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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 19:33

 

Les hommes s'en vont admirer les cimes des montagnes,

les vagues énormes de la mer, le large cours des fleuves,

les côtes de l'Océan, les révolutions des astres,

et ils se détournent d'eux-même.

p 212

 

 

 

Pour moi, Seigneur, je m'exténue sur cette recherche,

et c'est donc sur moi que je m'exténue: je suis devenu

pour moi-même une terre de difficultés et d'excessives
sueurs. Car nous ne scrutons pas ici les régions célestes 

nous ne mesurons pas les distances des astres,

ni ne cherchons les lois de l'équilibre de la terre.

C'est moi qui me souviens, et,moi, c'est mon esprit.

Que tout ce qui n'est pas moi soit loin de moi,

ce n'est point surprenant.
Mais qu'y a-t-il de plus près de moi que moi-même ?

p 219

 

 

Grande est la puissance de la mémoire !

Il y a un je ne sais quoi d'effrayant, ô mon Dieu, dans sa profonde

et infinie multiplicité. Et cela, c'est l'esprit; et cela,

c'est moi-même! Que suis-je donc, ô mon Dieu ?

Quelle est ma nature ? Une vie variée, qui revêt mille formes

et immense étonnamment.

Je parcours en tout sens ce monde intérieur,

j'y vole de-ci de-là, j'y pénètre aussi loin que possible,

sans rencontrer de limites. Tant est grande la force de la mémoire,

tant est grande la force de la vie chez l'homme, ce vivant condamné à mourir !

p 220

 

 

Les confessions - Saint Augustin
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