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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:04

 

 

Le ciel est, par dessus le toit,
Si bleu, si calme
Un arbre, par dessus le toit,
Berce sa palme.

 
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

 
Mon Dieu, Mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur là
Vient de la ville.

 
Qu'as tu fait, ô toi que voilà,
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

 

 

 

Eh oui mon Paulo

c'est vraiment la question,

mais quand on s'la pose

c'est en général un peu tard mon colon.

Pourtant, comme le dit si bien Epicure

"Quand on est jeune, il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie"

 




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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 21:36

 

 

 

C'est pas forcément son vrai nom

mais faut r'connaître qu'il sonne bien.

Y'aurait, selon certains qui paraissent bien informés,

une référence à Joseph L. Mankiewicz

et son film "Le limier",

un des personnages s'appelait "Milo Tindle".

Tout cela pour dire

que Mina, qui s'appelle certainement Pauline

si on ne nous a pas menti,

est sacrément agréable à écouter.

 

 

Mina-tindle-pauline-de-lassus-to-carry-many-small-things.png

 

 

 

 

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 21:36

 

 

 

 

La blonde aspira la fumée. Ralph s'efforçait de ne pas la regarder, mais elle avait des yeux aux reflets verts qui attiraient les siens comme des aimants.

p 9

 

Ralph se donna l'ordre de ne pas faire un seul pas vers elle. Sinon ce serait la fin de tous ses rêves, la fin de tous ses espoirs d'une vie meilleure, plus propre.

p 14

 

Ralph regardait la fille, et la fille le regardait, et même s'il faisait très sombre dans cette partie de la pièce, on aurait dit qu'il y brillait une lumière plus vive qu'aucune lampe ne pourrait jamais en donner, et Ralph plongeait son regard dans ces yeux jaunes, et il savait que la fille le regardait droit dans les yeux, elle aussi. Ils ne souriaient ni l'un ni l'autre. Ralph ne se rendait pas compte qu'il ne souriait pas. Il n'était pas conscient des secondes qui s'écoulaient tandis qu'il la regardait. Longeant le mur, il s'approcha, et il se retrouva à côté du fauteuil, le regard posé sur elle. Elle levait les yeux vers lui. Il comprit qu'il la contemplait ainsi depuis longtemps. Il se demanda depuis combien de temps.

Il se rendait compte qu'il devait lui dire quelque chose, et il ne savait pas quoi. Puis il entendit une voix. Une voix douce, basse, assez vague.

- Qui êtes-vous? demanda-t-elle.

- Je m'appelle Ralph Creel,

- Et moi, Edna Daly.

Ils échangèrent un regard.

Puis, Ralph détourna la tête.

Il n'avait plus envie de la regarder. Il avait peur de la regarder.

p 79

 

 

Ralph sentit quelque chose monter dans sa gorge et l'étouffer. Se retournant brusquement, il s'éloigna en hâte de la maison. Quelques mètres plus loin, il regarda derrière lui, et sur le pas de la porte, il vit Edna, les yeux fixés sur lui. Il commença à revenir sur ses pas, puis, lentement, il refit demi-tour et s'éloigna. Il entendit une porte se fermer. Une fois
de plus, il se ravisa, et revint vers la maison. La porte était fermée. Aucune lumière ne brillait plus.

Ralph resta un moment sans bouger, à contempler la porte close et la fenêtre obscure.

Lentement, il remonta la rue.

p 113

 

 

Ralph prit donc un tram pour sortir de la ville, puis il remonta le Wissahickon. C'était l'hiver. Le ruisseau était à demi-gelé. Ralph longea la rive. Il était seul. Autour de lui, tout était sec, froid et propre. Bientôt, il oublia l'améthyste. Il avait seulement envie de longer la rive du ruisseau. Des feuilles mortes oscillaient, comme des foules en prière, autour des troncs des arbres nus. Tout était calme et immobile, à part l'eau limpide et glacée qui éclaboussait les rochers et les galets au bord du ruisseau. Ralph marcha longtemps, en contemplant le cours d'eau, les arbres, les rochers, la beauté paisible du Wissahickon et de sa vallée, et il eut envie de rester là. Il aurait voulu creuser une caverne, sous un gros  rocher, et s'y installer, tout seul, sans être vraiment seul, pourtant, car il aurait eu pour compagnie, la musique aigrelette du ruisseau, et le chant de défi des oiseaux à demi-morts de froid, qui refusaient pourtant de quitter la vallée. Dans sa caverne près du ruisseau, il se serait installé pour toujours, sans être vraiment seul, et il aurait eu tout ce dont il avait besoin.

En se rappelant cette journée, Ralph eut de nouveau envie d'être là-bas, dans la vallée près du ruisseau. Se levant, il passa devant la fenêtre et se dirigea vers la porte. Un jour, il retournerait sur les rives du Wissahickon.

 

p 119

 

On essaie de se convaincre qu'on aurait pu faire mieux que ce qu'on fait, et de temps en temps, on a une idée brillante et on essaie de la mettre en pratique. Mais ça ne marche jamais. On ne peut pas descendre d'un manège qui ne s'arrête pas de tourner.

p 195

 

 

 

L'image de fond retouchée est de Eikoh Hosoe


 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 21:34

 

 

 

 

Totoche nous parle d'un temps qui n'a plus court.

A cette époque les gamins avaient encore des cartables

qu'ils portaient dans le dos et passaient leur jeudi

à construire des cabannes.

 

 

totoche-vacances.jpg

 

 

A cette époque les gosses mangeaient des portions

à quatre heures et demi, il n'y avait qu'une chaîne à la télé

et les malabars étaient vraiment ce qu'on faisait de mieux.

A cette époque les bandes n'étaient pas encore

un phénomène de société inquiétant on ne parlait pas

des banlieues mais de la banlieue avec ses grands ensembles.

 

 

Totoche-001.jpg

 

 

"L’enfance est une éternité de libellules éblouissantes

et brûlantes qui cliquettent à travers les arbres"

Sara Stridsberg

 

Totoche est un peu tout ça, un souvenir d'enfance

quelque chose qui vient de loin

et qui nous ramène toujours

vers cet état où le monde était

encore ouvert.

 

 

Le personnage de Totoche est né en 1959 sous le crayon du dessinateur Jean Tabary

Totoche est le sympathique chef d'une joyeuse bande de gamins de Paname

vivant sur les pentes de la colline de Belleville dans le 19e arrondissement de Paris.

Leur lieu de rendez-vous est une cabane située dans un terrain vague du quartier.

Les aventures de ce jeune "titi parisien" et de son équipe paraîtront dans les éditions "Vaillant" 

à partir du numéro 713 de  "Vaillant le journal le plus captivant" du 11 janvier 1959.

Les aventures de Totoche prendront fin au numéro 378 de "Pif Gadget", en mai 1976.

 

Tiré de Wikipédia

 

 

 

By ALKINOOS

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 20:52

 

Marx01

 

 

Thomas Coutrot, coprésident d’Attac

Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic

 

Le mois d’octobre a vu la crise de la zone euro s’aggraver considérablement et les agences de notations s’en donner à coeur joie : dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie, menace sur la Belgique, « mise sous surveillance » de la France qui est ainsi menacée de perdre son triple A. Tout a déjà été dit sur le rôle des agences de notation. Aveugles lors des crises financières qu’elles ont été incapables d’anticiper, donnant la note maximale à la banque Lehman Brothers à la veille de son effondrement, certifiant l’innocuité des produits financiers hautement toxiques, baignant en permanence dans le conflit d’intérêt, leurs déclarations devraient susciter l’hilarité générale. Pourtant, gouvernements et institutions européennes, tout en les dénonçant et en promettant de les mater, persistent à se prosterner devant elles. C’est que les agences de notations, aussi discréditées soient-elles, jouent un rôle indispensable au fonctionnement des marchés financiers. Le problème n’est pas de savoir si elles ont raison ou tort ou si leurs jugements sont basés sur une analyse objective de la situation. Il vient du comportement même des acteurs de la finance qui ont besoin d’une autorité extérieure pour orienter leurs décisions grégaires. Les agences de notation ne jouent pas le rôle de thermomètre, mais d’un virus qui fait monter la fièvre de la cupidité, laquelle pousse à la formation de bulles dans les moments d’euphorie boursière, et qui déchaîne une panique incontrôlée dans les moments de doute. Le problème, ce ne sont pas les agences de notation, mais les marchés financiers. Il est donc criminel d’avoir mis les dettes publiques dans leurs mains.

 

Car, il faut y insister, ce sont les gouvernements qui ont fait ce choix, ce sont eux qui ont permis aux marchés de développer leur capacité de nuisance. En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêt nuls ou très faibles. La Banque de France ne peut donc plus financer par de la création monétaire les déficits publics. Le gouvernement français est dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c’est-à-dire à des banques privées, et ce, aux taux d’intérêt de marché. Il s’agit d’un acte fondateur, et destructeur, car il inaugure la mainmise des marchés financiers sur les États. Cette disposition allait être intégralement reprise lors de la création de la Banque centrale européenne (BCE), puis dans tous les traités européens. On a donc abouti à une situation hallucinante. Les États ne peuvent pas être financés par la BCE ; mais celle-ci peut par contre refinancer les banques privées à de très faibles taux. Ces dernières prêtent ensuite aux États à des taux nettement supérieurs, voire carrément usuraires. L’Union européenne se place volontairement sous l’emprise des marchés financiers.

 

Cette emprise allait être d’autant plus grande qu’une contre-révolution fiscale s’est déployée depuis plus d’un quart de siècle. Son fil directeur a été de baisser par de multiples moyens les impôts payés par les ménages les plus riches et par les entreprises, en particulier les plus grandes. L’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif avec la diminution du nombre de tranches et les baisses successives du taux marginal supérieur. L’impôt sur les sociétés, véritable peau de chagrin, pèse trois fois plus lourd sur les PME que sur le CAC 40. Résultat imparable, l’État s’est appauvri : ses recettes représentaient 15,1 % du PIB en 2009 contre 22,5 % en 1982. On trouve là une des raisons de l’accroissement régulier de la dette publique avant même la crise financière. Car contrairement à une antienne dont on nous rebat les oreilles, ce n’est pas l’explosion des dépenses publiques qui a creusé les déficits. Avant la crise, elles avaient même tendance à baisser : 55 % du PIB en 1993, 52 % en 2007. La crise, dont il faut rappeler qu’elle trouve son origine dans les délires de la finance, a évidemment gonflé la dette. Baisse des recettes fiscales dues à la récession, plan de relance pour éviter la dépression, et enfin sauvetage des banques, se sont combinés pour arriver à ce résultat. Alors que faire maintenant pour empêcher les prophéties autoréalisatrices des marchés de se réaliser ? Tout d’abord, il faut acter que les plans d’austérité, au-delà même de leur caractère socialement inacceptable, sont inutiles. Et c’est tout le paradoxe de la situation. Les marchés veulent que les déficits publics soient réduits pour être sûrs que les États puissent payer la charge de la dette, mais ils s’inquiètent du fait que les mesures prises vitrifient l’activité économique. Face à ces injonctions contradictoires, il ne sert à rien de vouloir rassurer les marchés, puisque plus on les rassure, plus ils s’inquiètent. La seule solution est de sortir les États de leur emprise.

 

Il faut pour cela tout d’abord européaniser et monétiser les dettes publiques. La BCE et les banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contrôle démocratique, financer les États et les politiques publiques européennes. Concernant le stock de la dette existant, un audit citoyen doit pouvoir déterminer la part de la dette qui est illégitime, et donc doit être annulée, et celle qu’il faudra rembourser, la BCE pouvant dans ce cas la racheter. Les banques doivent être mises sous contrôle social afin qu’elles se tournent vers les financements de l’activité productive et la transformation écologique de la société. Enfin, il faut enfin une réforme fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manoeuvres à l’action publique. Ces orientations supposent de rompre avec tout ce qui a fait l’orthodoxie néolibérale de ces dernières décennies. Les mouvements sociaux qui commencent à secouer l’Europe devront l’imposer.

 

 

Tribune parue dans Libération Jeudi 3 Novembre 2011

Et sur le site d'Attac France

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 21:55

 

 

 

 

 

 

Adele joue les covergirl

et n'y réussit pas si mal


 

 

Adele06.jpg

 

 

Adele-voguue.jpg

 

 

La même chanson remixée parMoto Blanco

Le début est pas terrible, mais Adele est superbe

avec une voix bien mise en valeur.


Bon, who's Moto blanco ?

C'est l'Wiki qui le dit :

"Moto Blanco est un duo anglais de DJ composé de Danny Harrison et Arthur Smith. Ils sont aussi régulièrement rejoints par le producteur de disques britannique Jon Cohen."

 

 

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Et encore.
Pourquoi s'gêner comme dirait
not' président.
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Et un bonus track
pour la route.
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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 17:57

Taxe Robin des bois

 

 

 

Robin celui qu'on préfère c'est celui d'Errol...

 

 

robin-des-bois-errol-Flynn.jpg

 

 

bien plus classsss et dandy que celui de Russell

et pourtant Russell il est tellement charnel,

spirituel, fraternel, éternel, actuel, immortel,

instinctuel, naturel, opérationnel, pluridimentionnel,

sensuel, sensationnel, exceptionnel, passionnel,

tellement rebelle qu'on l'aime aussi.


 

robin-bois-robin-hood-ridley-scott-L-1.jpeg

 

 

 

Robin, c'est pas l'type qui

voulait prendre aux riches pour donner aux pauvres ?

ouais, c'est ça un type qui savait pas à l'époque

qu'il était un dangereux rêve aux lutionnaires.

 

Ah, les rêves, c'est un truc qu'il faut avoir assez grand

pour ne pas les perdre de vue pendant qu'on les poursuit,

comme disait Faulk (Sartoris p 100)

 

 

Taxe-Robin-des-bois02.gif

 

 

Avec tous les Robins des bois du monde,

Avec ou sans Errol et Russel,

rêvons d'un monde meilleur et plus juste...

 

link


 


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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 21:45

 

 

 

 

 

ouaih, y porte le nom d'une bagnole

made in ruskaïa

et le boy de la vidéo

pourrait bien être une fille.

Niva, c'est un scandi de Stockholm

qui produit une electro pop

agréable.

 

 

 

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 18:35

 

 

 

 

 

 

 

Cela le frappa de plein fouet, cette prise de conscience inévitable qu'il traversait la vie avec un billet de quatrième classe.

p 28

 

Il se sentit étouffer dans cette pièce, et cette impression n'avait rien à voir avec la fumée de tabac qui emplissait la chambre. Il fit un pas en avant et sortit.

très vite il traversa le vestibule et le salon. Il ouvrit la porte d'entrée, sortit sur le perron et vit l'autre femme de la maison. C'était la fille de Lola, Bella. Assise sur la marche la plus haute, elle avait senti sa présence et tourna lentement la tête vers lui. Elle le dévisagea. Il y avait dans son regard un mélange de mépris glacial et de désir ardent.

p 38

 

"Je vous attire vraiment dit-elle, pourquoi n'admettez-vous pas que je vous attire ?"

Il avait dans la gorge une étrange sensation. Il voulait la regarder, mais il avait peur de le faire.

p 50

 

C'était comme si la rue avait des poumons et que les seuls sons qu'elle puisse produire étaient ce grognement, ce soupir, acceptant avec lassitude sa place en quatrième classe dans le monde. Là-haut, très haut, il y avait un ciel merveilleux, de fabuleuses couleurs dans l'orbite du soleil, mais ça n'avait aucun sens de regarder là-haut et d'avoir de folles pensées, des espoirs et des rêves.

p 91

 

Et quel que soit l'endroit où les plus faibles se cachaient, ils ne parvenaient jamais à échapper à la lune de Vernon. Elle les tenait pris au piège. Elle les tenait pris dans leur destin.Tôt ou tard, ils seraient mutilés, démolis, écrasés. Ils apprendraient à la dure que Vernon Street n'était pas un lieu pour les corps délicats et les âmes timides. Ils étaient des proies, c'était tout, ils étaient voués à la panse de ce mangeur toujours affamé, le caniveau de Vernon.

p 188

 

 

 

 

 

La Lune dans le caniveau est aussi un film de Jean Jacques Beineix (1983) avec Gérard Depardieu, Mastassja Kinski, Victoria Abril, Gabriel Monnet, Dominique Pinon, Vittorio Mezzogiorno.

La musique est signée Gabriel Yared

 

 

Sur David Goodis link

 

La photographie qui sert de fond est de Eikoh Hosoe link



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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 17:59

 

Marx01

 

 

Le compositeur grec Mikis Theodorakis et Manolis Glezos , le héros de la résistance qui arracha en 1941le drapeau hitlérien qui flottait sur l’Acropole durant l’occupation nazie, dénoncent le fascisme financier qui menace et appellent les peuples d’Europe à s’unir pour en finir avec la domination des marchés. Voici un extrait de leur déclaration.

 

Une poignée de banques internationales, d’agences d’évaluation, de fonds d’investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos états et notre démocratie, utilisant l’arme de la dette pour mettre en esclavage la population européenne, mettant à la place des démocraties imparfaites que nous avons, la dictature de l’argent et des banques, le pouvoir de l’empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique est en dehors de l’Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l’empire.

 

Ils ont commencé par la Grèce, l’utilisant comme cobaye, pour se déplacer vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre. L’espoir de quelques pays européens d’échapper éventuellement prouve que les leaders européens font face à un nouveau « fascisme financier », ne faisant pas mieux quand ils étaient en face de la menace de Hitler dans l’entre-deux- guerres.

 

Ce n’est pas par accident qu’une grosse partie des media contrôlée par les banques s’attaque à la périphérie européenne, en traitant ces pays de « cochons » et aussi tournant leur campagne médiatique méprisante, sadique, raciste avec les media qu’ils possèdent, pas seulement contre les Grecs, mais aussi contre l’héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l’idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d’un capitalisme de destruction.

 

La tentative des media allemands d’humilier des symboles tels que l’Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d’Hitler, n’est rien d’autre que l’expression d’un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces media, pas tellement contre les Grecs, mais surtout contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.

 

Le monstre financier a produit quatre décades d’exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de « libéralisations du marché », une large dérégulation, l’abolition de toutes les barrières aux flux financiers et aux facilités, d’attaques constantes contre l’état, l’acquisition massive des partis et des media, l’appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street. Maintenant, ce monstre, un véritable « état derrière les états » se révèle vouloir la réalisation d’un « permanent coup d’état » (en français dans le texte) financier et politique, et cela pour plus de quatre décades.

 

En face de cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie semblent compromises après des décades d’entrisme par le capitalisme financier, dont les centres des plus importants sont non-européens.

 

D’autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises dans le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles à travers l’Europe. Il y a un urgent besoin d’une coordination d’action immédiate et d’une coordination transfrontalière par des intellectuels,des gens des arts et des lettres, de mouvements spontanés, de forces sociales et de personnalités qui comprennent l’importance des enjeux; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre « l’empire totalitaire de la mondialisation » qui est en marche, avant qu’il soit trop tard. L’Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau « New Deal » européen.

 

Nous devons stopper immédiatement l’attaque contre la Grèce et les autres pays de l’UE de la périphérie; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929. Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans l’Eurozone, particulièrement aux dépens des géants des banques privées. Les banques doivent être recontrôlées et le financement de l’économie européenne doit être sous contrôle social, nationale et européen. Il n’est pas possible de laisser les clés financières de l’Europe dans les mains de banques comme Goldman Sachs, JP Morgan, UBS, la Deutsche Bank, etc… Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.

 

L’architecture actuelle, basée sur le traité de Maastricht et les règles du WTO, a installé en Europe une machine à fabriquer la dette. Nous avons besoin d’un changement radical de tous les traités, la soumission de la BCE au contrôle politique par la population européenne, une « règle d’or » pour un minimum de niveau social, fiscal et environnemental en Europe.

 

Nous avons un urgent besoin d’un changement de modèle; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d’investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle du capital international et des flux de facilité, une nouvelle forme douce et raisonnable de protectionnisme dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans le combat pour une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.

 

Nous faisons appel aux forces et aux individus qui partagent ces idées à converger dans un large front d’action européen aussi tôt que possible, de produire un programme de transition européen, de coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, de renverser l’actuel équilibre des forces et de vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu’il ne soit trop tard pour l’Europe.

 

Mikis Thédorakis et Manolis Glezos Athènes, octobre 2011

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