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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 15:33

 

 

" les artistes [...] s'obligent à comprendre

au lieu de juger"

 

"l'écrivain ne peut se mettre au service de ceux qui font l'histoire,

il est au service de ceux qui la subissent"

 

"Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde.

La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas.

Mais sa tâche est peut-être plus grande.

Elle consiste à empêcher que le monde se défasse."

 

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:17
Daphné Du Maurier

Portrait réalisé par Cécil Beaton en 1926, Daphné a 19 ans.

 

« L’essence de l’image est d’être toute dehors, sans intimité, et cependant plus inaccessible et mystérieuse que la pensée du for intérieur ; sans signification, mais appelant la profondeur de tout sens possible ; irrévélée et pourtant manifeste, ayant cette présence-absence qui fait l’attrait et la fascination des Sirènes"

Blanchot


Poétique n°47 septembre 1981 Jacques Derrida « Les morts de Roland Barthes »
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 21:19

 

 

 

 

 

alain_fournier.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Souvent, plus tard, lorsqu'il s'endormait après avoir désespérément essayé de se rappeler le beau visage effacé, il voyait en rêve passer des rangées de jeunes femmes qui ressemblaient à celles-ci. L'une avait un chapeau comme elle et l'autre son air un peu penché ; l'autre son regard si pur; l'autre encore sa taille fine, et l'autre avait aussi ses yeux bleus; mais aucune de ces femmes n'était jamais la grande jeune fille."

p 80

 

 

Un site très complet : link

D'autres sites : link

Sur le film : link

 

 

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 17:28

 

Je relevai la tête, observai les nuages sombres qui flottaient dans le ciel au-dessus de la mer du Nord, et songeai à toutes ces choses que j'avais perdues jusqu'alors au cours de ma vie. Les heures envolées, les personnes mortes ou disparues, les pensées qui ne reviendraient plus.

p 8

 

Car je suis le type même de l'homme incapable de comprendre les choses tant qu'il n'a pas essayé de les mettre en mots.

p 11

 

Je voudrais que tu te souviennes de moi. Je voudrais que tu n'oublies jamais que j'ai existé et que je me suis trouvée ainsi à tes côtés.

p 17

 

j'ai déjà oublié pas mal de choses. Alors que j'écris ces lignes en essayant de me remémorer les faits, il m'arrive parfois d'être pris de panique. C'est parce que je réalise soudain que c'est peut-être le plus important que j'ai oublié. Je me demande s'il n'y a pas à l'intérieur de mon corps un endroit sombre, une contrée lointaine où mes souvenirs les plus importants s'entassent pour donner de la vase.

p 17

 

Quand lit la même chose que tout le monde, on ne peut que penser comme tout le monde.

p 52

 

en même temps, Je ne pouvais pas m'empêcher de regretter ce qu'elle avait perdu. Plus jamais ne reviendrait cette splendeur frondeuse, si particulière aux adolescente lorsqu'elle sont à la veille de voler de leurs propres ailes.

p 174

 

C'était  quelque chose comme l'aspiration de la jeunesse, qui n'était et ne serait sans doute jamais comblée. Il y avait bien longtemps que j'avais laissé de côté cette aspiration pure et innocente, et j'avais même oublié qu'elle avait autrefois existé en moi. Hatsumi avait réveillé cette «partie de moi-même» qui avait sommeillé au fond de moi tout ce temps. En découvrant cela, je fus pris d'une tristesse telle que je faillis pleurer. Elle afait été une fille vraiment spéciale. Quelqu'un aurait dû la secourir.

p 326

 

Ce que je veux dire, c'est ceci :je vais vingt ans, et ce que nous avions en commun quand il en avait seize et moi dix-sept a déjà disparu. Et l'on peut toujours crier, cela ne reviendra pas.

p 336

 

La mort de Naoko m'apprenait autre chose. Quelle que soit notre vérité, la tristesse d'avoir perdu Qelqu'un qu'on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force de la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d'aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra.

p 417

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 16:32

 

On rapporte que l'auteur dramatique O'Neill disait que tout n'était que Rêves de Fumeur de pipe.

p 23

 

Qu'est-ce que la vie, sinon le souvenir de culs et de cons que l'on a pénétrés ?

p 26

 

C'est que je pensai (ou imaginai) avoir la capacité d'exciter avec des mots, bons ou mauvais, que j'étais vraiment condamné à écrire des choses que l'on pourrait mépriser, que l'on méprise très probablement, en raison de leur contenu viscéral (organique).

p 101

 

Le langage de l'amour est souvent brutal.

p 109

 

Parmi les choses que comprend l'amour, aussi illimitée que la vie et peut être la mort, figure la destruction de soi et peut-être aussi l'objet de l'amour !

p 147

 

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 19:28

 

 

 

Le volume de sa voix calme montait en moi, elle criait, je me tournai vers la jetée vide. Je m'arrêtai pour la regarder. Une robe blanche, une pâquerette à l'oreille, une odeur différente de celle des amandes,je la fixai, le regard bloqué sur elle. Ce fut ma première perception évidente de la beauté féminine. Elle n'est pas sur les couvertures des magazines, sur les podiums, sur les écrans, elle est au contraire soudain tout près. Elle fait tressaillir et elle vide. Je restai comme ça.

p 91

 

 

Ceux qui ont eu des enfants ont vu le temps grandir sur eux. Moi, j'ai pu le suivre sur les arbres plantés, sur l'ombre des feuillages qui s'élargit par terre. Je n'ai pas compensé par la naissance de fils la perte de mes deux parents morts dans mes bras, en lorgnant à la dérobée leur prolongement sur les nouveaux enfants.
Les vies de mes deux parents sont dans la prison des absents et aucun jour ne passe sans que j'attende dehors. Je posais des questions sur la guerre pour mesurer la distance entre cette époque et la mienne, mais il n'y avait pas de mesure. J'ai grandi avec la lumière électrique, je ne sais rien du temps où un enfant de Naples allait recueillir la cire coulée des cierges à l'église, pour la revendre. Il existe des distances qui peuvent se dire mais pas se compter.

p 122

 

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 21:33

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 07:52

 

 

La nuit a effacé le monde pour que ça recommence et qu'on découvre cette page sur laquelle tout peut s'écrire à nouveau.

p 53

 

Certes, il est moins facile de recevoir que de donner.

p 172

 

Un monde qui ne sait plus réparer ses fautes, on ne sait pas comment l'aider à redevenir juste. Même ceux qui sont allés dans les montagnes pour y laisser leurs os, et qui ont dû rentrer. Vivre aujourd'hui, c'est ça.
Main dans la main, nous prenons, Khelil et moi, la direction de la maison. Bientôt, je nous sens escortés par des fantômes. Ce sentiment, je le connais, et aussi cette proximité physique dont les esprits, mieux parfois que des êtres de chair, font preuve quand ils se mettent en tête de nous entourer de leur présence, s'agit-il d'un petit soldat venu à moi avec une cigarette, il y a déjà plus de trente ans et, qu'il vive encore, et vive ailleurs, rien ne l'empêche d'être toujours ici; s'agit-il de frères tombés, et sachant pourquoi ils sont tombés, là-bas, dans le maquis1, ou leur tenant compagnie; ou d'une Adra ; d'une Yamna2; ils ne nous abandonnent pas, même sous un soleil sans mesure d'arrière-saison comme celui-ci. Et s'il me semble par moments qu'ils le font, qu'ils nous délaissent, cela ne saurait être qu'oubli de ma part, sommeil des sens. Ils ne nous quittent jamais. Je peux les entendre rire dans mon dos quelquefois, et quelquefois pleurer.

p 180 - 181

 

1 : La guerre d'Algérie

2 : La fille du narrateur, mère de Khelil, décédée et la femme du narrateur décédée elle aussi.

 

Et puis la très belle nouvelle éponyme qui aborde de façon voilée, le thème de l'amour entre un frère Nédim et une soeur Beyhana

 

Comment peut-on ne pas l'aimer ? Nédim cherchait à savoir. Ça l'avait, d'un coup, empoigné à la gorge et il eût fallu que la parole vînt à son aide. Mais il n'y avait pas de paroles pour cela. Il garderait ce mal pour lui

p 71

 

Nédim : Un pas, puis un pas, cette marche me reconduira vers moi-même; je finirai par me rencontrer ; par rencontrer la bête qui se nourrit de moi ; bête amoureuse, elle m'a déjà rongé les yeux, rongé le cerveau, rongé le cœur ; je finirai, investi par elle ; elle se prendra pour moi et tous deux nous finirons sous une neige noire qui nous couvrira, avant de tout rendre à l'innocence blanche. Je vois ... Non, je ne vois rien.

p 100

 

 

 

 

 

 

 

La nuit sauvage - Mohammed Dib
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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 19:49

 

 

Nous sommes de la même étoffe que les songes,

et notre vie infime est cernée de sommeil.

 

Acte IV - La tempête - Shakespeare

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 16:55

 

J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.

Tout menace de ruine un jeune homme: l'amour, les  idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes  personnes. TI est dur à apprendre sa partie dans le monde.

A quoi ressemblait notre monde? TI avait l'air du  chaos que les Grecs mettaient à l'origine de l'univers  dans les nuées de la fabrication. Seulement on croyait y  voir le commencement de la fin, de la vraie fin, et non  de celle qui est le commencement d'un commencement.
Devant des transformations épuisantes dont un nombre infime de témoins s'efforçait de découvrir la clef,  on pouvait simplement apercevoir que la confusion conduisait à la belle mort de ce qui existait. Tout ressemblait au désordre qui conclut les maladies: avant la  mort qui se charge de rendre tous les corps invisibles,  l'unité de la chair se dissipe, chaque partie dans cette  multiplication tire dans son sens. Cela finit par la pourriture qui ne comporte pas de résurrection.

Très peu d'hommes se sentaient alors assez clairvoyants pour débrouiller les forces déjà à l'œuvre derrière les grands débris pourrissants.

P 55

 

Que contenait encore le nom du voyage ?

Qu’y avait-il dans cette boîte de Pandore ?

P 71

 

J’attends parmi eux (les voyageurs), nous sommes des émigrants.

P 75

 

… car il paraît que les voyages sont un inventaire, …

P 80

 

Les vrais voyageurs et les vrais évadés sont les témoins dérisoires d’une impuissance humaine.

P 85

 

Le voyage est une suite de disparitions irréparables.

P 133

 

… il n’y a qu’une espèce valide de voyage qui est le retour vers les hommes.

P 134

 

Tout le prix du voyage est dans le dernier jour.

P 134

 

Il ne reste plus des voyages que de grands désordres d’images.

P 157

 

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