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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 20:07


Voilà un nom qui claque comme une déchirure

En 1811 le 21 novembre, Kleist tire un coup de pistolet sur Henriette Vogel
qu'il a rencontrée à l'automne, puis il se tue.

"Nous anéantissons ce que nous aimons.
...
L'angoisse d'un homme devant le déchaînement de la folie en lui-même...
La douleur causée par une blessure palpitante inguérissable : il n'est pas aimé comme il a besoin d'être aimé, il ne peut pas aimer.
Un homme passionné et absolu, fragile et vulnérable, courageux et impuissant, faillible et ayant besoin de secours, cri incarné, quête d'une possibilité réelle d'existence vivable"

Extrait lacunaire tiré d'un texte paru dans la revue Europe n° 686-687 juin-juillet 1986 de Christa Wolf





Le prince de Hombourg




Il était un prince en Avignon
Sans royaume, sans château, ni donjon
Là-bas tout au fond de la province
Il était un prince


Et l'enfant que j'étais
Cueillant pour lui bien des roses
En ce temps le bonheur était peu de chose


Il était un prince en Avignon
Sans royaume, sans château, ni donjon
Mais ses mots nous chantaient les campagnes
Des grands rois d'Espagne


Quand le soir descendait

On devenait spectateurs
Et la ville avec lui n'était plus qu'un coeur


Il nous emportait dans son empire
Nous attendrissait d'un sourire
Combien je rêvais, combien je l'aimais
Et puis vers ma ville je m'en retournais


Il était un prince en Avignon
Sans royaume, sans château, ni donjon
Là-bas tout au fond de la province
Il était un prince

 

 

 

 

Penthésilée la reine des Amazones amoureuses d'Achille

 

« Je ne crois pas qu’il existe dans aucune littérature, une scène plus hardie,
plus noble et plus grande que celle de cette rencontre d’Achille et de Penthésilée,
de cette rencontre de deux âmes qui se reconnaissent alors qu’il est trop tard,
de ce héros qui trouve une héroïne. »

Georges Meautis, Mythes inconnus de la Grèce antique, Albin Michel, 1944

 

 

 

Le mystère de la pièce se trouve dans les énoncés mêmes de ces questions :

comment en arriver à confondre « enlacé » et « lacéré » ? Quel animal ou quelle bête, en nous, nous pousse à mordre lors de l’acte charnel ?

Comment débusquer cette pulsion qui nous faire dire : « je l’aime tant que je pourrais le

manger » ? S’agit-il de posséder l’autre ? De lui faire du mal ? Pourquoi fait-on du mal aux gens qu’on aime ?

 

La première rencontre entre le héros grec et l’Amazone est déjà teintée de malentendus : si

les Grecs et les Troyens sont des guerriers, les Amazones ne sont elles « que » des chasseuses. Et fondamentalement ces hommes ne comprennent rien aux motivations de ces femmes. La tragédie dans Penthésilée naît de la méconnaissance et de l’incompréhension des êtres. Achille, qui est littéralement « tombé » amoureux de Penthésilée, tente de la comprendre, mais ils ne se croiseront véritablement que lors de la scène centrale qui repose sur un mensonge, Achille faisant croire qu’il a été vaincu : finalement ils vont passer à côté l’un de l’autre. C’est sans doute là qu’est le tragique.

Le tragique nait de ce rapport de l'intime et de la loi.

 

Tiré d'un remarquable dossier pédagogique sur Penthésilée.

 

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 07:18

Le titre à lui seul est déjà un voyage, un départ vers le lointain, une dérive lente et incertaine sur des mers intérieures faites de souvenirs et d'images crées au fil de la lecture, tant les mots sont un puissant moteur du voyage.
Il est convenu, aujourd'hui, de penser que le trésor n'est pas dans l'objet mais dans sa recherche, que celui-ci ne vaut que parce qu'il engage au voyage et que le périple s'effectue à la fois en dehors et au dedans de soi même. L'aventure est d'abord une aventure de l'imagination et de sa capacité à susciter des images.




Mais que serait un voyage sans une carte qui permet de saisir, de tenir en main le déploiement et la prolifération des paysages, d'ordonner un univers mental, de le découvrir et de l'humaniser en le parcourant du regard, car le voyage est aussi dans le regard que l'on porte.

"Je suis ici pour trouver le magot et je ne reculerai pas devant le diable lui-même"
Dans cette aventure seul le lecteur a le choix de continuer ou de s'arrêter. Pour l'écrivain, il en est tout autrement, engagé corps et âme il faut qu'il aille jusqu'au bout car son voyage est d'une autre nature, les mots sont les siens et n'appartiennent qu'à lui  et s'il nous les livre, il en garde leur intimité, son rapport personnel et exclusif au texte, un secret qu'il emporte avec la mort, un secret que peut être, il ne connaît pas lui même.

Quant aux personnages leur nom seul suffit au rêve
Jim Hawkins
Le capitaine Flint
Chien noir
Pew
Long John Silver : sans doute le personnage le plus attachant, ambivalent à souhait et qui entretient avec le jeune Hawkins une relation d'attirance/vs/répulsion qui donne la pleine mesure du personnage en laissant ouvert le répertoire des interprétations.
le capitaine Smillett
le docteur Livesey
M Trelawney

Les lieux
L'Amiral Benbow
l'Hispaniola

Un site sur les BD de corsaires et de pirates : link
  Robert Louis Stevenson
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 20:13


"Je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour voyager ; je voyage pour le plaisir du voyage. […] L’important, c’est de bouger ; d’éprouver d’un peu plus près les nécessités et les aléas de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, et de sentir sous ses pieds le granit terrestre avec, par endroits, le coupant du silex."
Voyages avec un âne dans les Cévennes.


En 1878 il commence un voyage qui le mènera de Monastier à St Jean du Gard. Cet itinéraire correspond aujourd'hui au GR 70.


http://www.chemin-stevenson.org/link

En 1890 il s'installe à Vailima aux Samoa. En 1893 il prend la défense des Samoans contre l'impérialisme allemand.
Il meurt le 3 décembre 1894.
Sa tombe sur le pic Vaca domine toujours le Pacifique.


Finalement Stevenson aura trouvé ce qu'a cherché Cendrars

Iles

Iles
Iles
Iles où l'on ne prendra jamais terre
Iles où l'on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais
bien aller jusqu'à vous


Blaise Cendrars
L'île au trésor
                                  Blaise Cendrars

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 14:26



S'il est une image, il est celle du voyage, d'un vagabon sans limbe qui a changé son nom pour que toute sa vie puisse tenir dedans, comme un trait tiré jusqu'aux étoiles qu'il aimait contempler lorsqu'il passait la ligne, à une époque où le temps n'était pas encore compté et le voyage toujours une aventure.

« Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe, que la vie n’est pas un dilemme et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d’opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties et les platitudes de la « politique », et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter, malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n’y a pas d’autres choix possibles. Vivre ! »

Frédéric-Louis Sauser qui deviendra Blaise Cendrars ("tout ce que j'aime et que j'étreins se transmue aussitôt en cendres." - Inédits secrets. " Et Blaise vient de Braise" - Une nuit dans la forêt) est né le 1er septembre 1887 à La Chaux-De-Fonds.
En 1915 en Champagne il perd son bras droit.
Le 21 janvier 1961, il meurt à Paris.

"La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré, et pour être désespéré, il faut avoir beaucoup aimé et aimer encore le monde".

"Et alors j'ai pris feu dans ma solitude, car écrire c'est se consumer... car écrire, c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres." - L'Homme foudroyé

Un blog pour voyager
http://debarcaderes.over-blog.com/article-3486524.htmllink

ou un autre
http://www.es-conseil.fr/pramona/p1mm.htmlink

Tarsila do Amaral 
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 17:12


Les échos ont parfois des résonnances qui ne s'atténuent que longtemps après, lorsque le silence semble enfin revenu, lorsque tout s'est tu, laissant la place au long travail invisible des réminiscences, un travail qui s'effectue en dehors de la conscience et pourtant au plus profond de nous même. Ainsi nous sommes peuplés de livres et d'images qui s'interpénètrent en échangeant leurs significations et si elles peuvent paraître recouvertes par l'oubli, elles allimentent en permanence, comme une résurgence dont on ignorerait la source, notre imaginaire.
Mais " Sait-on quel livre nous accompagne, quel livre nous lègue une image qui reviendra.." Tom est mort p 133


" Il existe un tableau de Caspar David Friedrich nommé la Grande réserve qui représente une partie de la réserve d'Ostra, au nord-ouest de Dresde sur la rive sud de l'Elbe..."
p 189
Cherokee - Jean Echenoz







"Quelques temps après on a volé le Cri de Munch dans la Galerie nationale d'Oslo, c'étaient des ondes concentriques autour du cri de mon père qui avaient englouti le tableau..."
p 120
Tom est mort - Marie Darrieussecq


" Phil Resch s'arrêta devant une huile. Le tableau représentait une créature oppressée, chauve, la tête en forme de poire inversée, les mains crispées sur les  oreilles  et  la  bouche  grande  ouverte  d'où s'échappait un cri immense. L'écho de son tourment se répandait en vagues tortueuses qui inondaient l'air autour d'elle, l'homme - ou la femme - était comme écrasé par son propre hurlement. La créature se bouchait les oreilles pour ne pas entendre sa propre voix. Elle était debout sur un pont, et il n'y avait personne  d'autre; elle criait sa solitude. Mais par son cri - ou malgré son cri -, elle se coupait du monde."
p 136
Blade runner - Philip K. Dick






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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 21:15


Elle s’appelait de son vrai nom Bronislawa Wajs, mais on la connaît sous son nom tzigane, Papusza, « Poupée ». Papusza fut l’une des plus fêtées parmi les célébrités de la poésie et du chant tziganes. Après avoir passé toute sa vie en Pologne, elle est morte en 1987, dans un oubli total.



"Une vieille chanson rom a pour refrain que nous partageons avec les autres des bouts de notre coeur, et plus nous avançons, moins il en reste en nous. Le moment vient où il n'y en a plus assez pour tout le monde, et cela s'appelle voyager, cela s'appelle aussi la mort."
p 222
Zoli
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