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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 19:30

 

Apprendre de notre histoire

pour bâtir un avenir brillant

 

"I comb Jesus" n'est pas une BD mais plutôt un reportage graphique selon l'heureuse expression de Laurent Filippi

Stassen pose aussi la question de la mémoire du génocide pour des générations qui ne l'ont pas connu, qui n'en ont connaissance qu'à travers des formules toutes faites inlassablement ressassées. Mais quel sens cela a-t-il pour des générations qui ne l'ont pas éprouvé dans leur chair ?

Cette question possède une portée universelle, elle se pose pour chaque commémoration comme celle de la libération d'Auschwitz le 27 janvier 1945, ou pour le Viet-Nam avec le quarantième anniversaire de la chute de Saïgon le 30 avril 1975. Elle renvoie à la transmission du sens de notre histoire (celle de l'humanité dans son ensemble au sens d'une expérience universelle) et des valeurs dont elle est porteuse.

 

Le Rwanda a-t-il réussi la réconciliation des bourreaux et des victimes qui aurait fait 800 000 victimes (estimation de l'ONU) d'avril 1994 à juillet 1994 ?  Dans "La stratégie des antilopes" Jean Hatzfeld a recceuilli le témoignage des acteurs de l'époque :

 

Marie-Louise Kagoyire:
«On a jugé des fauteurs dans les tribunaux. Ça représente une fraction des tueurs, une fraction quand même. Oui, il y a une justice après le génocide, mais de réconciliation.
Elle s'adapte au nombre de magistrats, de tueurs et de victimes, elle corrige les fauteurs et empêche les vengeances, elle se montre atténuante pour les tueurs et profitable à la bonne marche du pays. Elle est gratifiante pour l'avenir. Elle satisfait les autorités, les donateurs internationaux, et tant pis pour le chagrin des rescapés.»

 

Claudine Kayitesi:
«L'injustice mange la justice dans les tribunaux. Évidemment, ce n'est pas tous les tueurs qui méritaient l'exécution, mais tout de même une partie. Ceux qui ont brûlé vifs des nourrissons, ceux qui ont coupé à s'en casser les bras, ceux qui commandaient des expéditions de mille personnes, ceux-là devaient bien disparaître de nos existences. [État a décidé de les sauver. Si on m'avait demandé mon avis?J'aurais ordonné la fusillade des propagandistes, des meneurs décisifs. Ça n'a pas été fait, les étrangers ont influencé, les autorités se sont montrées flexibles pour favoriser la réconciliation nationale.
Pour nous, il devient impossible de soulager notre chagrin, même le ventre nourri. Au fond, la justice ne se préoccupe pas des sentiments des rescapés.»

 

Berthe Mwanankabandi:
«À quoi bon chercher des circonstances atténuantes à des gens qui ont coupé à la machette tous lesjours, même le dimanche ? Que peut-on atténuer ? Le nombre des victimes ? La manière de couper ? Les rires des tueurs ? Rendre justice serait tuer les tueurs. Mais ça ressemblerait à un autre génocide, ce serait le chaos. Les tuer ou les
punir d'une façon convenable: impossible; leur pardonner: impensable. Être juste est inhumain. «La justice ne trouve pas place après un génocide, parce qu'il dépasse l'intelligence humaine.

 

 

La méfiance sera toujours préférable à la peur.

I comb Jesus
I comb Jesus
I comb Jesus
I comb Jesus
I comb Jesus
I comb Jesus
I comb Jesus
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