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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 20:52

 

 

Un article intitulé "Les fourberies de Sapin"

paru dans Le Monde Diplomatique d'Août 2015

 

Interrogé sur France Inter le 29 juin sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans l'interruption des négociations entre la Grèce et ses interlocuteurs, le ministre des finances français Michel Sapin a repris un argument régulièrement avancé par les créanciers d'Athènes: «Le FMI ne répond pas devant des pays d'Europe, il répond de sa responsabilité devant l'ensemble des pays du monde. Et, dans ces pays du monde, savez-vous ceux qui étaient les plus exigeants ? L'Argentine, le Brésil. Des pays qui avaient, par le passé, bénéficié de l'aide du FMI et qui posaient une question à la directrice générale [Christine Lagarde] : "Pourquoi êtes-vous plus flexible avec un pays européen que vous ne l'avez été avec nous ? "»
 

Interrogée par Le Monde diplomatique, Mme Maria del Carmen Squeff, ambassadrice d'Argentine en France, dément dans un courriel daté du 30 juin 2015 : « Cette information est totalement inexacte. L'Argentine s'est solidarisée avec la Grèce. D'ailleurs, (...) le ministre [Axel] Kicillof et le chef de cabinet de la présidente Cristina Fernândez de Kirchner, M. Anibal Femândez, ont publiquement soutenu le gouvernement et le peuple grecs, et ont dénoncé les politiques d'ajustement que l' ex- "troïka" entend leur imposer. »
 

Dans un courriel adressé à l'édition brésilienne du Monde diplomatique le 1er juillet 2015, le conseiller spécial de la présidente Dilma Rousseff, M. Marco Aurélio Garcia, dément également.

 

 

Mentir c'est pas toujours mourir un peu ? - Grèce

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 08:23
Résister - Grèce

 

 

Extraits des discours d'Alexis Tsipras

 

« Nous avons affronté, dans un combat inégal, de puissants pouvoirs financiers, dit-il. Le peuple grec sait distinguer entre ceux qui perdent une bataille déséquilibrée et ceux qui rendent les armes. »

 

« Nous n’avons pas perdu le soutien de la société. Nous ne permettrons pas qu’un gouvernement de gauche soit renversé. Nous ne ferons pas à nos opposants la faveur d’être une parenthèse »

 

« J’ai cru que cette Europe pouvait être changée, que le droit pouvait primer sur les intérêts des banques. Nous étions seuls, face à tout le système financier mondial. La vérité, c’est que cet accord a été imposé de manière cruelle, a expliqué le premier ministre grec. Mais c’est pour eux une victoire à la Pyrrhus, qui finira par se retourner contre eux. Durant cinq mois, nous avons semé des graines de démocratie et de dignité, elles finiront par fleurir. Les fissures dans le mur de l’austérité sont là, il ne résistera pas. »

 

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 09:46
Zoé Konstantopoulou - Grèce

Extrait du discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015

 

 

Depuis cinq mois, le Gouvernement, qui a comme tronc la Gauche et comme noyau les forces anti-mémorandum, livre un combat inégal dans des conditions d'asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l'euro, non pas comme moyen d'atteindre le bien-être social, mais comme levier et instrument d'assujettissement et d'humiliation des peuples et des gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu'elle a été construite pour être leur maison hospitalière commune.


Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa libération des chaînes du mémorandum, de l'étau de la mise sous tutelle et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable, dont la nature, comme l'ont démontré les conclusions préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était déjà connue par les créanciers depuis 2010.


Une dette qui n'a pas surgi comme un phénomène météorologique, mais qui a été créée par les gouvernements précédents avec des contrats entachés de corruption, avec des commissions, des pots-de-vin, des clauses léonines et des taux d'intérêt astronomiques dont ont tiré bénéfice des banques et des compagnies étrangères.

Une dette que la Troïka, en accord avec les précédents gouvernements, a transformée frauduleusement de dette privée en dette publique, sauvant ainsi les banques françaises et allemandes mais aussi les banques privées grecques, condamnant le peuple grec à vivre dans des conditions de crise humanitaire, et en mobilisant et rétribuant pour ce faire les organes de la corruption médiatique chargés de terroriser et tromper les citoyens.


Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n'ont ni créée et gonflée, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d'asservissement du peuple par des forces qui agissent à l'intérieur de l'Europe dans le cadre d'un totalitarisme économique.
 

Au mépris de la morale et du droit, l'Allemagne n'a pas acquitté jusqu'à aujourd'hui ses dettes à la petite Grèce résistante dont l'histoire reconnaît l'attitude héroïque. Des dettes qui dépassent la dette publique grecque et représentent un montant de 340 milliards d'euros selon les calculs modérés de la Commission de la Cour des Comptes qui a été créée par le gouvernement précédent, quand la prétendue dette publique grecque a été chiffrée à 325 milliards d'euros. L'Allemagne a bénéficié du plus grand effacement de dette après la Seconde Guerre Mondiale afin qu'elle se remette sur pied, avec le concours généreux de la Grèce. Or, c'est cette même Allemagne qui a accordé sa protection à des responsables d'entreprises coupables d'actes de corruption avec les précédents gouvernements et leurs partis politiques, comme Siemens, et elle les a protégés en les soustrayant à la justice grecque.
 

 

Zoé Konstantopoulou - Grèce

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 15:55

 

 

 

 

Dans un éditorial de "L'opinion" publié le dimanche 28 juin 2015 à 19h56, Luc De Barochez, rédacteur en chef numérique se lâche...

 

Ce n’est pas seulement le sort de la Grèce qui se joue cette semaine. Les décisions prises vont influencer le projet européen lui-même, l’avenir de la monnaie unique, les politiques économiques et les comptes publics. Pour naviguer entre Charybde et Scylla, quelques idées claires sont indispensables :

Face à des maîtres chanteurs, seule la fermeté paye.

C'est vrai, Alexis Tsipras se trouvait face à des maîtres chanteurs qui n'ont pas hésité à agiter, au mépris des règles institutionnelles de l'Europe, la sortie de la Grèce de la zone euro.

 

Le référendum convoqué par Alexis Tsipras dévoie la démocratie.

Puisqu'on parle de la Grèce, retournons au sens premier du terme inventé par les grecs justement : la démocratie est un régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir et le référendum est un procédé de démocratie semi-directe par lequel l'ensemble des citoyens est appelé à exprimer une position sur une proposition qui leur est soumise. Tsipras est donc bien du côté d'Aristote, alors que Luc De Barochez semble plutôt avoir choisi le camp des sophistes : Aujourd’hui, le mot « sophiste » qualifie de manière péjorative celui qui profite des ambiguïtés du langage pour produire des raisonnements ou des arguments apparemment solides, c'est-à-dire prenant l'apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice ou une perversion volontaire visant à manipuler ou à tromper l’auditeur. (Wikipédia)

 

Quitter sans prévenir les négociations avec ses pairs européens, pas moins légitimes que lui, appeler son propre peuple à voter « non », qui plus est sur des propositions devenues caduques du fait même de la rupture, tout cela témoigne de l’incompétence, de l’irresponsabilité voire de la malhonnêteté de Syriza.

Vraiment des pourris ces grecs...

 

Rembourser son dû est au fondement de l’Etat de droit. Il est pernicieux de construire une Union où, par souci de préserver l’euro, les pays créanciers renflouent à grands frais un débiteur insolvable. 

Là encore un petit retour à l'histoire ne fait pas de mal : Un accord signé en 1953 avait permis à la RFA d'annuler plus de 60% de sa dette contractée avant et après-guerre. La Grèce était alors un des 21 créanciers de la RFA. Dommage que Luc De Barochez ne soit pas l'homme qui murmurait à l'oreille d'Angela Merkel.

 

Ils aggravent leurs pertes futures et empêchent la Grèce de trouver par elle-même les voies de son salut.

Sans compter, que pour le salut, c'est pas gagné au vu de la décoxtion préparée à Bruxelles, surtout si l'on regarde ce qui est arrivé à l'économie grecque depuis l'adoption des plans acceptés par le précédent gouvernement d'Antonis Samaras : "Au nom de réformes dont le pays a réellement besoin, on baisse les salaires et les retraites de 35 à 40 %, on augmente les impôts de 25 %, on dérégule le marché du travail, annule les conventions collectives, ferme les hôpitaux, prive de chauffage les écoles... Elles sont où les réformes ? Dans les 30 % de Grecs qui n'ont plus accès aux soins ? Dans le tiers de la population passé sous le seuil de pauvreté ? Dans les 27 % de chômage, dont 62 % chez les moins de 30 ans, ou dans le parti néo nazi, devenu troisième parti du pays ?" Le Monde 16 06 2013  Angélique Kourounis

 

Un défaut implique une sortie de la zone euro. Le peuple grec doit se déterminer en connaissance de cause. Des banques sans argent et des capitaux contrôlés vont lui donner dès cette semaine un avant-goût d’une vie sans euro.

Cette remarque qui sonne comme la menace d'une punition possède un arrière goût de petit mensonge : un retrait de la zone euro est-il possible ? «Rien n'est prévu à ce sujet dans les traités, car cette possibilité n'a jamais été envisagée», explique le spécialiste de l'Ifri. «Comme aucune sortie n'est prévue, cela signifie que l'adoption de l'euro a un caractère irréversible.», explique Vivien Pertusot sur Le Figaro.fr

 

 

– Avec ou sans la Grèce, c’est d’abord le caractère précaire et inachevé du projet européen qui explique la crise. Une monnaie commune nécessite un budget commun, une fiscalité commune, un gouvernement économique commun. Le défi attend d’être relevé.

Dans un entretien à El Pais, Jean-Claude Junker a dit très cruement à quoi servirait un tel gouvernement en parlant du programme sur lequel Tsipras avait été élu : " Les propositions de certains de ces partis ne sont pas compatibles avec les règles européennes". Ainsi, laissés hors de portée du suffrage universelle lorsqu'il s'exprime dans des élections, les traités ne seront plus  qu'un vaste carcan destiné à museler les peuples qui voudraient se libérer du joug que fait peser sur eux la construction européenne telle qu'elle est déssinée aujourd'hui par des dirigeants qui roulent pour d'autres que ceux qu'ils gouvernent.

 

 

– Quand un gouvernement, comme celui d’Alexis Tsipras, admet ne plus être en état de gouverner, ce n’est pas un référendum qui est requis mais de nouvelles élections. Ce serait-là, enfin, un vrai acte démocratique et responsable de sa part. Qui donnerait à la Grèce, et à l’Europe, la chance d’un nouveau départ.

Ca résonne comme un appel à renverser le gouvernement tout ça... Il faut bien avouer que ce rêve fou était partagé par plus d'un (à moins que ce ne soit ici qu'il faille parler de fous) : "Le président du Parlement européen Martin Schulz a espéré dans la presse allemande la nomination d'un "gouvernement de technocrates" en Grèce pour en finir avec "l'ère Syriza", après une éventuelle victoire du oui au référendum de dimanche." Le Figaro.fr

 

où est-il le temps béni des colonels ?

 

 

"Les maîtres chanteurs" L'opinion - Grèce

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:05

 

 

 

 

On savait depuis Audiard que les cons ça osaient tout, c'était même à ça qu'on les reconnaissait...

 

On savait que Zeus avait la facheuse tendance à rendre fou ceux qu'il voulait perdre...

 

On savait, car les maximes de La Rochefoucauld (318) possèdent toujours un fond de vérité, que l'on trouve des moyens pour guérir de la folie, mais qu'on n'en trouve point pour redresser un esprit de travers...

 

On savait, même si Einstein en doutait pour l'univers, qu'il n'existait que deux choses infinies et que pour la bêtise, Larbaud nous avait prévenu qu'elle avait ceci de terrible, sa ressemblance, sa ressemblance seulement, un peu comme un célèbre soda avec l'alcool, à la plus profonde sagesse...

 

On savait, parce qu'il nous l'avait confié, que Pierre Desproges était fasciné par les détenteurs de vérité qui, débarrassés du doute, pouvaient se permettre de se jetter tête baissée dans tous les combats que leur dicte la tranquille assurance de leurs certitudes aveugles...

 

Mais l'on peut se poser la question, à l'instar de Minister AMER, en lisant Franz-Olivier Giesbert (éditorial du Figaro du 2 juillet) "Pourquoi tant de haine" ?

 

Les Nouveaux Chiens de Garde est un essai de Serge Halimi paru en 1997, c'est aussi un film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat réalisé en 2012

 

 

 

 

 

"Les nouveaux chiens de garde" aboient et Tsipras - Grèce
"Les nouveaux chiens de garde" aboient et Tsipras - Grèce
"Les nouveaux chiens de garde" aboient et Tsipras - Grèce

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 21:03
Discours de Tsipras - Grèce

 

Retrouvez l'intégralité du discours d'Alexis Tsipras devant le Parlement européen, mercredi 8 juillet

 

« Nous avions choisi de donner la possibilité aux Grecs de s’exprimer pour décider de leur avenir. Nous nous efforçons de trouver une solution durable et juste à la question grecque en évitant les écueils du passé, une solution sans austérité extrême qui condamne l’économie à un cercle vicieux.

Le message est clair

Le choix du peuple grec fut courageux, surtout dans des conditions très difficiles, où la campagne médiatique avançait que le non revenait à choisir l’affrontement et la rupture avec l’Europe. Mais le choix du peuple grec n’était pas celui de la rupture avec l’Europe, il était celui du retour aux principes fondateurs de l’Europe : la démocratie, la solidarité, le respect mutuel et de l’égalité.

Le message est clair : l’Europe sera démocratique ou ne survivra pas aux heures difficiles que nous traversons. Le gouvernement grec négocie avec ses partenaires pour obtenir une confirmation du respect des règles de fonctionnement de l’Europe et le respect plein et entier du choix démocratique des peuples.

La Grèce, un champ d'expérimentation de l'austérité

Mon gouvernement et moi-même avons pris nos fonctions il y cinq mois et demi. Mais les plans de sauvetage ont commencé il y a 5 ans et demi ! J’assume pleinement la responsabilité de derniers mois écoulés. Mais la responsabilité de la situation actuelle ne trouve pas sa source dans ces 5 mois écoulés.

Je veux vous assurer que le peuple grec a fait des efforts d’ajustement extrêmement importants ces dernières années, efforts qui ont épuisé la résistance de la population. Évidemment, la Grèce n’est pas la seule dans ce cas, d’autres pays se sont trouvés face à des difficultés et je respecte les politiques qui ont été mis en œuvre dans ces pays.

Mais nulle part les programmes d’austérité n’ont été aussi durs et aussi longs qu’ils l’ont été en Grèce. Mon pays est devenu un champ d’expérimentation de l’austérité ces 5 dernières années. La réalité est que l’expérience a échoué. Le chômage, la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion ont explosé, tout comme la dette publique, qui était à 120 % du PIB avant le début du programme contre 180 % aujourd’hui.

Des réformes nécessaires

Aujourd’hui, une majorité du peuple grec estime ne pas avoir le choix : il faut rompre avec cette trajectoire sans issue. Ce choix s’est exprimé de la façon la plus démocratique et nous devons maintenant le concrétiser.

Nous souhaitons un accord avec nos partenaires, mais un accord qui montre une possibilité de sortie de crise, un accord qui montre qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. Un accord, aussi, qui comporte des réformes nécessaires, personne ne le conteste.

Mais le fardeau devra être supporté par ceux qui peuvent le supporter, et qui ont été protégés ces 5 dernières années alors que le fardeau était supporté par les travailleurs, les retraités, ceux qui n’en peuvent plus. Il faudra des politiques de redistribution pour les plus vulnérables, pour aller dans le sens d’une croissance durable.

Aboutir à la croissance

Ce que nous proposons, c’est un ensemble de réformes avec une juste répartition du fardeau, en couvrant les besoins de financement du pays et en mettant en place un programme qui puisse aboutir à la croissance, faute de quoi nous ne sortirons jamais de la crise. Notre premier objectif doit être de lutter contre le chômage et de renforcer les entreprises. Notre proposition doit aussi aboutir à un engagement pour une solution durable à la dette. Il ne doit pas y avoir de question taboue, nous devons chercher des solutions, si difficiles soient-elles.

C’est ce que nous avons proposé à l’Eurogroupe lors du sommet d’hier. Aujourd’hui, nous présentons une demande au mécanisme européen de stabilité. Dans les deux prochains jours, nous allons préciser nos propositions et j’espère que nous pourrons trouver une solution dans l’intérêt de la Grèce et de la zone euro. Je ne pense pas tant à l’intérêt économique qu’à l’intérêt géopolitique de l’Europe.

Des fonds pour le sauvetage des banques, pas du peuple

Que les choses soient claires, les propositions du gouvernement grec pour financer ses obligations et restructurer la dette ne visent pas à faire supporter cette charge par le contribuable européen.

Les fonds qui ont été attribués à la Grèce ne sont jamais arrivés au peuple grec, ils ont été affectés au sauvetage des banques. De plus, depuis août 2014, la Grèce n’a pas reçu de décaissement au titre du plan de sauvetage qui a expiré fin juin. 7,2 milliards d’euros ne sont toujours pas arrivés depuis août 2014, et à l’époque, nous n’étions pas au gouvernement. Le fonds s’accompagnait de la nécessité de rembourser 17,5 milliards d’euros sur la même période.

Ces fonds n’ont pas été versés parce que le programme n’était pas réalisé à l’époque. Et il ne l’était pas, non pas à cause du gouvernement, mais parce que le programme, à l’époque comme aujourd’hui, ne pouvait pas s’appuyer sur l’acceptation populaire. Il faut un consensus pour qu’un tel programme soit réalisable.

Le clientélisme des gouvernements

Je ne suis pas de ceux qui prétendent que tous les maux du pays sont à mettre sur le dos des étrangers. Si la Grèce est dans cette situation, c’est parce que pendant des décennies, les différents gouvernements ont pratiqué le clientélisme, en soutenant la corruption, sans contrôler la fraude fiscale des plus riches. 56 % des richesses nationales sont aux mains de 10 % de la population grecque. Au plus fort de l’austérité, ces 10 % ont été épargnés et n’ont pas contribué à supporter le fardeau.

Les programmes d’action et les mémorandums n’ont pas remédié à cette situation. Au contraire, le dispositif de perception des impôts s’est effondré malgré les efforts de certains fonctionnaires zélés mais intimidés. La collusion entre l’establishment politique, les oligarques et les banques est restée ; aucune réforme n’a amélioré le fonctionnement de l’appareil étatique, qui avait pris l’habitude de servir des intérêts particuliers plutôt que le bien commun. Nous en sommes arrivés là par le biais de ces prétendues réformes.

Lutter contre la fraude et l'évasion fiscales

Nos réformes à nous ont des objectifs différents : nous voulons lutter contre le règne des oligarchies et des cartels, contre la fraude et l’évasion fiscales, nous voulons moderniser l’état, voilà nos priorités. Nous attendons l’accord de nos partenaires sur ces priorités.

Nous sommes porteurs d’un mandat fort du peuple grec. Nous sommes déterminés non pas à chercher l’affrontement mais à nous en prendre aux mentalités établies qui enfoncent la Grèce. Notre pays est à la croisée des chemins. La crise grecque n’est que l’impuissance de l’Europe à trouver une solution définitive à l’endettement qui s’auto-alimente. Il s’agit d’une question européenne et non pas exclusivement grecque.

A problème européen, solution européenne

À problème européen, il faut une solution européenne. L’histoire de l’Europe est une histoire de conflits qui finissent au bout du compte par des compromis. C’est aussi une histoire de convergence et d’élargissement, d’unité et non de division. C’est la raison pour laquelle nous parlons de l’Union européenne, ne la laissons pas devenir une division européenne.

Nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture en opposition avec la tradition européenne. Nous sommes tous conscients des enjeux et nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. »

 

Alexis Tsipras, premier ministre grec

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:20
Annulation de la dette allemande - Grèce

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 18:14
Frédéric Lordon - Grèce

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 17:39

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 18:22
Yanis Varoufakis - Grèce

 

 

"Je porterai avec fierté le dégout que j'ai inspiré aux créantiers."

 

 

"Le référendum du 5 juillet restera dans l'histoire

comme un moment unique où une petite nation

européenne s'est levée contre la servitude de

la dette."

 

 

Yanis Varoufakis - Grèce

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