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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 19:20

 

 

"Ma vie entière n'a guère été qu'une longue rêverie".

p 16

 

Sans doute n'est-il pas sans importance que la conscience de soi

date pour Jean-Jacques de sa rencontre avec la littérature.

p 17

 

Dès l'origine, la conscience de soi est intimement liée

à la possibilité de devenir un autre

"Je devenais le personnage que je lisais".

p 17

 

 

"Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vu"

p 18

 

La mémoire remonte à une expérience originelle de la malfaisance de
l'apparence; Jean-Jacques en retrace la révélation « traumatisante », à laquelle il attribue une importance décisive : « Dès ce moment je cessai de jouir d'un bonheur pur. » A cet instant se produit la catastrophe la « chute » qui détruit la purete du bonheur enfantin. A dater de ce jour, l'injustice existe, le malheur est présent ou possible.

p 18

 

Le maléfice de l'apparence, la rupture entre les consciences mettent fin à l'unité heureuse du monde enfantin.

p 20

 

Dès lors, le paradis est perdu : car le paradis, c'était la transparence réciproque des consciences, la communication totale et confiante. Le monde lui-même change d'aspect et s'obscurcit.

p 19

 

La conscience se tourne vers un monde antérieur, dont el!e aperçoit tout ensemble qu'il lui a appartenu et qu il est à Jamais perdu. Au moment où le bonheur enfantin lui échappe, elle reconnait le prix infini de ce bonheur interdit,

p 22

 

Rousseau est l'un des premiers écrivains. (Il faudrait dire poètes) qui aient repris le mythe platonicien de l’exil et du retour pour l'orienter vers l'état d'enfance, et non plus vers une patrie céleste.

p 22

 

il y a l'intuition (ou l'imagination) d'une époque comparable à ce que fut l'enfance avant l'expérience de l'accusation injustifiée. L'humanité n'est alors occupée qu'à vivre tranquillement son bonheur. Un infaillible équilibre ajuste l'être et le paraitre. Les hommes se montrent et sont vus tels qu'ils sont. Les apparences extérieures ne sont pas des obstacles, mais des miroirs fidèles où les consciences se rencontrent et s'accordent.

p 23

 

Parce que l'homme est perfectible, il n'a cessé d'ajouter ses inventions aux dons de la nature. Et dès lors l'histoire universelle alourdie du poids sans cesse croissant de nos artifices et de notre orgueil, prend l'allure d'une chute accélérée dans la corruption : nous ouvrons les yeux avec horreur sur un monde de masques et d'illusions mortelles, et rien n'assure l'observateur (ou  l'accusateur) qu'il soit lui-même épargné par la maladie universelle.

p 24

 

Parce que l'avènement du mal a été un fait historique, la lutte contre le mal appartient aussi à l'homme dans l'histoire.

p 24

 
" Infortunés ! que sommes-nous devenus ?
Comment avons-nous cessé d'être ce que nous fûmes ?"
p 29 (La Nouvelle Héloïse)

 

Tiré de "Jean-Jacques Rousseau, la transparence et l'obstacle"

Jean Starobinski

 

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