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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 17:45

 

De là cet axiome: Toute femme ment. Mensonge officieux, mensonge véniel, mensonge sublime, mensonge horrible; mais obligation de mentir. Puis, cette obligation admise, ne faut-il pas savoir bien mentir? les femmes mentent admirablement en France. Nos moeurs leur apprennent si bien l'imposture! Enfin, la femme est si naïvement impertinente, si jolie, si gracieuse, si vraie dans le mensonge; elle en reconnaît si bien l'utilité pour éviter, dans la vie sociale, les chocs violents auxquels le bonheur ne résisterait pas, qu'il leur est nécessaire comme la ouate où elles mettent leurs bijoux. Le mensonge devient donc pour elles le fond de la langue, et la vérité n'est plus qu'une exeption
p 113

 

Clémence Desmaret

Et voilà la vie telle qu'elle est.
Une femme est toujours vieille et déplaisante à son mari, mais toujours pimpante, élégante et parée pour l'autre, pour le rival de tous les maris, pour le monde qui calomnie ou déchire toutes les femmes. Inspirée par un amour vrai, car l'amour a, comme les autres êtres, l'instinct de sa conservation, Mme Jules agissait tout autrement, et trouvait, dans les constants bénéfices de son bonheur, la force nécessaire d'accomplir ces devoirs minutieux desquels il ne faut jamais se relâcher, parce qu'ils perpétuent l'amour.

p 122

 

Donc Mme Jules avait interdit à son mari l'entrée du cabinet où elle quittait sa toilette de bal, et d'où elle sortait vêtue pour la nuit, mystérieusement parée pour les mystérieuses fêtes de son coeur. En venant dans cette
chambre, toujours élégante et gracieuse, Jules y voyait une femme coquettement enveloppée dans un élégant peignoir, les cheveux simplement tordus en grosses tresses sur sa tête; car, n'en redoutant pas le désordre, elle n'en ravissait à l'amour ni la vue ni le toucher; une femme toujours plus simple, plus belle alors qu'elle ne l'était pour le monde; une femme qui s'était ranimée dans l'eau, et dont tout l'artifice consistait à être plus blanche que ses mousselines, plus fraîche que le plus frais parfum, plus séduisante que la plus habile courtisane, enfin toujours tendre, et partant toujours aimée.

p 123

 

Or, en rentrant après cette conversation, qui l'avait glacée d'effroi et qui lui donnait encore les plus vives inquiétudes, Mme Jules prit un soin particulier de sa toilette de nuit. Elle voulut se faire et se fit ravissante. Elle avait serré la batiste du peignoir, entrouvert son corsage, laissé tomber ses cheveux noirs sur ses épaules rebondies; son bain parfumé lui donnait une senteur enivrante; ses pieds nus étaient dans des pantoufles de velours. Forte de ses avantages, elle vint à pas menus, et mit ses mains
sur les yeux de Jules, qu'elle trouva pensif, en robe de chambre, le coude appuyé sur la cheminée, un pied sur la barre. Elle lui dit alors à l'oreille en
l'échauffant de son haleine, et la mordant du bout des dents: «À quoi pensez-vous, monsieur ?» Puis le serrant avec adresse, elle l'enveloppa de ses bras, pour l'arracher à ses mauvaises pensées. La femme qui aime a toute l'intelligence de son pouvoir; et plus elle est vertueuse, plus agissante est sa coquetterie.

p 124

 

Ida Gruget

Cette demoiselle était le type d'une femme qui ne se rencontre qu'à Paris. Elle se fait à Paris, comme la boue, comme le pavé de Paris, comme l'eau de la Seine se fabrique à Paris, dans de grands
réservoirs à travers lesquels l'industrie la filtre dix fois avant de la livrer aux carafes à facettes où elle scintille et claire et pure, de fangeuse qu'elle était. Aussi est-ce une créature véritablement originale. Vingt fois saisie par le crayon du peintre, par le pinceau du caricaturiste, par la plombagine du dessinateur, elle échappe à toutes les analyses, parce qu'elle est insaisissable dans tous ses modes,
comme l'est la nature, comme l'est ce fantasque Paris. En effet, elle ne tient au vice que par un rayon, et s'en éloigne par les mille autres points de la circonférence sociale. D'ailleurs, elle ne laisse deviner qu'un trait de son caractère, le seul qui la rende blâmable: ses belles vertus sont cachées; son naïf dévergondage, elle en fait gloire. Incomplètement traduite dans les drames et les livres où elle a été mise en scène avec toutes ses poésies, elle ne sera jamais vraie que dans son grenier, parce qu'elle sera toujours, autre part, ou calomniée ou flattée. Riche, elle se vicie; pauvre, elle est incomprise.
Et cela ne saurait être autrement! Elle a trop de vices et trop de bonnes qualités; elle est trop près d'une asphyxie sublime ou d'un rire flétrissant; elle est trop belle et trop hideuse;

p 140

Elle est toute la femme, moins que la femme, plus que la femme.
p 141

 

car, à Paris, tout fait spectacle, même la douleur la plus vraie.
p 203

 

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 16:52
Ossip Mandelstam

 

La musique de tes pas
Dans le silence neigeux des bois

 

Et ton ombre lentement
Sur le jour gelé descend

 

Hiver de profonde nuit,
Neige en frange d’insomnie

 

sur sa branche le corbeau
En a tant vu de la-haut.

 

Mais la vague se levant
Dans mon rêve déferlant

 

Viendra briser sans effort
La glace jeune et si frêle encore.

 

La glace si frêle de mon âme
Dont en silence mûrit la trame.

 

1909 - Traduit du russe par Henri Abril

 

 

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 14:32


 

 

 

 

 

Un voyage, c'est une suite de disparitions irrémédiables.

p 33 - Gaspard, Melchior & Balthazar - Michel Tournier

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 21:14

 

 

On ne saurait affirmer que notre héros fût tombé amoureux il est même douteux que les gens de cette sorte soient capables d'aimer. Cependant il éprouvait une étrange sensation. Il avoua plus tard avoir cru pendant " quelques minutes que le bal, son brouhaha, son agitation, se perdaient dans le lointain ; trompes et violons paraissaient jouer derrière une colline; une brume rappelant un fond vague de tableau enveloppait toutes choses; sur ce champ imprécis se détachaient en relie} les traits de la séduisante enfant, son visage ovale, sa taille menue de pensionnaire en rupture de classe, sa robe blanche toute simple, qui moulait avec grâce des formes d'une harmonieuse pureté. Parmi la-foule opaque et trouble, elle semblait une apparition lumineuse, une diaphane figurine d'ivoire.

P 197 - 198

 

Quels chemins étroits, tortueux, détournés, impraticables, a choisis l'humanité en quête de l'éternelle vérité, alors que devant .elle s'ouvrait une royale avenue, large et 'droite comme celles qui mènent aux demeures souveraines. Ensoleillée le jour illuminée la nuit, cette voie dépassé toutes les autres en splendeur ; cependant les hommes ont toujours  cheminé dans les ténèbres sans l'apercevoir. Si parfois, obéissant à une inspiration d'en haut, ils s'y engageaient

p 243

 

O Russie ! Russie! Des lointains merveilleux où je réside Je t’aperçois, pauvre terre rude et inhospitalière

 

Mais quelle force secrète attire vers toi ? Pourquoi retentit sans cesse à tes oreilles la chanson plaintive qui, d'une mer à l'autre, vibre partout sur la vaste étendue ? Que veut dire cet appel qui sanglote et vous prend l'âme ? Quels sons s'insinuent, comme une caresse douloureuse, jusqu'à mon coeur et l'obsèdent continuellement ? Russie, que veux-tu de moi ? Quel lien incompréhensible nous attache l'un à l'autre ?

P 254

 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 21:10
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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 18:38

 

 

L’universel désir d’être quelqu’un, d’être reconnu fonde l’atroce comique de notre époque et lui donne cette allure d’improvisation libre en milieu d’aliénés, de théâtre à ciel ouvert pour pathologies narcissiques de tous ordres. Détournons le regard de ce mauvais spectacle. Imaginons un être qui n’aurait pu fermer les yeux sur l’horreur du présent – ce canevas d’ennui, d’injustice, de bêtise, de séparation et de cynisme dont la police vient seule garantir la cohérence désastreuse –, un être qu’une sorte d’infirmité certainement, mais peut-être aussi quelque esprit de défi, aurait rendu inapte à rester en paix avec un tel état de choses, un être qui, en outre, aurait trouvé, jeune encore, dans l’émeute, le feu et la conspiration, l’exact contraire de ce qu’il voyait autour de lui : là, l’intelligence, le courage l’aventure, l’amitié et la vérité.

Un tel être – et il ne fait pas de doute qu’il y en a en nombre qui, à cette heure même, vivent et se cherchent – serait Blanqui, autant que Blanqui fut Blanqui.

Préface à "Maintenant il nous faut des armes" édition de la Fabrique

 

 

L’Enfermé : c’est le titre donné par Gustave Geffroy à la première biographie de Blanqui en 1887, titre justifié s’agissant d’un homme qui a passé plus de trente ans de sa vie en prison, sans compter les années d’exil. Mais enfermé, Blanqui l’est aussi dans l’oubli que le XXe siècle lui a creusé comme une deuxième tombe.

 

"Il n’existe entre les deux moitiés inégales de la société d’autre rapport que celui de la lutte, d’autre besoin que de se faire le plus de mal possible"

Auguste Blanqui «Allocution à la Société des Amis du peuple », 2 février 1832

 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 15:11

 

Le début du roman se déroule  dans un petit village de l'arrière pays niçois pendant l'été 1943 au moment où l'armée allemande chasse les italiens qui occupaient cette partie de la France. Le récit de l'arrestation du père d'Esther par la Gestapo ressemble au récit que fera Serge Klarsfeld de l'arrestation de son propre père dans les mémoires qu'il écrira avec son épouse.

 

je pensais à mon père, quand il était parti, la dernière image que j'avais gardée de lui, grand, fort, son visage doux, les cheveux bouclés très noirs, son regard, comme s'il voulait s'excuser, comme s'il avait fait une bêtise.

P 145

 

Je ne dois jamais rien oublier de tout cela.

P 146

Tout d'un coup, malgré le soleil, malgré les cris des gens et l'odeur du blé coupé, j'avais compris que ça allait finir, j'avais pensé cela très fort, que mon père devrait s'en aller, pour toujours, comme nous aujourd'hui.

Je m'en souviens, cette idée-là est venue tranquillement, en faisant à peine un petit bruissement, et d'un seul coup elle a fondu sur moi, elle m'a serré le coeur dans sa griffe, et je n'ai plus pu faire semblant de rien. Saisie d'horreur, j'ai couru sur le chemin au milieu des blés, sous le ciel bleu, je me suis échappée aussi vite que j'ai pu. Je ne pouvais plus crier, ni pleurer, je ne pouvais que courir de toutes mes forces, en sentant cette étreinte qui broyait mon coeur, qui m'étouffait.

P 146

 

Je peux entendre encore leurs voix et leurs rires, cet après-midi- là, sur la pente d'herbages immenses, avec le ciel qui nous entourait. Les nuages roulaient, dessinaient des volutes éblouissantes sur le bleu du ciel, et j'entendais les rires et les éclats de voix de mon père et de ma mère, à côté de moi, dans les herbes. Et c'est là, à ce moment-là, que j'ai compris que mon père allait mourir. L'idée m'est venue, et j'avais beau l'écarter, elle revenait, et j'entendais sa voix, son rire, je savais qu'il suffisait que je me retourne pour les voir, pour voir son visage, ses cheveux et sa barbe brillant au soleil, sa chemise, et la silhouette de maman, couchée contre lui. Et tout d'un coup, je me suis jetée sur le sol, et je mordais ma main pour ne pas crier, pour ne pas pleurer, et malgré cela je sentais les larmes qui glissaient hors de moi, le vide qui se creusait dans mon ventre, qui s'ouvrait au-dehors, un vide, un froid, et je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il allait mourir, qu'il devait mourir.

C'est cela que je dois oublier, dans ce voyage, comme disait l'oncle Simon Ruben, « Il faut oublier, il faut partir pour oublier ! »

p 148

 

Jamais aucune nuit ne m'a paru aussi longue. Je me souviens, autrefois, avant Saint-Martin, j'attendais la nuit avec inquiétude, parce que je croyais que c'était à ce moment-là qu'on pouvait mourir, que c'était pendant la nuit que la mort volait les gens.

P 152

 

" Nous marchons sur les morts », disait Esther. Elle pensait à tous ceux qui étaient morts ailleurs, oubliés, abandonnés, tous ceux que les soldats de la Wehrmacht chassaient dans les montagnes, dans la vallée de la Stura, ceux qu'on avait enfermés dans le camp de Borgo San Dalmazzo, et qui n'étaient jamais revenus. Elle pensait à la pente, en dessous du Coletto, où elle avait guetté la silhouette de son père, si longtemps que sa vue se brouillait et qu'elle perdait connaissance.

P 201

 

C'était comme une plaie au coeur, je voulais voir le mal, comprendre ce qui m'avait échappé, ce qui m'avait jetée vers un autre monde. Il me semBlait que si je trouvais la trace de ce mal, je pourrai enfin m'en aller, oublier, recommencer ma vie, avec Michel, avec Philip, les deux hommes que j'aime.

Enfin je pourrais voyager de nouveau, parler, découvrir des paysages et des visages, être dans le temps présent. J'ai peu de temps. Si-je ne trouve pas où est le mal, j'aurai perdu ma vie et ma vérité. Je continuerai à être errante.

P 326

 

Le récit de l'arrestation de son père qui mourra à Auschwitz par S. Klarsfeld dans "Mémoire"

Le 8 septembre 1943, moins d'un mois auparavant, les Allemands ont fait irruption à Nice et achevé d'occuper les huit départements du sud-est de la France dont ils avaient confié le contrôle à leurs alliés italiens le 11 novembre 1942, au moment de l'invasion de la zone libre par le Hl" Reich.

P 26

 

Pour nous, la débâcle italienne est une catastrophe. Des soldats italiens ont tenté d'emmener des Juifs, de les mettre à l'abri. Mais la reprise en main par les Allemands a été si soudaine que la plupart de leurs tentatives ont échoué.

La terreur se répand comme une traînée de poudre. Les arrestations se multiplient d'emblée parmi les 25000 Juifs présents à Nice. Des barrages sont dressés dans les rues, aux carrefours, aux entrées et aux sorties de la ville; les voyageurs qui tentent de prendre le car ou le train sont systématiquement contrôlés; un maillage méthodique se met en place, faisant courir à ceux qui essaient de s'échapper des périls encore plus grands que ceux encourus par ceux qui restent. Face à l'ampleur du danger, mon père a décidé de bricoler une cachette qui se ferme de l'intérieur et devant laquelle il a refixé une tringle où sont suspendus des vêtements destinés à en renforcer la discrétion. notre situation est cependant précaire. Une simple pression de sa main ou un coup de crosse sur un mur qui n'est qu'une fragile cloison en bois suffirait à révéler le subterfuge, et notre présence.

Ma soeur a onze ans, j'en ai huit. Nous nous disputons souvent, mais, à l'instant où il fallut pénétrer dans le placard, nous avons montré une docilité et une discipline exemplaires. Notre mère, Raîssa, ma soeur et moi sommes serrés dans la cachette avec les habits que nous portions la veille et que nous avons saisis en sautant de nos lits. Raïssa ressort faire les lits. Il s'agit d'éliminer toute trace de notre présence récente dans l'appartement. Elle revient vite, ferme la porte. Le scénario est prêt, et le déroulement des opérations minutieusement appris. Si la Gestapo vient nous prendre, mon père se livrera en prétendant que l'appartement est en cours de désinfection et qu'il a préféré nous envoyer à la campagne pour nous protéger d'une éventuelle intoxication.

p 28 - 29

 

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 21:16
Autour de Montarcher
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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 17:26


 

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 
Charles Baudelaire
 
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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 16:49



 

 

 

Mon Dieu, qu'il fait bon parfois entreprendre
un lointain voyage ! Que de fois ô route, m'as-tu
comme à un homme qui se noie, servi de planche
de salut ! Que de belles pensées, de rêves poétiques,
m'as-tu inspirés ! Que d'impressions divines ai-je éprouvées
en te parcourant !...

 

p 256 - "Les âmes mortes" Gogol

 

 

 

 

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