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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 16:17

 

 

 

Ethel savait qu'il retournait en arrière, loin vers l'île

de son enfance, vers le domaine merveilleux d'Alma

où tout semblait éternel. Ni elle ni Justine n'avaient pu

accéder à ce rêve. C'était peut-être cela le secret du

trésor de Klondike, un endroit où personne d'autre ne

pouvait entrer.

p 124

 

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 16:05
Virginia Woolf 1882 - 1941

Nous demandons beaucoup à la vie, n'est-ce pas ?

Peut-être l'obtiendrons-nous ;

alors, comme ce sera beau !

 

Lettre à Leonard Woolf 1 mai 1912

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 20:23
La chasse au lézard - William Boyd

Nous possédons tous, qu'on le veuille ou pas, les gens que
nous connaissons, et nous sommes en retour possédés par
eux. Nous forgeons et possédons tous dans notre esprit une
image des autres qui est inviolable et intime. C'est à nos
risques et périls que nous rendons publiques ces images
intimes. La révélation est un mouvement audacieux qui doit
être longuement réfléchi. Malheureusement, cette impulsion
se produit au moment où nous sommes le moins capables de
la contrôler, quand nous sommes distraits par l'amour - ou
la haine ...
Mais nous pouvons posséder les autres sans qu'ils en soient
jamais véritablement conscients.

p 136

 

 

La chasse au lézard
Du soin et de l'attention à donner aux piscines
La fille à la chauve-souris
T'inquiète, Jayette
Situations bizarres
Presque jamais
Le prochain bateau
Cadeaux
Alpes-Maritimes
Ma petite amie aux jeans étroits
Histoire vache
Sur la base yankee
L'amour fait mal
Extraits du journal de l'aviateur J
Le coup
La nuit transfigurée

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 21:04

 

 

 

 

PJ Harvey "Silence"

 

 

Nous voulons des livres, des films qui agissent sur nous

comme des corps, mille fois mieux que des corps, comme des corps vivants

qui nous font souffrir, des films qui soient comme la perte de quelqu'un

qui serait plus que nous-mêmes  

 

 

un article sur le livre : link

ici aussi : link

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 20:10

 

 

 

 

 

PJ Harvey "On Battleship Hill"

 

 

Du grand soleil de midi qui flamboie sur les mers et les îles du Pacifique
à la nuit qui s'étend sur les terres jaunes et les grands fleuves de Chine,
ainsi se déroule l'œuvre de Segalen. Non pas dans un sens linéaire.
J'ai longtemps pensé qu'on pouvait établir comme des étapes
dans ce long cheminement spirituel du poète : il serait passé du stade sensuel
au stade esthétique et pour finir au stade « mystique ».
Au fond, c'était par trop schématique. Toutes ces étapes se confondent.
C'est simultanément qu'il se sent attiré par la sensualité la plus physique
et appelé à décrire combien le monde est beau.
Mais la beauté du monde ne doit pas faire illusion,
ou plutôt l'illusion fait partie de la beauté du monde.
C'est dire que derrière l'illusion réside une réalité suprême
ou des secrets décisifs qu'il faut savoir conquérir. »

H. BOUILLIER, Victor Segalen, Mercure de France,

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:09

 

 

 

 

M83 - StarWaves" - Oblivion

 

 

Parce que tous les péchés du monde ne sont

en réalité que des inachèvements, que des

incomplétudes, toute la souffrance du monde

est en réalité une expiation.

 

p 111 - in "Le boxeur manchot"

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 21:10

 

 

Bogan Via - Kanye (Geographer Remix) by Common Wall Media

 

 

 

Arrivait l'année mille neuf cent soixante-
neuf, plus dure et plus longue que l'année
d'avant-goût soixante-huit. Des jeunes com-
mençaient à penser à eux-mêmes d'après les
biographies de révolutionnaires du début du
vingtième siècle. Nous étions nombreux à
apprendre le pleur artificiel des lacrymogènes,
les bagarres des charges, les coups et le drôle
de transport dans des cages à poules, les four-
gons cellulaires. Qui étais-je, que pouvais-je
dire de moi: rien. Je n'étais de rien et d'aucun
lieu. J'étais un parmi tant, qui parfois n'étaient
pas bien nombreux à compter dans une cour
de commissariat, au milieu des représailles
endurcies d'hommes en uniforme. J'étais un,
même moins qu'un. Pourtant j'aimais. J'aimais
la fille aux cheveux plats, prise de profil sur
une photographie de printemps aux forums
romains, une de nos promenades. J'aimais la
fille qui m'avait accueilli dans ses larges épaules,
comme le fait une tempête avec un bateau.

p 65

 

Dans la fureur des deuils, j'oubliai la jeune
fille qui m'avait tenu debout dans son man-
teau et qui s'était détachée de moi pour
devenir une femme. Rome était pleine de
guerre. Ceux qui disent qu'elle était inventée
l'ont au contraire désertée. Il n'était pas obli-
gatoire de se battre, mais il y avait de quoi.
Cette génération des si nombreux ne cher-
chait pas à recruter, elle se suffisait. Elle
n'aspirait pas à des majorités, elle déplaçait sa
charge par à-coups de minorités. Elle ne me
manque pas, car elle n'est jamais sortie de mes
pensées. Pas plus que ne me manque cette
heure de résurrection sous le corps de la fille
aimée. Moi, je l'ai eue cette heure illimitée.
Moi,je l'ai eue.

70

 

. Le quartier s'est mis à la fenêtre, a bombardé la
charge, l'a réexpédiée en bas. Les gens descen-
dent de chez eux, ceux des nôtres qui avaient
pris position plus en arrière reviennent vers la
barricade, de grandes couvertures à brûler sur-
gissent, un vieil homme en pousse une enflam-
mée dans la descente par où se sont enfuies les
troupes de l'ordre public. Et moi il me semble
que l'ordre public est celui de l'insurrection
inattendue de gens qui ne nous connaissent
pas, qui ne savent pas pourquoi nous leur
apportons la guerre chez eux, mais qui décident
au vol et à la majorité que nous avons raison et
que les troupes ont tort. Ces gens-Ià font leur
ordre public en se mettant avec la fleur de la
jeunesse eten faisant son bonheur. Car le bon-
heur pour nous a été un quartier insurgé à
l'improviste à nos côtés et tout autour.
Nous appelions ces choses-là du communisme,

mais nous cherchions à deviner, c'était
surtout un bonheur, âpre et enfumé.

p 85

 

Il avait des arguments et une droiture de
manières, on pouvait parler, explorer longue-
ment.Je ne connaissais pas encore d'hommes
comme ça. C'est justement ce qui me découra-
geait : lui était pour moi une nouveauté, pri-
meur de personnes consacrées comme sou-
tien, moi j'étais pour lui un parmi une dou-
zaine d'entêtés, un cas dans son répertoire. Il
savait cacher la disproportion et se montrer
mon égal. Égal en âge sûrement, nous étions
du même âge, mais lui où était-il pendant que
l'Italie était un quartier en flammes, que les
prisons débordaient d'insurgés, que les rues
crépitaient de paroles chauffées à blanc? Où
était-il s'il n'était pas dans ces carrefours en
train de jouer en quatre secondes à pile ou face
le futur tout entier? Que pouvait me demander
un homme qui n'avait pas été là ? Avec le
reste de latin conservé à contrecœur, je répon-
dais : domine non sum dignus, je ne suis
même pas digne de t'appeler domine, avec la
désinence du vocatif. Lui insistait: «Libère-
moi des sangs », même David le demande à Dieu.

p 92

 

Je descendais des avenues du Nord emmi-
tonnées de brouillard pour rester un dimanche
face au môle, aux voiles, aux proues des
bateaux qui conduisent aux îles. Je regardais
le bien connu que j'avais oublié. Luca, mon
jeune cousin, m'invite ce soir-là dans une piz-
zeria de Fuorigrotta et ainsi je la vois, elle, la
fille à se frotter les yeux. Et je m'assieds, je
parle et bois avec elle comme une chose éta-
blie depuis bien longtemps et ces minutes-là
remplacent des années. Je l'accompagne chez
elle et l'écheveau de ses cheveux ne se retire
plus de mes mains, elle ne se détache pas et
pourtant je dois partir, remonter. Alors com-
mencent les lettres et les trains aller-retour de
Turin, de Naples, de nuit, une vitre de fenêtre
pour oreiller, toute ma paie aux billetteries, il
en restait pour un soir, un cinéma, un prétexte.
p 134

 

Maintenant que c'est de la vie passée, je
récite l'acte de contrition: je me repens et je
regrette,je regrette et je me repens de lui avoir
présenté la note. L'arrogance d'être dans mon
droit gonflait la veine de mon front. j'avançais
ma réclamation éraillée et plus elle était sacro-
sainte, plus elle était ridicule: je lui deman-
dais des comptes, on ne doit jamais le faire
entre ceux qui sont en amour. Il n'existe ni
trahi ni traître, ni juste ni impie, l'amour
existe tant qu'il dure et la ville tant qu'elle ne
s'écroule pas. Puis il existe les bagages et on
redevien t réfugiés, sans l'excuse de la malédic-
tion d'une guerre, sans un malheur à partager
avec d'autres. De cette addition, tout a été
déjà payé et le solde était qu'il fallait se lever
de la chaise, de la chambre et de la ville.

p 140

 

Nous nous aidions: celui qui était de repos
faisait les courses pour les autres, cuisinait, net-
toyait le logement. En rentrant du travail on fai-
sait doucement pour ne pas déranger le som-
meil de ceux qui se reposaient. Ils souffraient
de dure nostalgie ces Napolitains transférés
dans un faubourg de Catane, ouvriers sur la
rampe de chargement des avions. C'était une
rage de dents de leur âme, il rendait doulou-
reux leurs visages, leurs sourires. j'avais de la
chance, sans femme ni enfants nulle part, je
n'avais aucun lieu vers lequel me tourner, je
vivais sans leur torticolis. Les nostalgies sont des
malarias qui ont besoin de l'humide des yeux.
Les miens étaient secs comme un appât de
calmar. Ceux qui ont quelqu'un d'autre
ailleurs ont inventé les ponts. C'est une cons-
truction qui ne me serait pas venue à l'esprit.

p 158

 

Le-contraire-de-un.png


une page sur ce livre : link

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:38

 

 

 

Inna Modja

 

 

Un vers de Joseph Brodsky, poète russe du vingtième siècle,

décoré du fameux prix Nobel, un vers parmi les quatre ou cinq

des siens que je garde en mémoire, déclare ; "Ma chère, la vie

sans nous est une chose pensable." Non pas dit dans le sens

de démissionner à l'avance, mais dans le sens de donner du

poids aux jours. La vie se passera sereinement de nous, nous

ne sommes pas indispensables, individus ou espèce tout

entière, à cette merveilleuse machine du monde. Nous sommes

un fruit gratuit, don, ajout, richesse et gaspillage, luxe et misère

de la création. Toute vie l'est. Nous sommes sur l'écorce du sol

comme un crachat dans une main et, dans la durée moyenne

qui nous est assignée à chacun, nous avons le temps

d'assister au renouveau d'une bonne partie des linéaments

du monde, fracassés, épuisés et refaits.

p 111

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 21:25

 

 

 

 

 

 

Les commentaires. Cet anonymat crapuleux, litanie d'insultes obstinées,

délivrées par des incompétents. Dès qu'il les avait découverts, il avait

compris qu'il pénétrait le dixième cercle de l'enfer. Petits discours

parallèles, sourds les uns aux autres, tous mis sur le même plan,

lapidaires, hostiles jusqu'à l'écoeurement. La médiocrité avait une voix.

Les commentaires de la toile.

p 45

 

La vie passe, une série de capitulations.

p 100

 

 

Le portable est devenu une prothèse indissociable

des enfants.

p 109

 

C'est un monde, il est comme ça. Je l'ai pas inventé.

Y a pas de dignité, y a pas de douceur. Tous ceux qui

sont droits, ou qui ont de l'honneur, ou qui sont doux,

tous ceux-là ont été exterminés. Ca fait un moment

que c'est en route. Y reste que des gens comme moi.

La racaille. Les gens comme toi, je sais pas quoi te dire...

vous pouvez pas vous en tirer.

p 141

 

Il n'y a que les Français les plus menteurs pour imaginer

que c'est encore possible de s'entendre. Ceux qui ne voient

jamais de rats. Là où ils vivent, comme ils vivent. Il n'y a pas

d'entente possible. Il n'y aura pas de pardon. il n'y aura pas

de discussion. ceux qui ne les aiment pas ont raison. Le jour

où Yacine aura quelque chose à leur dire, il aura son couteau

sur lui. Pour le moment, c'est la guerre froide.

p 151

 

On reproche bien des choses aux journaux féminins

et à l'industrie cosmétique, mais on pointe rarement

du doigt le vrai ravage dont ils sont responsables :

faire croire à une nation de boudins qu'elles peuvent,

en faisant quelques efforts, avoir l'air d'autre chose

que de ce qu'elles sont. Or, rien n'est plus pitoyable

qu'une femme mal faite dans une robe voyante,

ou une grosse qui essaie de mettre ses atouts

en valeur.

p 192

 

Les Français ont besoin de voir des pauvres qui ne les insultent

pas. ils savent que s'ils montent dans un bus blindé pour

s'extasier sur les conditions de vie des pauvres dans

leurs banlieues, ils vont se faire brûler le bus. Ca les met

dans la détresse ; toute cette pauvreté sur laquelle ils

pourraient s'attendrir, lâcher une petite pièce et donner

leurs vieilles fringues. Mais ces pauvres là sont méchants.

Ca complique les choses, pour la charité chrétienne.

p 196

 

Les gens qui ne comprennent pas que les filles restent

avec un mec qui les bat ne connaissent rien aux femmes.

p 203

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 14:28

 

 

 

 

Maissiat

 

 

"J'ai tendance à soutenir le perdant (...)

je fonctionne aux sentiments et

mes sentiments vont aux estropiès,

aux totutés, aux damnés, aux égarés

non par compassion mais par fraternité

parce que je suis l'un des leurs."

 

 


 

Bukowski-Charles.jpg

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