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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 21:25
Rudi Dutschke - Contre-cultures

 

 

«La fraction sérieuse des étudiants, le camp anti-autoritaire critique, considère le temps des études non comme l'engloutissement d'un tas.de connaissances sans importance, non comme un passage ver s la promotion sociale dans une société répressive, non comme un passe-temps joyeux ou un happening pseudo-révolutionnaire, mais comme la possibilité systématique, refusée à la majorité des êtres, de se libérer par un effort intense des intérêts étrangers de domination nés du passé et de l’éducation et de transformer l'activité intellectuelle spécifiquement humaine en une raison explosive contre la société actuelle. »

p 188 - 189

Contre-cultures ! - Sous la direction de

Christophe Bourseiller et Olivier Penot-Lacassagne

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 21:47

 

 

Christian Prigent ;

Je ne vois pas comment on pourrait justifier autrement 
l'activité littéraire.Si elle n'est pas impulsée et organisée par 
tout ce qu'implique cette volonté d'émancipation, elle n'est 
jamais qu'un vague supplément d'âme pour 
« les eaux glacées du calcul égoïste »

p 101

Contre-cultures ! - Sous la direction de
Christophe Bourseiller et Olivier Penot-Lacassagne
 
 
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 21:52





















































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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 21:40
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 21:24

 

 

 

Les hommes désespérés vivent dans des angles. Tous les hommes amoureux vivent dans des angles. Tous les lecteurs des livres vivent dans des angles. Les hommes désespérés vivent accrochés dans l'espace à la manière des figures qui sont peintes sur les murs, ne respirant pas, sans parler, n'écoutant personne.

P 9 - 10

 

En 1639, Jacob Veet Jakobsz, orfèvre dans la cité de Bruges, fut nommé juge électif pour l'année. Il avait une fille qui était étrange et belle. Elle était blonde, très blanche, longue, légèrement voûtée, la taille fine, les mains fines, la gorge lourde, très silencieuse. Le jeune graveur Meaume la vit lors de la procession de la fête des orfèvres. Il avait vingt et un ans. Il avait achevé son apprentissage chez Rhuys le Réformé à Toulouse. Meaume arriva de Lunéville en compagnie d'Errard le Neveu qui le quitta ensuite pour se rendre à Mayence.

Sa beauté le laissa désert. Sa longue apparence l'attira. Aussi la suivit-il sans qu'il s'en rendît compte. Elle, elle s'en rendit compte. Meaume surprit le regard qu'elle portait sur lui. Ce regard sur lui, toute sa vie, vécut en lui.

P 13 - 14

 

Ce fut dans une minuscule chapelle latérale. Dans un angle glacé. À l'intérieur du grand hôpital de Bruges. il fait très froid. Ils sont engloutis dans la pénombre brune du mur de soutènement. La servante fait le guet. L'apprenti graveur ne trouve pas des mots à dire à la fille unique du juge électif.

Alors il touche avec ses doigts timidement son bras. Elle glisse sa main dans ses mains. Elle donne sa main toute fraîche à ses mains. C'est tout. il serre sa main. Leurs mains deviennent chaudes, puis brûlantes. ils ne parlent pas. Elle tient sa tête penchée. Puis elle le regarde directement, dans les yeux. Elle ouvre ses grands yeux en le dévisageant. ils se touchent dans ce regard. Elle lui sourit.

ils se quittent.

P 14 - 15

 

«L'amour consiste en des images qui obsèdent l'esprit. S'ajoute à ces visions irrésistibles 'une conversation inépuisable qui s'adresse à un seul être auquel tout ce qu'on vit est dédié. Cet être peut être vivant ou mort. Son signalement est donné dans les rêves car dans les rêves ni la volonté ni l'intérêt ne règnent. Or, les rêves, ce sont des images. Même, d'une façon plus précise, les rêves sont à la fois les pères et les maîtres des images. Je suis un homme que les images attaquent. Je fais des images qui sortent de la nuit. J'étais voué à un amour ancien dont la chair ne s'est pas évanouie dans la réalité mais dont la vision n'a plus été possible parce que l'usage en a été accordé à un plus bel échantillon. TI n'y a pas lieu d'épiloguer davantage. »

P 46 - 47

 

« En vieillissant il devient de plus en plus difficile de s'arracher à la splendeur du paysage qu'on traverse. La peau usée par le vent et par l'âge, distendue par la fatigue et les joies, les différents poils, larmes, gouttes, ongles et cheveux qui sont tombés par terre comme des feuilles ou des brindilles mortes, laissent passer l'âme qui s'égare de plus en plus souvent à l'extérieur du volume de la peau. Le dernier envol n'est à la vérité qu'un éparpillement. Plus je vieillis, plus je me sens bien partout. Je ne réside plus beaucoup dans mon corps. Je crains de mourir quelque jour. Je sens ma peau beaucoup trop fine et plus poreuse. Je me dis à moi-même: Un jour le paysage me traversera.

P 91 – 92

 

Jadis kholè ne signifiait pas ira mais noirceur. Aux yeux des Anciens la colère qui est dans la mélancolie, c'est le noir qui est dans la nuit. II n'y a jamais assez de noir pour exprimer le violent contraste qui déchire ce monde entre naissance et mort.

P 100

 

«Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vivre. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue.

Alors le coeur se serre. On se tient à des morceaux de bois pour voir encore un peu le spectacle qui saigne d'un bout à l'autre du monde et pour ne pas y tomber.»

P 139

 

« Oh! Le secret de mes rêves était un corps qui revenait sans cesse. Une femme jadis a été horrifiée en découvrant mon visage. J'ai perdu alors sans retour la plus grande part de la substance de ma vie. J'ai conservé le regard qui était dans ses yeux quand elle les tournait vers moi mais elle a refusé que je partage sa vie. J'ai dû voyager dans d'autres mondes que le sien mais, dans chaque rêve, dans chaque image, dans chaque vague, dans tous les paysages j'ai vu quelque chose d'elle ou qui procédait d'elle. Sous une autre apparence je l'avais attirée et séduite. »

P 149

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 18:11
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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 19:38
Hannah Arendt (1906-1975)

 

 

« C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal. »

 

« Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action. »

 

Philosophe ambivalente dont l'amour passionné pour Heidegger,

justifia ses tentatives pour le dédouaner du soupçon de sympathie

à l'égard du nazisme.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:59
Sous commandant Marcos

 

 

"... il est nécessaire de bâtir un monde nouveau. Un monde pouvant contenir beaucoup de mondes, pouvant contenir tous les mondes."

Le Monde Diplomatique Août 1997

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 13:42
Sous commandant Marcos
Sous commandant Marcos

 

 

Détail d’une fresque murale réalisée au caracol Morelia par des membres de l’EZLN et des artistes en résidence au centre culturel Edelo de San Cristobal de las Casas, Chiapas, 2009.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 12:43
Rafael Sebastián Guillén Vicente  "Sous commandant Marcos"

 

« A partir de la chute du mur de Berlin, nous dit, sur un ton très pédagogue, Marcos, un nouveau superpouvoir est apparu et s’est développé, stimulé par les politiques néolibérales. Les grands vainqueurs de la guerre froide - guerre qu’on peut qualifier de troisième guerre mondiale - sont les Etats-Unis, mais, immédiatement au-dessus de cette puissance hégémonique, commence à apparaître ce qu’on pourrait appeler un super-pouvoir financier qui entreprend de donner des directives à tout le monde. Cela produit ce que, à grands traits, nous appelons la globalisation. L’idéal de la globalisation est un monde transformé en grande entreprise et administré par un conseil d’administration constitué par le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE, l’OMC et le président des Etats-Unis. Dans un tel contexte, les gouvernants de chaque Etat ne sont que les représentants de ce conseil d’administration, des sortes de gérants locaux. Et ce que vous, au Monde diplomatique, avez parfaitement défini comme la « pensée unique », est chargé de fournir le liant idéologique pour convaincre tout le monde que la globalisation est irrémédiable et que toute autre proposition serait chimérique, utopique, irréaliste. A l’échelle mondiale, la grande bataille qui se livre actuellement - et qu’on pourrait appeler la « quatrième guerre mondiale » - oppose les partisans de la globalisation à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, lui font obstacle. Tout ce qui empêche la globalisation de s’étendre est menacé désormais de destruction. »

« Dans sa fureur hégémonique, poursuit Marcos, la globalisation fait appel à des éléments de la culture. Elle aspire à homogénéiser culturellement le monde. Dans une certaine mesure, globalisation économique signifie globalisation du mode de vie des Etats-Unis. Les valeurs du marché s’imposent partout. Elles régissent désormais non seulement le fonctionnement des gouvernements mais aussi ceux des médias, de l’école ou même de la famille. L’individu ne peut occuper une place au sein de la société que dans la mesure où il a une capacité de produire et d’acheter. Les critères du marché éliminent donc toute une partie de l’humanité qui se révélerait non rentable. Et cela concerne tous les indigènes d’Amérique latine. La globalisation exige leur élimination. Au moyen d’une guerre ouverte s’il le faut, ou d’une guerre silencieuse si c’est nécessaire. Au prétexte que les Indiens ne sont pas utiles à la dynamique de la globalisation, qu’ils ne peuvent s’y intégrer et pourraient même devenir un grave problème en raison de leur potentiel de rébellion. »

 

Certaines phrases résonnent étrangement avec notre contexte politique :

la lutte pour le pouvoir est une lutte pour le mensonge. 

ou avec le contexte internationale :

Aujourd’hui, nous marchons pour la liberté et on nous offre l’esclavage par la dette. 

D'autres lient les phénomènes de domination dans une sorte d'Intersectionnalité des luttes :

C’est pourquoi nous nous sentons solidaires d’autres luttes. De celles, par exemple, des homosexuels et des lesbiennes, objets de toutes sortes de persécutions et de discriminations. Ou de celles des émigrants, contre lesquels, un peu partout, se mettent en place des dispositifs racistes. 

 

Entretien donné au Monde Diplomatique en mars 2001

 

 

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