui
elle a vécu en symbiose. Même si leur relation
était devenue difficile, tendue au fil des ans, Ariadna écrit :
« elle nous faisait don de son moi dans tout son éclat
et dans toute sa splendeur [...].»
 

https://www.erudit.org/fr/revues/spirale/2006-n208-spirale1059430/17845ac.pdf

 

 

"J'aime Marina, ma mère d'un amour qui n'a rien de filial [...]

Comme je vous aime, vous êtes ma vie [...]

En réalité, durant toute ma vie, je n'ai eu qu'un seul amour, elle [...]

 

 

"Chaque jour j’appelle à l’aide un miracle

qui me ramène dans le monde des vivants"

Touroukhansk, 8 novembre 1952.

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 19:31
















































































 

 

 

Je n’ai pas toujours eu cette sûreté, ce pessimisme qui rassure  les meilleurs d’entre nous.

Il fut un temps où mes amis riaient de moi.  Je n’étais pas la maître de mes paroles. Une certaine indifférence. Je  n’ai pas toujours bien su ce que je voulais dire, mais, le plus souvent,  c’est que je n’avais rien à dire. La nécessité de parler et le désir de  n’être pas entendu. Ma vie ne tenant qu’à un fil.

Il fut un temps où je ne semblais rien comprendre. Mes chaînes flottaient sur l’eau.Tous mes désirs sont nés de mes rêves. Et j’ai prouvé mon amour avec  des mots. A quelle créature fantastique me suis-je confié, dans quel  monde douloureux et ravissant mon imagination m’a-t-telle enfermé ?

je  suis sûr d’avoir été aimé dans le plus mystérieux des domaines, le mien.  Le langage de mon amour n’appartient pas au langage humain, mon corps  humain ne touche pas à la chair de mon amour.

Mon imagination amoureuse  et toujours assez constante et assez haute pour que nul ne puisse tenter  de me convaincre d’erreur.

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 14:17

 

LE POÈME PULVÉRISÉ

ARGUMENT

 

Comment vivre sans inconnu devant soi ?
Les hommes d'aujourd'hui veulent que le poème soit à l'image de
leur vie, faite de si peu d'égards, de si peu d'espace et brûlée
d'intolérance.


Parce qu'il ne leur est plus loisible d'agir suprêmement, dans cette
préoccupation fatale de se détruire par son semblable, parce que leur
inerte richesse les freine et les enchaîne, les hommes d'aujourd'hui,
l'instinct affaibli, perdent, tout en se gardant vivants, jusqu'à la
poussière de leur nom.


Né de l'appel du devenir et de l'angoisse de la rétention, le poème,
s'élevant de son puits de boue et d'étoiles, témoignera presque silencieusement,


qu'il n'était rien en lui qui n'existât vraiment ailleurs,
dans ce rebelle et solitaire monde des contradictions.

 

 

 


TU AS BIEN FAIT DE PARTIR,

ARTHUR RIMBAUD !

 

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Tes dix-huit ans
réfractaires à l'amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de
Paris ainsi qu'au ronronnement d'abeille stérile de ta famille
ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents
du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine.


Tu as eu raison d'abandonner le boulevard des paresseux, les
estaminets des pisse-lyres, pour l'enfer des bêtes, pour le commerce
des rusés et le bonjour des simples.


Cet élan absurde du corps et de l'âme, ce boulet de canon qui
atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c'est bien là la vie d'un
homme! On ne peut pas, au sortir de l'enfance, indéfiniment
étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur
lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus
qui chantent dans ses plaies.


Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes
quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 19:50

 
L'homme qui, dès le commencement, a été longtemps baigné
dans la molle atmosphère de la femme, dans l'odeur de ses mains,
de son sein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements
souples et flottants,

             Dulce balneum suaoibus
             Unguentatum odoribus,

y a contracté une délicatesse d'épiderme et une distinction d'accent,
une espèce d'androgynéité, sans lesquelles le génie le plus âpre
et le plus viril reste, relativement à la perfection dans l'art, un être
incomplet. Enfin, je veux dire que le goût précoce du monde féminin,
mundi muliebris, de tout cet appareil ondoyant, scintillant et parfumé,
fait les génies supérieurs; et je suis convaincu que ma très intelligente
lectrice absout la forme presque sensuelle de mes expressions,
comme elle approuve et comprend la pureté de ma pensée.
        p 205
 
 
 
 

Erasmus Quillin
 
Achille est envoyé, jeune homme, à la cour du roi Lycomède, 
déguisé en fille par sa mère Thétis, qui voulait ainsi l'empêcher 
d'aller à Troie où son destin était d'être tué. 
Là, il est élevé avec les filles du roi et Déidamie est la première
à découvrir la supercherie. 
Elle conçoit de lui un fils, Néoptolème.
 
 

 
 

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 22:15
Les yeux fertiles - Paul Eluard

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 18:44
Sous l'angle d'or - Paul Eluard

Et les étoiles de l'enfance
Aux quatre coins du ciel immense
Par grand besoin chantent menu
 
Lorsque nous nous regardons
La peur disparaît le poison
Se perd dans l'herbe fine fraîche
 
Les ronces dans les temples morts
Tirent de l'ombre enracinée
Leurs fruits ardents rouges et noirs
Le vin de la terre écumante
Noie les abeilles en plein vol
Et les paysans se souviennent
Des années les mieux enfournées
 
Lorsque nous nous regardons
La distance s'ouvre les veines
Le flot touche à toutes les plages
 
Les lions les biches les colombes 
Tremblants d'air pur regardent naître
Leur semblable comme un printemps
Et l'abondante femme mère
Accorde vie à la luxure
Le monde change de couleur
Naissance contrarie absence
 
Lorsque nous nous regardons
Les murs brûlent de vie ancienne
Les murs brûlent de vie nouvelle
 
Dehors le lit de la nature
Est en innocence dressé
Crépusculaire le ciel baigne
Ta sanglotante et souriante
Figure de musicienne
Toujours plus nue esclave et reine
D'un feuillage perpétuel
 
Lorsque nous nous regardons
Toi la limpide moi l'obscur
Voir et partout souffle et désir
 
Créent le premier le dernier songe.

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