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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:27

 

 

La poésie ne doit pas périr.

Car alors, où serait l'espoir du monde ?

Ethiopiques - postface

 

 

Nuit de Sine

 

Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques,
tes mains douces plus que fourrure.
Là-haut les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne
à peine. Pas même la chanson de nourrice.
Qu’il nous berce, le silence rythmé.
Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons
Battre le pouls profond de l’Afrique dans la brume des villages perdus.

Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale
Voici que s’assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux-mêmes
Dodelinent de la tête comme l’enfant sur le dos de sa mère
Voici que les pieds des danseurs s’alourdissent,
    que s’alourdit la langue des chœurs alternés.

C’est l’heure des étoiles et de la Nuit qui songe
S’accoude à cette colline de nuages, drapée dans son long pagne de lait.
Les toits des cases luisent tendrement.
Que disent-ils, si confidentiels, aux étoiles ?
Dedans, le foyer s’éteint dans l’intimité d’odeurs âcres et douces.

Femme, allume la lampe au beurre clair, que causent autour les Ancêtres
comme les parents, les enfants au lit.
Écoutons la voix des Anciens d’Elissa. Comme nous exilés
Ils n’ont pas voulu mourir, que se perdît par les sables leur torrent séminal.
Que j’écoute, dans la case enfumée que visite un reflet d’âmes propices
Ma tête sur ton sein chaud comme un dang au sortir du feu et fumant
Que je respire l’odeur de nos Morts, que je recueille et redise leur voix vivante,
que j’apprenne à vivre avant de descendre, au-delà du plongeur,
dans les hautes profondeurs du sommeil.

 

 

Ses paupières comme le crépuscule rapide et ses yeux vastes

qui s'emplissent de nuit.

Chant d'ombre

 

Mais voici l'intelligence de la déesse Lune et que tombe

les voiles des ténèbres.

Nuit d'Afrique ma nuit noire, mystique et claire noire

et brillante.

Chant d'ombre

 

Mais la lumière lentement s'étend sur les yeux de la nuit.

Ethiopiques

 

Je regretterai le pays natal et la pluie de tes yeux sur la soif

des savanes. [...]

Ces mains de nuit sur mes paupières. [...]

Nous boirons le lait de la lune. [...]

Je dormirai dans le silence de mes larmes.

Nocturnes

 

 

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:24

 

 

"vous savez que moi je ne puis vivre seul...

vous savez que j'ai toujours eu un besoin terrible

de vivre avec les gens."

Lettre à Desnos du 6 avril 1928

 

 

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:15

 

 

En fait, mes plus anciens souvenirs sont teintés
d'une peur des cauchemars. J'avais peur d'être
seul,
et peur du noir, et peur de m'endormir à
cause de rêves où une horreur surnaturelle semblait
toujours sur le point de prendre forme.
J'avais peur qu'un jour en me réveillant, le rêve
ne fût pas parti. Je me souviens avoir entendu
une bonne parler d'opium et dire qu'en fumer
donne de beaux rêves
et je me dis : je fumerai
de l'opium quand je serai grand.
Etant enfant, j'étais sujet aux hallucinations.

p 11

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 17:44

 

 

" L'homme, ce rêveur définitif"

in A. Breton et la naissance de l'aventure surréaliste p 338 Marguerite Bonnet

 

 

 

On sait, jusqu'à un certain point, ce que, mes amis et moi, nous
entendons par surréalisme. Ce mot, qui n'est pas de notre invention
et que nous aurions si bien pu abandonner au vocabulaire critique.
le plus. vague, est employé par nous dans un sens précis.
Par lui nous avons convenu de designer un certain automatisme
psychique qui correspond assez bien à l'état de rêve, état qu'il est
aujourd'hui fort difficile de délimiter."

Les Pas perdus p 149

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 15:50

 

 

L'homme a voulu rêver,

le rêve gouvernera l'homme.

p 72

 

 

N'ayant pas d'autres camarades que trois innocentes petite soeurs, dormant même toujours avec elles enfermé dans un beau et silencieux jardin, loin  de tous les spectacles de la pauvreté, de l'oppression et de l'injustice, je ne pouvais pas, dit-il, soupçonner la véritable complexion de ce monde.

p 204

 

Qu'est-ce que le cerveau humain, sinon un palimpseste immense et naturel ? Mon cerveau est un palimpseste et le vôtre aussi, lecteur. Des couches innombrables d'idées, d'images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau, aussi doucement que la lumière. Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente. Mais aucune en réalité n'a péri.

p 214

 

Le bon sens nous dit que les choses de la terre n'existent que-bien peu, et que la vraie réalité n'est ue dans les rêves. Pour digérer le bonheur naturel, comme l'artificiel, il faut d'abord avoir le courage de l'avaler; et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité telle que la conçoivent les mortels, a toujours fait l'effet d'un vomitif. [...[

la femme est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves. La femme est fatalement suggestive; elle vit d'une autre vie que la sienne propre; elle vit spirituellement dans les imaginations qu'elle hante et qu'elle féconde.

p 59

 

Mais les profondes tragédies de l'enfance [... [ vivent toujours cachées, sous les autres légendes du palimpseste. La passion et la maladie n'ont pas de chimie assez puissante pour brûler ces immortelles empreintes. 

p 217

 

La faculté de rêverie est une faculté divine et mystérieuse; car c'est par le rêve que l'homme communique avec le monde ténébreux dont il est environné. Mais cette faculté a besoin de solitude pour se développer librement; [...[

C'est dans les notes relatives à l'enfance que nous trouverons le germe des étranges rêveries de l'homme adulte, et, disons mieux, de son génie.

p 202

 

Enfin, pour m'exprimer d'une manière plus concise, ne serait-il pas facile de prouver, par une comparaison philosophique entre les ouvrages .d'un artiste mûr et l'état de son âme quand il était enfant, que le génie n'est que l'enfance nettement formulée, douée maintenant, pour s'exprimer d'organes virils et puissants ?

p 203

 

terreur et pressentiment mêlés, c'était l'effet produit par cette affreuse vérité, pour la première fois révélée que ce monde est un monde de malheur, de lutte et de proscription.

p 206

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1816  Thomas De Quincey (1785-1859) s'installe à Edimbourg où Il devient totalement dépendant de l'opium, ce qui lui inspirera "Les confessions d'un mangeur d'opium anglais" en 1822. Cet ouvrage sera commenté par Baudelaire et lui permettra de décrire les répercussions physiques et mentales de la prise d'opium dans "Les paradis artificiels".

 

 

 

 

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 18:14

 

 

" Ce que je cherche dans la photo,

c'est l'anarchie : dans le contexte

d'une société conservatrice,

mes photographies sont agressives.

Une vie intense, de passion - une 

passion saine pour la vie - c'est cela

dont elles parlent."

 

Gérard Petrus FIERET
Gérard Petrus FIERET
Gérard Petrus FIERET
Gérard Petrus FIERET
Gérard Petrus FIERET
Gérard Petrus FIERET
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 19:38
Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle au-dessus de Saint Jean Pied-de-Port et de Roncesvalles
Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle au-dessus de Saint Jean Pied-de-Port et de Roncesvalles
Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle au-dessus de Saint Jean Pied-de-Port et de Roncesvalles
Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle au-dessus de Saint Jean Pied-de-Port et de Roncesvalles
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 19:07

 

 

Les Stones seront éternels,

ils rouleront toujours...

Et nous avec...

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:07
John Trudell

John Trudell

 

Les mots sont aussi des symboles d'un grand pouvoir, surtout les noms de personnes. 

 

 Chaque nom indien repose sur une histoire, une vision, une quête de rêves. Un nom doit etre à la source de grands bienfaits; mettre l'homme au contact de la nature et de la vie animale. On doit exister sous l'empire de son nom.

p 127


Outre le nom sous lequel nous sommes connus, nous les Sioux portion aussi un autre nom, un nom secret, jamais prononcé à voix haute. C'était notre nom dit de des in propice et de longue vie.

A l'homme blanc, les symboles sont tout juste quelque chose d'agréable, qui permet de se laisser aller à des spéculations, à un jeu de l'esprit. Pour nous, ils sont plus que cela, beaucoup plus. Il s'agit pour nous de vivre les symboles. Vous me voyez répandre un peu de terre rouge sur le plancher.

p 128

 

Vous les Blancs, votre présence nous rend difficile la véritable approche de la nature qui consiste à devenir partie d'elle.

p 130


C'est là que vous êtes les dindons de la farce. Vous n'avez pas seulement défiguré et châtré nos cousins qui ont des ailes et nos cousins à quatre pattes; vous vous en faites tout autant. Vous avez transformé les hommes en pédégés, en employés de bureau, en pauvres diables qui pointent à heure fixe. Vous avez transformé les femmes en ménagères, autrement dit en mégères vraiment abominables.
J'ai été invité une fois chez l'une d'elles. « Fais attention à ta cendre. Arrête-toi de fumer. Tu taches les rideaux. Gare au bocal du poisson rouge. N'appuie pas ta tête sur le papier peint, tu as les cheveux gras. Ne renverse pas d'alcool sur cette table, elle a coûté cher. Tu aurais dû t'essuyer les pieds sur le paillasson, je viens juste de cirer le parquet. Ne souffle pas sur la perruche. Gare ... Fais attention ... » C'est de la folie douce. Nous ne sommes pas faits pour endurer ça. Vous vivez dans des prisons que vous avez construites vous-mêmes, que vous appelez le chezsoi, le bureau, l'usine. A la réserve, nous avons une nouvelle plaisanterie : « Qu'est-ce que la frustration culturelle ? C'est "d'être un grand dadais blanc de la bonne bourgeoisie vivant dans une maison de banlieue résidentielle avec la télé en couleur. »

p 132

 

Je crois que les Blancs ont tellement peur du monde qu'ils ont créé qu'ils ne veulent pas le voir, pas l'éprouver dans leurs sens, pas en connaître l'odeur, ni en entendre parler.

p 133

 

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 14:55
Mais que cache le Burkini ?

« Le ressentiment surgit quand un groupe marginal socialement inférieur, méprisé et stigmatisé, est sur le point d'exiger l'égalité non seulement légale, mais aussi sociale, quand ses membres commencent à occuper dans la société des positions qui leur étaient autrefois inaccessibles, c'est-à-dire quand ils commencent à entrer directement en concurrence avec les membres de la majorité en tant qu'individus socialement égaux. (...) On tolère un groupe marginal méprisé, stigmatisé et relativement impuissant tant que ses membres se contentent du rang inférieur. » ou se contentent d'être invisibles.

Norbert Elias in "Norbert Elias par lui-même" Cité par Thierry Leclère dans l'article "La fabication d'un tabou ou le piège d'un rascisme anti-Blancs"

 

Le voile et le burkini, son excroissance estivale, ne sont-ils à ce point insuportables que parce qu'ils rendent visible ceux que l'on ne veut pas voir ?

 

"Si la présence de populations musulmanes en Europe et en Amérique du Nord est ancienne, sa visibilité dans l’espace public semble désormais constituer un enjeu politique majeur pour les sociétés occidentales. "

Houda Asal "Islamophobie : la fabrique d’un nouveau concept. État des lieux de la recherche" 

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