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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 18:35

 

 

 

 

 

 

 

Cela le frappa de plein fouet, cette prise de conscience inévitable qu'il traversait la vie avec un billet de quatrième classe.

p 28

 

Il se sentit étouffer dans cette pièce, et cette impression n'avait rien à voir avec la fumée de tabac qui emplissait la chambre. Il fit un pas en avant et sortit.

très vite il traversa le vestibule et le salon. Il ouvrit la porte d'entrée, sortit sur le perron et vit l'autre femme de la maison. C'était la fille de Lola, Bella. Assise sur la marche la plus haute, elle avait senti sa présence et tourna lentement la tête vers lui. Elle le dévisagea. Il y avait dans son regard un mélange de mépris glacial et de désir ardent.

p 38

 

"Je vous attire vraiment dit-elle, pourquoi n'admettez-vous pas que je vous attire ?"

Il avait dans la gorge une étrange sensation. Il voulait la regarder, mais il avait peur de le faire.

p 50

 

C'était comme si la rue avait des poumons et que les seuls sons qu'elle puisse produire étaient ce grognement, ce soupir, acceptant avec lassitude sa place en quatrième classe dans le monde. Là-haut, très haut, il y avait un ciel merveilleux, de fabuleuses couleurs dans l'orbite du soleil, mais ça n'avait aucun sens de regarder là-haut et d'avoir de folles pensées, des espoirs et des rêves.

p 91

 

Et quel que soit l'endroit où les plus faibles se cachaient, ils ne parvenaient jamais à échapper à la lune de Vernon. Elle les tenait pris au piège. Elle les tenait pris dans leur destin.Tôt ou tard, ils seraient mutilés, démolis, écrasés. Ils apprendraient à la dure que Vernon Street n'était pas un lieu pour les corps délicats et les âmes timides. Ils étaient des proies, c'était tout, ils étaient voués à la panse de ce mangeur toujours affamé, le caniveau de Vernon.

p 188

 

 

 

 

 

La Lune dans le caniveau est aussi un film de Jean Jacques Beineix (1983) avec Gérard Depardieu, Mastassja Kinski, Victoria Abril, Gabriel Monnet, Dominique Pinon, Vittorio Mezzogiorno.

La musique est signée Gabriel Yared

 

 

Sur David Goodis link

 

La photographie qui sert de fond est de Eikoh Hosoe link



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