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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 07:52

 

 

La nuit a effacé le monde pour que ça recommence et qu'on découvre cette page sur laquelle tout peut s'écrire à nouveau.

p 53

 

Certes, il est moins facile de recevoir que de donner.

p 172

 

Un monde qui ne sait plus réparer ses fautes, on ne sait pas comment l'aider à redevenir juste. Même ceux qui sont allés dans les montagnes pour y laisser leurs os, et qui ont dû rentrer. Vivre aujourd'hui, c'est ça.
Main dans la main, nous prenons, Khelil et moi, la direction de la maison. Bientôt, je nous sens escortés par des fantômes. Ce sentiment, je le connais, et aussi cette proximité physique dont les esprits, mieux parfois que des êtres de chair, font preuve quand ils se mettent en tête de nous entourer de leur présence, s'agit-il d'un petit soldat venu à moi avec une cigarette, il y a déjà plus de trente ans et, qu'il vive encore, et vive ailleurs, rien ne l'empêche d'être toujours ici; s'agit-il de frères tombés, et sachant pourquoi ils sont tombés, là-bas, dans le maquis1, ou leur tenant compagnie; ou d'une Adra ; d'une Yamna2; ils ne nous abandonnent pas, même sous un soleil sans mesure d'arrière-saison comme celui-ci. Et s'il me semble par moments qu'ils le font, qu'ils nous délaissent, cela ne saurait être qu'oubli de ma part, sommeil des sens. Ils ne nous quittent jamais. Je peux les entendre rire dans mon dos quelquefois, et quelquefois pleurer.

p 180 - 181

 

1 : La guerre d'Algérie

2 : La fille du narrateur, mère de Khelil, décédée et la femme du narrateur décédée elle aussi.

 

Et puis la très belle nouvelle éponyme qui aborde de façon voilée, le thème de l'amour entre un frère Nédim et une soeur Beyhana

 

Comment peut-on ne pas l'aimer ? Nédim cherchait à savoir. Ça l'avait, d'un coup, empoigné à la gorge et il eût fallu que la parole vînt à son aide. Mais il n'y avait pas de paroles pour cela. Il garderait ce mal pour lui

p 71

 

Nédim : Un pas, puis un pas, cette marche me reconduira vers moi-même; je finirai par me rencontrer ; par rencontrer la bête qui se nourrit de moi ; bête amoureuse, elle m'a déjà rongé les yeux, rongé le cerveau, rongé le cœur ; je finirai, investi par elle ; elle se prendra pour moi et tous deux nous finirons sous une neige noire qui nous couvrira, avant de tout rendre à l'innocence blanche. Je vois ... Non, je ne vois rien.

p 100

 

 

 

 

 

 

 

La nuit sauvage - Mohammed Dib
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