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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 17:45

 

 

 

La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours
quelque part des ombres. Elle n'est jamais immédiate et pleine.

Les révélations du réel sont toujours récurrentes.

Le réel n'est jamais «ce qu'on pourrait croire» mais il est toujours ce qu'on aurait dû penser.

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 10:39
La vie très privée de Mr Sim - Jonathan Coe

Il y a quarante ans, Donald Crowhurst avait apparemment

pu se cacher au coeur de l'Atlantique, grain de poussière

dans l'océan, entouré par l'infini de la haute mer et dérobé aux yeux
de tous les habitants de la planète. De nos jours, une
quantité de satellites en orbite étaient braqués sur nous
en permanence et pouvaient établir nos coordonnées
avec une rapidité et une précision inimaginables. L'intimité,
ça n'existait plus. Nous n'étions plus jamais seuls
.

p 95

 

J'étais à un kilomètre à peine de chez moi, je me remettrais en
route dans quelques minutes; mais en attendant, il me
fallai~me poser, réfléchir, regarder passer les gens qui
partaient au travail - histoire de vérifier, sans doute,
qu'il me restait une manière de lien avec eux, mes
congénères, mes compatriotes, mes co-watfordiens.
Ça n'était pas gagné.
Il devait passer une personne toutes les trente
secondes, devant mon banc, et aucune qui me dise bonjour,
me fasse un signe de tête ou qui croise seulement
mon regard. Même, chaque fois que je tentais de croiser
le leur, les gens se détournaient promptement et sciemment,
et ils pressaient le pas. Vous pensez peut-être que
c'était surtout le cas pour les femmes, mais pas du tout
- les hommes avaient l'air tout aussi effarés à l'idée
qu'un inconnu tente d'engager un rapport quelconque
avec eux, ne serait-ce qu'un instant. Quelle douche
froide: sitôt que je tentais de faire jaillir entre nous une
étincelle d'humanité partagée, ils paniquaient, ils tournaient
les talons, ils fuyaient.

p 104

 

Je sais parfaitement que je n'étais pas à sa hauteur, intellectuellement.

Par exemple, je n'ai jamais lu autant qu'elle; elle passait sa
vie à lire. Attention, j'aime les livres, moi aussi. Quand
on est en vacances, par exemple, et qu'on se fait rôtir au
soleil au bord de la piscine, s'il ya une chose quej'adore,
c'est bien bouquiner. Mais pour Caroline, ça allait plus
loin. On aurait dit que la lecture était devenue une
obsession, chez elle. Elle dévorait régulièrement deux
ou trois livres par semaine; des romans, surtout; des
romans «littéraires» ou « sérieux », comme on dit (je
crois). «C'est pas un peu répétitif, au bout d'un
moment ? Ils se mélangent pas tous dans ta tête ? » je lui
ai demandé, une fois. Mais elle m'a répondu que je parlais
sans savoir. « Tu es le genre de personne qui ne verra
jamais un livre changer sa vie
», disait-elle. «Pourquoi
veux-tu qu'un livre change ma vie ? Ce qui change ta vie,
c'est la réalité, c'est se marier, avoir des enfants. - Moi,
je te parle d'élargir son horizon, d'élever son niveau
de conscience. » C'était un point sur lequel nous ne
serionsjamais d'accord. Une ou deux fois,j'ai tenté plus
sérieusement de m'y mettre, mais je n'ai jamais vraiment
compris où elle voulait en venir.

p 124 - 125

 

Il s'était mis en tête que j'avais envie d'un feu
comme ceux que faisait Chris, et j'allais l'avoir, mon feu.
En plus, après avoir jeté en vrac brindilles, herbes et
bûches, il n'a pas été fichu de faire prendre ses allumettes.
Il lui en a fallu trois ou quatre pour que le feu
démarre, et il s'est mis à fumer au point qu'en deux
minutes notre coin du camping était menacé d'asphyxie;
les gens sont sortis de leurs tentes en râlant pour nous
dire de l'éteindre. Là,j'ai éclaté de rire, mais c'était bien
la dernière chose à faire: Max a eu l'air plus malheureux
que jamais, et il a redoublé d'efforts pour relancer
la flambé~ en courant chercher une rallonge de bois
humide. A son retour, je mijotais de lui lancer une
phrase outrageusement aguicheuse, du type : « Tu sais,
on peut se réchauffer autrement », mais, quandj'ai vu la
tête qu'il faisait, les mots se sont figés sur mes lèvres.
Dire que ce n'était plus le moment de tenir ces propos
serait très au-dessous de la vérité. Je voyais bien que la
soirée était irrémédiablement gâchée, et pour lui, et pour
nous deux. Des larmes de frustration dans les yeux, il
ajoutait à son tas fumant divers végétaux humides et inutiles,
et il s'emberlificotait pour ouvrir la boîte et gratter
les allumettes à travers son mouchoir taché de sang. Je
savaisque tout était parti d'une intention généreuse - il
s'inquiétait pour moi, il voulait que j'aie chaud - mais
on n'en était plus là. Ça peut paraître idiot, maisje croyais
savoir ce qui se passait dans sa tête ou, du moins, dans
son inconscient. Il ne s'agissait plus de faire un feu. Ce
qui était en jeu, c'était sa relation avec son père.
Chris, on
lui avait appris. Papa avait trouvé le temps, il avait eu la
patience de transmettre à la génération suivante
. Ainsi
fonctionnait leur relation. MaisMax n'avait pas droit à ça.
Son père l'avait abandonné des années plus tôt, peut-être
même qu'il n'avait jamais su nouer le lien avec lui au
départ. Il ne lui restait donc plus qu'à s'accrocher aux
basques de cette mère placide et bienveillante, qui, de
son côté, n'avait rien à lui apprendre, rien à lui transmettre.
Il était seul au monde; déjà, il bataillait. Ne supportant
plus de le regarder jeter les allumettes l'une après
l'autre dans ce feu qui ne prendrait jamais, je lui ai dit:
«J'en ai assez,je rentre. Appelle-moi quand ça flambera. »
Maisquandj'aijeté un coup d'oeil dehors, une heure plus
tard, en fait de feu, il n'y avait toujours rien qu'un tas de
bois fumant piteusement, et Max était invisible, parti
quelque part de son côté.

p 211 - 212

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 20:23
La chasse au lézard - William Boyd

Nous possédons tous, qu'on le veuille ou pas, les gens que
nous connaissons, et nous sommes en retour possédés par
eux. Nous forgeons et possédons tous dans notre esprit une
image des autres qui est inviolable et intime. C'est à nos
risques et périls que nous rendons publiques ces images
intimes. La révélation est un mouvement audacieux qui doit
être longuement réfléchi. Malheureusement, cette impulsion
se produit au moment où nous sommes le moins capables de
la contrôler, quand nous sommes distraits par l'amour - ou
la haine ...
Mais nous pouvons posséder les autres sans qu'ils en soient
jamais véritablement conscients.

p 136

 

 

La chasse au lézard
Du soin et de l'attention à donner aux piscines
La fille à la chauve-souris
T'inquiète, Jayette
Situations bizarres
Presque jamais
Le prochain bateau
Cadeaux
Alpes-Maritimes
Ma petite amie aux jeans étroits
Histoire vache
Sur la base yankee
L'amour fait mal
Extraits du journal de l'aviateur J
Le coup
La nuit transfigurée

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 18:06

"Le langage du colon quand il parle du colonisé

est un langage zoologique."

Frantz Fanon

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 13:08

On peut oublier le film,

bavard, ennuyeux, dont la thématique a vieilli,

mais pas la forme ni la photographie de Vittorio Storaro,

ni la musique de Gato Barbieri,

on peut oublier l'incipit de la jaquette du DVD :

 

"Lui (MARLON BRANDO)est un américain de 45 ans vivant à Paris, hanté
par le suicide de sa femme. Elle (MARIA SCHNEIDER) est une
séduisante parisienne de 20 ans fiancée à un jeune cinéaste. Aucun des
deux ne connaît le nom de l'autre, mais ces âmes torturées vont ensemble
satisfaire leur appétit sexuel, dans un appartement tout aussi dépouillé que leur
tragique destin. Pris dans le rythme frénétique d'une danse chamelle qu'ils ne
semblent pas pouvoir arrêter, ces amants improbables vont porter leur passion
à des hauteurs - et des profondeurs - érotiques bien au-delà de tout ce qu'ils
pouvaient imaginer. Pénétrez dans l'univers chaotique et sensuel du DERNIER
TANGO A PARIS, et préparez-vous à découvrir le film le plus controversé de
son temps. Nominé pour deux OSCAR en 1973 - Meilleur Réalisateur
(BERNARDO BERTOLLUCCI) et Meilleur Acteur (MARLON
BRANDO) - et dégageant une énergie sexuelle comparable à aucun autre
film, c'est le grand classique qui a choqué une nation et révolutionné le 7ème art.

 

racoleuse,

on peut oublier le scandale qui a suivi la sortie,

on peut oublier Jean Pierre Léaud, de passage...

 

Mais on n'oubliera jamais Maria Schneider...

 

 

Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris
Le dernier tango à Paris

La bouée, c'est pour Jean Vigo

ou pour le spectateur ...

Reste le superbe pont de Bir Hakeim

Le dernier tango à Paris
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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 10:04

 

Une pure merveille...

 

Giulio Cesare Haendel Nathalie Dessay
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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 20:36

Nous anéantissons ce que nous aimons

 

Ce que Kleist fait surgir dans Penthésilée est un reflet de la
vieille peur des hommes devant des femmes fortes, incontrôlables, démentes.

Mais ce n'est là qu'un aspect de la pièce; ce qui se déchaîne dans ces vers brûlants

mais maîtrisés est l'angoisse d'un homme devant le déchaînement de la folie en lui-même

- une sorte de folie qui, après deux millénaires et demi de culture masculine, doit apparaître « féminine ».
Comme toutes les oeuvres de Kleist, plus encore que toutes
les autres à l'exception du Prince de Hombourg, cette
pièce naît de la douleur causée par une blessure palpitante,
inguérissable: il n'est pas aimé comme il a besoin d'être
aimé, il ne peut pas aimer.

 

secours sur terre. « Que la poésie restera l'heureux asile de l'humanité» est resté

- nous ne le savons que trop bien - un voeu pieux du vieux Goethe.

A nos yeux, tel que je le vois, se dégage du drame de Kleist

un homme passionné et absolu, fragile et vulnérable,

courageux et impuissant, faillible et ayant besoin de secours,

cri incarné, quête d'une possibilité réelle d'existence vivable.


Christa WOLF
Traduit de l'allemand par Nelly Stéphane

Europe juin/juillet 1986

 

le 21 novembre 1811, Kleist tire un coup de pistolet sur Henriette Vogel

puis se tue

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 23:09

"nous, nous ne voulons rattraper personne.

Mais nous voulons marcher tout le temps,

en compagnie de l'homme,

de tous les hommes."

Frantz Fanon

Nomadisme et métissage

BNF

Esprit de Mai 68

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 22:30

 

 

 

 

 

Catherine Cooper née en 1978 est originaire de Grahamstown

en Afrique du sud. Après la Grande-Bretagne où elle étudie

la photographie elle s'installe à Arles.

 

 

 

Katharine-Cooper-copie-1.jpg

 

 

 

Katharine-Cooper02.jpg

 

 

Katharine-Cooper03.jpg

 

 


 


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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 16:05

 

 

 

 

 

 

Salsedo-Jouvray02.jpg

 

 
« Nos parents n'ont pas connu la guerre mais
ils ont eu les couilles de faire la révolution,
ce sont les héros de 68 ... Nous, on a ni guerre
ni révolution à faire. Pas d'adversaire à
comhattre, pas de parents à affronter. ..
Si on cherche à se distinguer d'une manière
ou d'une autre, une marque de pompes,. ou
un déodorant quelconque va s'empresser
de récupérer tes idées pour vendre des
merdes en masse ... On sera jamais des
héros, faut faire le deuil de ce vieux fantasme.
OrÏ doit réussir notre passage sur terre d'une
autre manière, »

 

Frédérik Salsedo est né le 23 janvier 1979 à Annecy en Haute-Savoie.

Olivier Jouvray le scénariste est né le 29 décembre 1970 à Oyonnax.

Son frère Jérôme est déssinateur de BD. ils ont réalisé la série Lincoln.

 

 

Salsedo-Jouvray.jpg

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