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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:13

 

 

Maïa Vidal

 

 

Amer savoir, celui qu'on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image
Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !

 

Le voyage


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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:47

 

 

 

 

 

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère ?


J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.


J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.


J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

 

 

Robert Desnos, "Corps et biens".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:50

 

 

Avoir donné à chaque chose la parole

avant d'accepter le sommeil

 

Gil Jouanard

 

 

 

Accepter le sommeil

après avoir écouté les Stones

et puis après...

Après moi le sommeil,

peint en 1958 par Max Ernst en souvenir d'Eluard

 

Mais,

malgré le sommeil

on peut presque

vous entendre soupirer...

 

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 20:45

 

 

 

 

 

Sa poésie est marquée par l'expérience de la première guerre mondiale, par la mort de son fils en 1939 et par sa quête religieuse. Son sentiment de la soufrance des autres (lien avec Bukowski), de la solitude, de la fraternité, de la mort, du cosmos, s'exprime dès 1916 dans un langage soucieux d'authenticité, loin de toute complaisance esthétique.

La foi retrouvée ne le délivrera jamais del'angoisse devant le problème de la douleur et du mal.

 

Poésie 1 ; poésie italienne contemporaine n°62-63 dec 1978 - fev 1979

 

 

  La poésie d’Ungaretti cherche une parole capable de racheter
un « ciel éteint », au-delà des « veines vides » du temps humain 

 

Yves Bonnefoy

 

 

 

ungaretti.jpg

 

 

 

Et c'est là ma nostalgie

qui dans chaque être

m'apparaît

à cette heure qu'il fait nuit

que ma vie me paraît

une corolle

de ténèbres.

 

Les fleuves - L'allègresse

 

 

 

LA MADRE

 

Et quand il aura fait d'un dernier battement,
mon cœur, s'abattre le mur d'ombre,
Mère, pour me guider jusqu'au Seigneur,
comme autrefois tu me redonneras la main.


A genoux, décidée,
tu seras devant l'Éternel une statue,
ainsi qu'Il te voyait déjà
quand tu étais encore en vie.
Tu lèveras tes vieux bras, tremblante,
comme lorsque tu expiras
en disant: Mon Dieu, me voici.


Et ce n'est que lorsqu'Il m'aura pardonné
que te viendra le désir de me regarder.


Et tu te souviendras de m'avoir attendu
tellement, et dans les yeux tu auras
un soupir bref.

 

 

 

J'AI TOUT PERDU



J'ai tout perdu de l'enfance
jamais plus je ne pourrai
dans un cri perdre la mémoire.


Je l'ai enterrée l'enfance
dans la profondeur des nuits,
épée invisible à présent
elle me sépare de tout.


Je me souviens de moi
qui exultais d'amour pour toi,
et voici que je suis perdu
dans l'infini des nuits.


Désespoir qui sans cesse augmente
la vie ne m'est plus rien,
arrêtée au fond de la gorge
qu'une roche de cris.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 21:02

 

 

 

 

Moby

 

 

 

La chaleur a dénoué

La forêt nue

Il n'y a plus de forêt

Plus de voyage sur l'eau

Plus d'ombre légère aux reins

Le ciel nous est un fardeau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 17:00

 

 

 

 

 

Le soleil qui court sur le monde

J'en suis certain comme de toi

le soleil met la terre au monde

 

Un sourire au-dessus des nuits

Sur le visage dépouillé

d'une dormeuse rêvant d'aube

 

Le grand mystère du plaisir

Cet étrange tournoi des brumes

Qui nous enlève ciel et terre

 

Mais qui nous laisse l'un à l'autre

Faits l'un pour l'autre à tout jamais

O toi que j'arrache à l'oubli

 

O toi que j'ai voulue heureuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:29

 

 

 

 

 

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de loup de fougère et de menthe
Voleuse de parfum impure fausse nuit
Fille aux cheveux d'écume issus de l'eau dormante


Après l'aube la nuit tisseuse de chansons
S'endort d'un songe lourd d'astres et de méduses
Et les jambes mêlées au fuseau des saisons
Veille sur le repos des étoiles confuses


Sa main laisse glisser les constellations
Le sable fabuleux des mondes solitaires
La poussière de Dieu et de sa création
La semence de feu qui féconde la terre


Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
A pas de vent de mer de feu de loup de piège
Bergère sans troupeau glaneuse sans épis
Aveugle aux lèvres d'or qui marche sur la neige

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 22:22

 

 

 

 

 

Plein ciel

 

J'avais un cheval

Dans un champ de ciel
Et je m’enfonçais
Dans le jour ardent.
Rien ne m’arrêtait
J’allais sans savoir,
C’était un navire
Plutôt qu’un cheval,
C’était un désir
Plutôt qu’un navire,
C’était un cheval
Comme on n’en voit pas,
Tête de coursier,
Robe de délire,
Un vent qui hennit
En se répandant.
Je montais toujours
Et faisais des signes :
« Suivez mon chemin,
Vous pouvez venir,
Mes meilleurs amis,
La route est sereine,
Le ciel est ouvert.
Mais qui parle ainsi ?
Je me perds de vue
Dans cette altitude,
Me distinguez-vous,
Je suis celui qui
Parlait tout à l’heure,
Suis-je encor celui
Qui parle à présent,
Vous-mêmes, amis,
Êtes-vous les mêmes ?
L’un efface l’autre
Et change en montant. »

 

 

Le grand Victor avait aussi écrit un poème intitulé "Plein ciel"

qui faisait suite à "Pleine mer" dans "La légende des siècles"

 

 

 

Les chevaux du temps

 

Quand les chevaux du temps s'arrêtent à ma porte.
J'hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un oeil reconnaissant
Pendant que leurs long traits m'emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu'une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu'il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu'un jour où viendrait l'attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 10:51

 

 

 

 

 

A DREAM WITHIN A DREAM 

 


Take this kiss upon the brow !
And, in parting from you now,
Thus much let me avow-
You are not wrong, who deem
That my days have been a dream;
Yet if hope has flown away
In a night, or in a day,
In a vision, or in none,
Is it therefore the less gone ?
All that we see or seem
Is but a dream within a dream.


I stand amid the roar
Of a surf-tormented shore,
And I hold within my hand
Grains of the golden sand-
How few! yet how they creep
Through my fingers to the deep,
While I weep–while I weep!
O God! can I not grasp
Them with a tighter clasp ?
O God! can I not save
One from the pitiless wave ?
Is all that we see or seem
But a dream within a dream ?

 

 

 

Evan Rachel Wood est une fine éxégète

d'Edgar Allan Poe

 

 

evan-rachel-wood-tattoo.jpg

 

 

 

 


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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:04

 

 

Le ciel est, par dessus le toit,
Si bleu, si calme
Un arbre, par dessus le toit,
Berce sa palme.

 
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

 
Mon Dieu, Mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur là
Vient de la ville.

 
Qu'as tu fait, ô toi que voilà,
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

 

 

 

Eh oui mon Paulo

c'est vraiment la question,

mais quand on s'la pose

c'est en général un peu tard mon colon.

Pourtant, comme le dit si bien Epicure

"Quand on est jeune, il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie"

 




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