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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 20:50

L’échec de la conférence de Copenhague,

nouvelle péripétie d’un marathon commencé en 1988
LE MONDE | 21.12.09 | 11h28



Il faut procéder avec l'actualité comme en photographie : ne pas s'arrêter au gros plan, mais élargir le champ. De ce point de vue, ce qui s'est passé à Copenhague n'est pas aussi catastrophique qu'il y paraît. Le sommet peut être considéré comme un cahot dans une progression difficile mais incontestable sur un long chemin.

Sans remonter à Sven Arrhenius, qui a théorisé l'effet de serre planétaire dès 1896, le point de départ se situe en 1988, quand l'Organisation météorologique mondiale et le programme des Nations unies pour l'environnement créent le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), chargé de mettre en forme et de faire connaître l'inquiétude croissante des scientifiques concernant l'accroissement de l'effet de serre.

Dès 1990, le GIEC publie un rapport qui affirme la forte probabilité d'un réchauffement planétaire à venir et la responsabilité de l'activité humaine dans ce phénomène. S'inscrivant dans un réveil de la préoccupation écologique globale, amorcé en 1986 avec l'accident nucléaire de Tchernobyl, le rapport a un fort impact sur les décideurs et nourrit le Sommet de la Terre, qui se tient à Rio de Janeiro en 1992.

Ce Sommet – où de nombreux chefs d'Etat sont présents – se conclut par plusieurs traités, dont la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Celle-ci reconnaît l'importance du changement climatique et pose le principe sur lequel va s'organiser la discussion internationale : tous les pays devront participer "à une action internationale, efficace et appropriée, selon leurs responsabilités communes mais différenciées, leurs capacités respectives et leur situation sociale et économique".

Autrement dit, elle distingue les pays développés, qui ont émis une grande quantité de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle, des autres.

 


TRAVAIL DE SAPE


La discussion se poursuit sur cette base et conduit au protocole de Kyoto, signé en 1997. Celui-ci définit le principe d'un engagement contraignant des pays développés : durant une "première période d'engagement" allant jusqu'à 2012, ils devront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5 % par rapport à 1990. Ce traité est historique : pour la première fois, on affirme qu'il est nécessaire d'organiser la décroissance d'un paramètre lié à l'activité économique.

Mais le protocole est d'emblée affaibli par les Etats-Unis. Non seulement le texte, signé par le vice-président Al Gore, n'est pas ratifié par le Congrès, mais, à partir de 2001, le nouveau président George W. Bush mène un travail de sape pour le détruire. Selon le président américain, l'accord menace l'économie américaine et dédouane la Chine – perçue comme le nouveau grand rival – de toute contrainte.

La communauté internationale résiste, maintient le protocole à Bonn en juin 2001 et met en place ses modalités de fonctionnement à Marrakech en novembre 2001.

La négociation se poursuit les années suivantes, alors que seule, parmi les pays développés, l'Union européenne engage une réelle politique de réduction des émissions. Le protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005.

La question centrale devient alors l'entrée des grands pays du Sud – qu'on n'appelle pas encore "émergents" – dans une logique de réduction des émissions. A Montréal, fin 2005, la Chine et l'Inde acceptent, à mots couverts, d'entrer dans cette logique. Elle va s'imposer d'autant plus que les statistiques commencent à montrer la progression très rapide des émissions des pays asiatiques. Les pays du Sud vont d'ailleurs commencer à mettre en place des politiques de contrôle de leurs émissions.

La pression monte, début 2007, avec la publication du quatrième rapport du GIEC, qui confirme largement les inquiétudes antérieures sur la gravité du changement climatique. L'idée qu'il faut limiter le réchauffement à 2°C si l'on veut éviter des dérives catastrophiques commence à s'imposer. Mais à Bali, en décembre 2007, les émergents répondent au refus par les Etats-Unis de tout engagement par une position symétrique.

 


COURSE DE VITESSE


La conférence de Poznan, fin 2008, ne parvient pas à avancer sur la question des moyens financiers. Cependant, les Etats-Unis commencent à s'ouvrir, et l'arrivée de Barack Obama, début 2009, fait espérer un progrès rapide. Mais le nouveau président ne veut pas avancer plus vite que son Congrès, qui n'a pas encore adopté la loi sur l'énergie. Celle-ci prévoit une faible réduction des émissions des Etats-Unis, de 4 % en 2020 par rapport à 1990.

Les Etats-Unis arrivent au Danemark, début décembre, sur cette position figée. L'accord de Copenhague entérine cependant, pour la première fois, l'objectif de limiter à 2°C le réchauffement et acte l'acceptation par les pays émergents d'actions de réduction de leurs émissions, à condition que ce soit sur une base volontaire. Les progrès sont certains.

Mais si les nations avancent, péniblement, c'est sans doute moins vite que le changement climatique, qui a commencé à se produire. Une course de vitesse est engagée entre le réchauffement, d'une part, et, de l'autre, une prise de conscience de l'opinion américaine et des autorités chinoises.

 


Hervé Kempf Article paru dans l'édition du 22.12.09

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 15:16


Suivez sur 10 ans l'évolution de la déforestation en Amazonie grace à la Nasa.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:18

sur le site du Monde Diplomatique un dossier complet qui situe les enjeux
du sommet de Copenhague en décembre 2009.
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 16:16


De 1980 à 2005, l'Afrique subsaharienne est à l'origine de 18,5% de la croissance de la population mondiale, mais seulement 2,4% de celle des émissions de CO². Alors que l'Amérique du Nord est à l'origine de 4% de la croissance de la population mais de 14% de celle des émissions de CO².
















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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 09:53
Attention
ça chauffe...


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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 05:51

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 16:46
- 1992, le deuxième sommet de la Terre, Rio de Janeiro

- 1997, le protocole de Kyoto a constitué une importante avancée,
Le protocole n’est toutefois entré en vigueur qu’en février 2005, du fait, en particulier, de l’opposition des Etats-Unis – le premier pollueur mondial –, censés réduire leurs émissions de 7 %. Ce traité international est aujourd’hui ratifié par cent soixante-huit Etats.


Conférence de Jean Jouzel : link

Mécanisme en jeu dans "l'effet de serre" sur le site
pagesperso-orange.fr/.../fretenvironnement.htm





Fonte des glaces polaires
sur le site de l'International Polar Foundation link

L'évolution du niveau des océans
Par Anny Cazenave de l'Académie des sciences
La hausse actuelle du niveau de la mer est une des conséquences majeures du réchauffement climatique. Depuis 1993, la hausse moyenne globale est de 3,5 mm par an, soit deux fois plus rapide que celle mesurée par les marégraphes au cours des 50 dernières années. Anny Cazenave fait le point sur les résultats les plus récents, dans cette conférence donnée au Bureau des longitudes en juin 2009.
link

glaciations et cycle de Milankovitch



Des animations sur le site de l'International Polar Foundation link


Sur le site de Canal Académie une conférence sur "les pôles en péril"
link

Michel Gauthier Clerc et Yvon le Maho vous emmènent visiter l’Arctique et l’Antarctique, à travers un bel ouvrage d’écologie, Pôles en périls, publié en 2007 chez Buchet Chastel.

Respectivement grands de 21 millions et 14 millions de km² pour des températures oscillant entre moins 50°C et moins 70° C, le pôle Nord et le pôle Sud, si inhospitaliers à l’homme, abritent cependant une variété incroyable d’oiseaux, d’otaries, de phoques et autres éléphants de mer.

Mais cette biodiversité est aujourd’hui en danger :
En Arctique, les fleuves sibériens déversent directement leurs polluants dans l’océan.
Les concentrations de plomb dans les ailes de manchots ont considérablement augmenté sur ces 200 dernières années. Les ours polaires ont le plus fort taux de pesticide et de métaux lourds emmagasinés dans leurs graisses. Les baleines retrouvées échouées sont si polluées qu’elles sont incinérées dans des centres habituellement réservés aux déchets dangereux. Des éléments radioactifs arrivent également jusqu’aux pôles, par voie atmosphérique…

Tout cela sans compter le réchauffement des glaces terrestres qui en plus d’élever le niveau de la mer, sont autant de territoires en moins pour ces espèces.


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