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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 09:34
La Favorite Léon François Comerre

La Favorite Léon François Comerre

Il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de morale, rien n'existe de tout

ce qu'on nous a enseigné à respecter ; il y a une vie qui passe,

à laquelle il est logique de demander le plus de jouissance possible,

en attendant l'épouvantable finale qui est la mort.

p 38

 

J'ai pour règle de conduite de faire toujours ce qui me plaît, en dépit

de toute moralité, de toute convention sociale. Je ne crois à rien ni à

personne, je n'aime personne ni rien ; je n'ai ni foi ni espérance.

p 39

 

... puis je disparaîtrai sans laisser de trace de moi-même...

p 48

 

Qui me rendra ma vie d'Orient, ma vie libre et en plein air, mes

longues promenades sans but et le tapage de Stamboul ?

p 59

 

Ce que l'on aime le mieux chez les autres, c'est soi-même.

p 89

 

Hélas! dans vingt ans, dans dix ans peut-être, où serons-nous, pauvre Aziyadé ? Couchés en terre, deux débris ignorés, des centaines de lieues sans
doute sépareront nos tombes - et qui se souviendra encore que
nous nous sommes aimés ?


Un temps viendra où, de tout ce rêve d'amour, rien ne restera
plus. Un temps viendra où nous serons perdus tous deux dans la
nuit profonde, où rien ne survivra de nous-mêmes, où tout s'effacera, tout jusqu'à nos noms écrits sur nos pierres.

p 115

 

C'est bien fini sans retour ! Si je reviens jamais comme je l'ai

juré, les années auront secoué sur tout cela leur cendre, ou bien

j'aurai creusé l'abîme entre nous deux en en épousant une autre, et

elle ne m'appartiendra plus.

p 133

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 18:36
Pas pleurer - Lydie Salvayre

Ma mère a été belle. On me dit qu'elle avait autrefois
cette prestance très particulière que conférait aux
femmes espagnoles le port du cantaro sur la tête et
qu'on ne voit aujourd'hui qu'aux danseuses de ballet.
On me dit qu'elle avançait comme un bateau, très
droite et souple comme une voile. On me dit qu'elle
avait un corps de cinéma et portait dans ses yeux la
bonté de son coeur.
Aujourd'hui elle est vieille, le visage ridé, le corps
décrépit, la démarche égarée, vacillante, mais une
jeunesse dans le regard que l'évocation de l'Espagne
de 36 ravive d'une lumière que je ne lui avais jamais
vue. Elle souffre de troubles de la mémoire, et tous
les événements qu'elle a vécus entre la guerre et
aujourd'hui, elle en a oublié à tout jamais la trace.
Maisellegarde absolument intacts les souvenirsde cet
été 36 où eut lieu l'inimaginable, cet été 36 pendant
lequel, dit-elle, elle découvrit la vie, et qui fut sans
aucun doute l'unique aventure de son existence. Estce
à dire que ce que ma mère a tenu pour la réalité
pendant les soixante-quinze années qui ont suivi n'a
pas eu pour elle de réelle existence? Il m'arrive de
le penser.

 

p 16 - 17

 

Pour prolonger la lecture de ce livre magnifique on peut tenter :

Bernanos - Les grands cimetières sous la lune

Malraux - L'espoir

Orwell - Hommage à la Catalogne

Hemingway - Pour qui sonne le glas

Munoz Molina - Dans la grande nuit des temps

Et pour l'esprit de liberté et de révolte

Oates - Bande de filles

 

L'émmission de France Inter

 

 

 

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 18:16
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
Beaumes de Venise
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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 14:51

 

 

tout ce que je fis durant mon séjour ne fut en effet que l’occupation délicieuse et nécessaire d’un homme qui s’est dévoué à l’oisiveté.

 

Quand le soir approchoit je descendais des cimes de l’île et j’allois volontiers m’asseoir au bord du lac sur la grève dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixant mes sens et chassant de mon ame toute autre agitation la plongeoient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenoit souvent sans que je m’en fusse aperçu.

 

Telle est, laissant à part les visites imprévues et importunes, la maniere dont j’ai passé mon tems dans cette île durant le séjour que j’y ai fait Qu’on me dise à présent ce qu’il y a là d’assez attrayant pour exciter dans mon cœur des regrets si vifs, si tendres et si durables qu’au bout de quinze ans il m’est impossible de songer à cette habitation chérie sans m’y sentir à chaque fois transporté encore par les élans du desir.

J’ai remarqué dans les vicissitudes d’une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m’attire et me touche le plus. Ces courts momens de délire et de passion, quelque vifs qu’ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état, et le bonheur que mon cœur regrette n’est point composé d’instans fugitifs mais un état simple et permanent, qui n’a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d’y trouver enfin la suprême félicité.

 

Mais s’il est un état où l’âme trouve une assiette assez solide pour s’y reposer tout entiere et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d’enjamber sur l’avenir ; où le tems ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de desir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entiere ; tant que cet état dure celui qui s’y trouve peut s’appeler heureux, non d’un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu’on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d’un bonheur suffisant, parfoit et plein, qui ne laisse dans l’âme aucun vide qu’elle sente le besoin de remplir. Tel est l’état où je me suis trouvé souvent à l’île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l’eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs au bord d’une belle riviere ou d’un ruisseau murmurant sur le gravier.

De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d’extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. Le sentiment de l’existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement & de paix, qui suffiroit seul pour rendre cette existence chere et douce à qui sauroit écarter de soi toutes les impressions sensuelles et terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire et en troubler ici-bas la douceur.

 

Il est vrai que ces dédommagemens ne peuvent être sentis par toutes les âmes ni dans toutes les situations. Il faut que le cœur soit en paix & qu’aucune passion n’en vienne troubler le calme.

 

 

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 19:44

 

... De la résistance à la mort, de la longue résistance désespérée et quotidienne

à la mort fragmentaire et successive telle qu'elle s'insère dans toute la durée

de notre vie, détachant de nous à chaque moment des lambeaux de nous-mêmes...

p 298

 

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 20:25

Facile de l'avoir juste

lorsqu'on naît Letton.

 

 

 

 

Elina Garança
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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 18:21
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
Saragosse
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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 21:09
Foxfire - Laurent Cantet
Foxfire - Laurent Cantet
Foxfire - Laurent Cantet

Le film suit assez fidèlement le roman de Joyce Carol Oates, seul l'épisode

de la naine diforme est omis, mais dans l'ensemble cela reste une ode à la liberté,

formidablement servie par toutes les actrices, avec en particulier 

une Leg Sadovsky incarnée à la perfection par Raven Adamson.

 

A travers le récit en forme de confession de Maddy-Monkey, Foxfire est

une réflexion sur le devenir à un moment, l'adolescence, où en même temps

qu'il s'ouvre à tous les possibles contenus dans les rêves, le monde 

et sa pourriture enferment ceux qui chaussent "des semelles de vent"

dans un ordre où le rêve et la révolution qui le contient sont bannis.

Pourtant, les barrières les plus solides ne sont parfois

qu'un fétus balayé par le vent pour celle qui ne cesse de courir

portée par ses longues jambes...

 

 

FOXFIRE NE DIT JAMAIS "JAMAIS" !

 

 

S'il existe un lien quelconque entre ma vie actuelle et
ma vie d'adolescente, j'ignore lequel et veux continuer à
l'ignorer. Avec les années, les motivations humaines en
sont venues à m'intéresser moins que les actes, que ce qui
est. Après tout, les étoiles n'ont pas de motivation: même
leur plongeon mortel est pur, entièrement au service de
ce qui est.

p 382

 

Ce qui nous ramène à cette question :

"Comment devient-on ce que l'on est ?"

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 21:23

 

 

Je suis le vent dans le vent.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 09:40
Sélinonte
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