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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:15
Triste tropique - Claude Lévi-Strauss
Triste tropique - Claude Lévi-Strauss

La fin d'une civilisation, le début d'une autre, la soudaine
découverte par notre monde que, peut-être, il commence à devenir trop petit pour les hommes qui l'habitent, ce ne sont point tant les chiffres, les statistiques
et les révolutions qui me rendent ces vérités palpables que la réponse, reçue il y a quelques semaines au téléphone, alors que je jouais avec l'idée - quinze ans après - de retrouver ma jeunesse à l'occasion d'une nouvelle visite au Brésil:

p 17

 

Campeurs, campez au Parana. Ou plutôt non : abstenez vous.
Réservez aux derniers sites d'Europe vos papiers gras, vos flacons indestructibles et vos boîtes de conserves éventrées. Etalez-y la rouille de vos tentes. Mais, au de-là
de la frange pionnière et jusqu'à l'expiration du délai si court qui nous sépare de leur saccage définitif, respectez les torrents fouettés d'une jeune écume, qui dévalent
en bondissant les gradins creusés aux flancs violets des basaltes. Ne foulez pas les mousses volcaniques à l'acide fraîcheur;

p 175

 

Voici ce mythe :
quand l'Etre suprême, Gonoenhodi, décida de créer les hommes, il tira d'abord de la terre les Guana, puis les autres tribus; aux premiers, il donna l'agriculture en
partage et la chasse aux secondes. Le Trompeur, qui est l'autre divinité du panthéon indigène, s'aperçut alors que les Mbaya avaient été oubliés au fond du trou et les en fit
sortir; mais comme il ne restait rien pour eux, ils eurent droit à la seule fonction encore disponible, celle d'opprimer et d'exploiter les autres. Y eut-il jamais plus profond
contrat social que celui-là ?

p 210

 

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 19:33

 

Les hommes s'en vont admirer les cimes des montagnes,

les vagues énormes de la mer, le large cours des fleuves,

les côtes de l'Océan, les révolutions des astres,

et ils se détournent d'eux-même.

p 212

 

 

 

Pour moi, Seigneur, je m'exténue sur cette recherche,

et c'est donc sur moi que je m'exténue: je suis devenu

pour moi-même une terre de difficultés et d'excessives
sueurs. Car nous ne scrutons pas ici les régions célestes 

nous ne mesurons pas les distances des astres,

ni ne cherchons les lois de l'équilibre de la terre.

C'est moi qui me souviens, et,moi, c'est mon esprit.

Que tout ce qui n'est pas moi soit loin de moi,

ce n'est point surprenant.
Mais qu'y a-t-il de plus près de moi que moi-même ?

p 219

 

 

Grande est la puissance de la mémoire !

Il y a un je ne sais quoi d'effrayant, ô mon Dieu, dans sa profonde

et infinie multiplicité. Et cela, c'est l'esprit; et cela,

c'est moi-même! Que suis-je donc, ô mon Dieu ?

Quelle est ma nature ? Une vie variée, qui revêt mille formes

et immense étonnamment.

Je parcours en tout sens ce monde intérieur,

j'y vole de-ci de-là, j'y pénètre aussi loin que possible,

sans rencontrer de limites. Tant est grande la force de la mémoire,

tant est grande la force de la vie chez l'homme, ce vivant condamné à mourir !

p 220

 

 

Les confessions - Saint Augustin
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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 19:20

 

 

"Ma vie entière n'a guère été qu'une longue rêverie".

p 16

 

Sans doute n'est-il pas sans importance que la conscience de soi

date pour Jean-Jacques de sa rencontre avec la littérature.

p 17

 

Dès l'origine, la conscience de soi est intimement liée

à la possibilité de devenir un autre

"Je devenais le personnage que je lisais".

p 17

 

 

"Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vu"

p 18

 

La mémoire remonte à une expérience originelle de la malfaisance de
l'apparence; Jean-Jacques en retrace la révélation « traumatisante », à laquelle il attribue une importance décisive : « Dès ce moment je cessai de jouir d'un bonheur pur. » A cet instant se produit la catastrophe la « chute » qui détruit la purete du bonheur enfantin. A dater de ce jour, l'injustice existe, le malheur est présent ou possible.

p 18

 

Le maléfice de l'apparence, la rupture entre les consciences mettent fin à l'unité heureuse du monde enfantin.

p 20

 

Dès lors, le paradis est perdu : car le paradis, c'était la transparence réciproque des consciences, la communication totale et confiante. Le monde lui-même change d'aspect et s'obscurcit.

p 19

 

La conscience se tourne vers un monde antérieur, dont el!e aperçoit tout ensemble qu'il lui a appartenu et qu il est à Jamais perdu. Au moment où le bonheur enfantin lui échappe, elle reconnait le prix infini de ce bonheur interdit,

p 22

 

Rousseau est l'un des premiers écrivains. (Il faudrait dire poètes) qui aient repris le mythe platonicien de l’exil et du retour pour l'orienter vers l'état d'enfance, et non plus vers une patrie céleste.

p 22

 

il y a l'intuition (ou l'imagination) d'une époque comparable à ce que fut l'enfance avant l'expérience de l'accusation injustifiée. L'humanité n'est alors occupée qu'à vivre tranquillement son bonheur. Un infaillible équilibre ajuste l'être et le paraitre. Les hommes se montrent et sont vus tels qu'ils sont. Les apparences extérieures ne sont pas des obstacles, mais des miroirs fidèles où les consciences se rencontrent et s'accordent.

p 23

 

Parce que l'homme est perfectible, il n'a cessé d'ajouter ses inventions aux dons de la nature. Et dès lors l'histoire universelle alourdie du poids sans cesse croissant de nos artifices et de notre orgueil, prend l'allure d'une chute accélérée dans la corruption : nous ouvrons les yeux avec horreur sur un monde de masques et d'illusions mortelles, et rien n'assure l'observateur (ou  l'accusateur) qu'il soit lui-même épargné par la maladie universelle.

p 24

 

Parce que l'avènement du mal a été un fait historique, la lutte contre le mal appartient aussi à l'homme dans l'histoire.

p 24

 
" Infortunés ! que sommes-nous devenus ?
Comment avons-nous cessé d'être ce que nous fûmes ?"
p 29 (La Nouvelle Héloïse)

 

Tiré de "Jean-Jacques Rousseau, la transparence et l'obstacle"

Jean Starobinski

 

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 19:34

 

Comment devient-on ce qu'on est ?

 

"Ecce homo"
a comme sous-titre « Comment on devient ce qu’on est ».
Nietzsche reprend cette formule à Pindare (Pythique II, 72). On la retrouve
dans le Troisième Livre du Gai Savoir
« Que dit ta conscience ? – Tu dois devenir celui que tu es »

in Eric Blondel

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 19:05

 

 

Nous sommes constitués comme des lieux de désir et de vulnérabilité physique, à la fois affirmatifs et vulnérables dans l’espace public. Je ne suis pas sûre de pouvoir dire à quel moment un deuil a été accompli ou à partir de quand un être humain a été suffisamment pleuré. Je suis cependant certaine que cela ne signifie pas que l’on ait oublié la personne ou qu’elle ait été remplacée. Je ne pense pas que les choses fonctionnent ainsi. Je pense plutôt que l’on est en deuil lorsque l’on accepte le fait que cette perte nous changera, peut-être pour toujours. Etre en deuil, c’est accepter de subir une transformation dont nous ne pouvons connaître le résultat à l’avance. Il y a donc la perte et l’effet transformateur de la perte, qu’on ne peut ni prévoir ni planifier. […] Si l’expérience que l’on subit peut sembler temporaire, il se pourrait qu’elle nous révèle en partie, manifestant le fait que les liens que nous avons avec les autres constituent un sentiment de soi et font de nous ce que nous sommes […]. Regardons les choses en face. Nous nous défaisons les uns les autres. Et si ce n’est pas le cas, nous manquons quelque chose. S’il semble évident que le deuil nous défait, c’est parce que c’était déjà le cas avec le désir. On ne reste pas toujours intact. Il se peut qu’on le reste ou qu’on veuille le rester, mais il est aussi possible qu’en dépit de nos efforts nous soyons défaits par l’autre, par le toucher, l’odorat, la sensation, la promesse du toucher, la mémoire de la sensation. Lorsque nous parlons de notre sexualité ou de notre genre, nous signifions là quelque chose de compliqué. Ce ne sont pas à proprement parler des modes de dépossession, des façons d’être pour un autre, voire même en fonction d’un autre. […] Une des manières possible de l’aborder est le concept d’extase. Dans l’histoire, telle qu’on la raconte, du mouvement de libération sexuelle au sens large, l’extase apparaît dans les années 1960 et 1970 et persiste jusqu’au milieu des années 1980. Peut-être l’extase a-t-elle en fait une réalité historique plus durable, peut-être a-t-elle été avec nous tout du long. Etre “ex-statique” signifie littéralement être en dehors de soi, ce qui peut avoir plusieurs significations : être transporté au-delà de soi par une passion, mais aussi être hors de soi, de colère ou de chagrin. Je pense que si je peux continuer à parler à la première personne du singulier et m’inclure dans ces termes, c’est parce que je parle à ceux d’entre nous qui vivent d’une certaine façon hors d’eux-mêmes, que ce soit dans la passion sexuelle, le deuil émotionnel ou la rage politique. »

 

 In Défaire le genre (Éditions Amsterdam, 2006).

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 18:39



De la sagesse pour tous les âges comme avant avec le journal "Tintin"
qui se targuait de recruter ses lecteurs de sept à soixante-dix-sept ans.

Une bonne pensée du potos Pascal pour ne pas oublier de le faire
le plus souvent possible c'est tellement bon de se sentir humain :
« L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. [...] une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais quand l'Univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue ; parce qu'il sait qu'il meurt ; et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Ainsi toute notre dignité consiste dans la pensée. »
Pascal, Pensées


"Les philo-fables, pour vivre ensemble" de Michel Piquemal et Philippe Lagautrière
chez Albin Michel

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 21:19
 







"Hérodote au livre l de ses Histoires nous conte un passage brusque et violent de pouvoir royal, en Lydie, des Héraclides aux Mermnades, rupture de grande portée puisqu'il est gros de tout le conflit entre les Grecs et les Barbares. Candaule donc était roi de Lydie, un roi heureux, aussi puissant, aussi riche qu'amoureux fou de sa femme
qu'il pensait être la plus belle femme du monde. « II avait un favori nommé Gygés qui était son confident non seulement pour les  plus  importantes  des  affaires  du royaume mais qu'il entretenait aussi de la beauté de sa fem me (to eidos tes gunaikos) qu'il louait à l'excès. » Peu de temps après le mariage — «car le destin, ajoute Héro- dote, voulait qu'il arrivât malheur à Candaule» — Candaule adressa à Gvaès ces paroles : « Je pense que je ne te persuade pas quand je te parle de la beauté de ma femme car les oreilles des hommes sont plus incrédules que leurs yeux ; fais donc en sorte de la voir toute nue. » Voici le premier moment de séduction entre le Roi et son confident, entre le maître et l'esclave, où le premier risque sa maîtrise dans un défi lancé au second, non point dans la lutte à mort entre deux désirs dont le moteur serait le désir du désir de l'autre où toute la dialectique de l'histoire trouverait son origine, mais dans un discours, un discours de persuasion, «je pense que je ne te persuade pas quand je te parle de la beauté de ma femme. » C'est le pouvoir, l'efficace de la parole royale que le Roi met en jeu, c'est la parole qui fait être la croyance chez celui à qui elle est adressée qui se trouve risquée. Le discours du Roi ne fait pas exister la beauté
— invisible à tous —de la Reine, il ne la fait pas voir.
Le langage dit la chose, mais la chose même reste à distance
,
dans l'infinie distance de la négation inhérente à tout langage où s'évanouit la réalité sensible singulière, « cette chose-ci », mais pour être aussitôt relevée dans l'universalité du concept. Ce faisant, Candaule met en jeu la performativité caractéristique de sa propre parole qui, en disant, fait, fait croire c'est-à-dire fait voir. Mais dans le moment même de ce défi où le Roi risque le « faire » de son «dire», l'enjeu de ce jeu, c'est de faire exister la beauté de la Reine."


Stratégie des apparences - Le roi son confident et la reine
ou les séductions du regard, Louis Marin -  Traverse n°18

La séduction est dans un rapport de distance et de proximité par rapport à la perversité.

"Le défi séducteur est toujours perversité mais sa perversité est le nom que lui donne celui auquel le défi est adressé et qui est engagé dans le risque mortel du duel que tout geste de séduction ouvre."


Stratégie des apparences - Le roi son confident et la reine
ou les séductions du regard, Louis Marin -  Traverse n°18

"Le féminin est le lieu fascinant, sacré de la contradiction de la loi, du visible (eidos) qui n'est tel dans son excellence de beauté (areté) que de rester non-vu."

"La Reine fait semblant de na pas voir qu'elle est vue. [...]
Moment pur de la séduction : le féminin, ce visible voyant, le temps d'un instant, l'invisible regard qui le voit, en un moment où il ne se pense pas et où on ne le pense pas. [...] C'est le geste séducteur absolu : faire semblant de ne pas voir le regard invisible qui la voit dans sa visibilité nue."


« La Reine fit appeler Gygès. Lui qui ne pensait pas qu'elle sut rien de ce qui s'était passé, se rendit à l'appel... » Lorsqu'il fut arrivé, la femme lui dit :
« Maintenant Gygés, des deux routes qui s'offrent, je te donne à choisir celle où tu
veux t'engager : tue Candaule et sois pos- sesseur de ma personne et de la royauté
des Lydiens; ou bien c'est toi même qui dois périr sur l'heure sans plus d'affaires,
pour ne plus désormais, en obéissant en toutes choses à Candaule,
voir ce que tu ne dois pas voir. Ou bien lui qui a formé ce complot doit perdre la vie,
ou bien toi qui m'as regardée nue et as agi contre ce qui a force de loi»


Un extrait du conte de Charles Perrault, Peau d'Ane :
« On dit qu'en travaillant un peu trop à ta hâte,
De son doigt par hasard il tomba dans la pâte,
Un de ses anneaux de grand prix ;
Mais ceux qu'on tient savoir la fin de cette histoire
Assurent que par elle exprès il y fut mis ;
Et pour moi franchement je l'oserais bien croire,
Fort sûr que, quand le Prince à sa porte aborda
Et par le trou la regarda,
Elle s'en était aperçue :
Sur ce point la femme est si rude
Et son œil va si promptement
Qu'on ne peut la voir un moment
Qu'elle ne sache qu'on la vue. »


Stratégie des apparences - Le roi son confident et la reine
ou les séductions du regard, Louis Marin -  Traverse n°18.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 17:21

TRISTES TROPIQUES

 


Je hais les voyages et les explorateurs.

P 9

 

Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité.

P 36

 

Je voudrais avoir vécu au temps des vrais voyages, quand s’offrait dans toute

sa splendeur un spectacle non encore gâché, contaminé, maudit.

P 42

 

Chaque homme écrit Chateaubriand, porte en lui un monde composé de tout

ce qu’il a vu et aimé, et où il rentre sans cesse, alors même qu’il parcourt

et semble habiter un monde étranger.

P 44

 

Etait-ce donc cela le voyage ? Une exploration des déserts de ma mémoire,

plutôt que de ceux qui m’entouraient ?

P 452

 

A agir chez soi, on se prive de comprendre le reste, mais à tout vouloir comprendre on renonce à rien changer.

P 462

 

Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui.

p 495

 

Mais en plus d'être un formidable penseur Claude Lévi-Strauss est un écrivain qui a du style :


Mais ce remède qui leur a manqué sur le plan social, ou qu'ils se sont interdit d'envisager, ne pouvait quand même leur échapper complètement. De façon insidieuse, il a continué à les troubler. Et puisqu'ils ne pouvaient pas en prendre conscience et le vivre, ils se sont mis à le rêver. Non pas sous une forme directe qui se fût heurtée à leurs préjugés; sous une forme transposée et en apparence inoffensive : dans leur art. Car si cette analyse est exacte, il faudra en définitive interpréter l'art graphique des femmes caduveo, expliquer sa mystérieuse séduction et sa complication au premier abord gratuite, comme le phantasme d'une société qui cherche, avec une  passion  inassouvie,  le moyen  d'exprimer  symboliquement  les  institutions qu'elle pourrait avoir, si ses intérêts et ses superstitions ne l'en empêchaient. Adorable civilisation, de qui les reines cernent le songe avec leur fard : hiéroglyphes décrivant un inaccessible âge d'or qu'à défaut de code elles célèbrent dans leur parure, et dont elles dévoilent les mystères en même temps que leur nudité.
p 227

 


Les Bororo ont eu beau épanouir leur système dans une prosopopée fallacieuse, pas plus que d'autres ils ne sont parvenus à démentir cette vérité : la représentation qu'une société se fait du rapport entre les vivants et les morts se réduit à un effort pour cacher, embellir ou justifier, sur le plan de la pensée religieuse, les relations réelles qui prévalent entre les vivants.

p 284


retrouver ce média sur www.ina.fr



Claude Lévi-Strauss déclarait au philosophe Didier Eribon, dans un livre d'entretien :
« Le don quichottisme, me semble-t-il, c'est, pour l'essentiel, un désir obsédant de retrouver le passé derrière le présent. Si d'aventure un original se souciait un jour de comprendre quel fut mon personnage, je lui offre cette clé. »



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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 19:03

"Les questions en philosophie sont plus essentiels que les réponses".
p 11

"Lhomme veut être sauvé [...]
Philosopher c'est toujours vaincre le monde, c'est quelque chose d'analogue au salut.
"
p 22

"L'origine de la recherche philosophique se trouve dans l'étonnement, le doute, la conscience que l'on a d'être perdu. Dans chaque cas, elle commence par un bouleversement qui saisit l'homme et fait naître en lui le besoin de se donner un but."
p 22
Karl Jasper - Introduction à la philosophie






Ordonner le monde
"Il en va tout autrement dans un monde en train de se briser et où  l'on croit de moins en moins aux valeurs traditionnelles. Ce monde n'est plus qu'un ordre extérieur. Dénué de toute pensée symbolique et transcendante, il laisse l'âme vide. Il ne satisfait pas. Dans
la mesure où l'homme y reste libre, il s'y trouve livré à lui-même, à sa convoitise et à son ennui, à l'angoisse et à  l'indifférence.  Il est seul, sans soutien. S'il veut donner à sa vie un sens philosophique, il doit construire par ses propres forces ce que le monde ambiant ne lui donne plus.
"
p 130

"La vérité commence à deux"
p 133

"La vie est toujours un essai.
Il importe qu'au cours de cet essai nous osions aller aussi loin que possible..."

p 135

"Méditer, c'est apprendre la puissance de la pensée.
Penser, c'est commencer à être un homme.
En acquérant une juste connaissance des objets, on découvre
la puissance de la rationalité"
.
p 136

"Nous sommes essentiellement en route"
.
p 140


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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 19:07

Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. Quelque intensément que les choses du monde nous affectent, quelque profondément qu’elles puissent nous émouvoir et nous stimuler, elles ne deviennent humaines pour nous qu’au moment où nous pouvons en débattre avec nos semblables. [...] Nous humanisons ce qui se passe dans le monde en nous parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains.

Hannah  Arendt, Vies politiques (1974)

 

Trouvé par hazard sur le blog de

 

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