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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 18:38

 

 

L’universel désir d’être quelqu’un, d’être reconnu fonde l’atroce comique de notre époque et lui donne cette allure d’improvisation libre en milieu d’aliénés, de théâtre à ciel ouvert pour pathologies narcissiques de tous ordres. Détournons le regard de ce mauvais spectacle. Imaginons un être qui n’aurait pu fermer les yeux sur l’horreur du présent – ce canevas d’ennui, d’injustice, de bêtise, de séparation et de cynisme dont la police vient seule garantir la cohérence désastreuse –, un être qu’une sorte d’infirmité certainement, mais peut-être aussi quelque esprit de défi, aurait rendu inapte à rester en paix avec un tel état de choses, un être qui, en outre, aurait trouvé, jeune encore, dans l’émeute, le feu et la conspiration, l’exact contraire de ce qu’il voyait autour de lui : là, l’intelligence, le courage l’aventure, l’amitié et la vérité.

Un tel être – et il ne fait pas de doute qu’il y en a en nombre qui, à cette heure même, vivent et se cherchent – serait Blanqui, autant que Blanqui fut Blanqui.

Préface à "Maintenant il nous faut des armes" édition de la Fabrique

 

 

L’Enfermé : c’est le titre donné par Gustave Geffroy à la première biographie de Blanqui en 1887, titre justifié s’agissant d’un homme qui a passé plus de trente ans de sa vie en prison, sans compter les années d’exil. Mais enfermé, Blanqui l’est aussi dans l’oubli que le XXe siècle lui a creusé comme une deuxième tombe.

 

"Il n’existe entre les deux moitiés inégales de la société d’autre rapport que celui de la lutte, d’autre besoin que de se faire le plus de mal possible"

Auguste Blanqui «Allocution à la Société des Amis du peuple », 2 février 1832

 

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