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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 17:11

 

 

LA MAISON SERAIT PLEINE DE ROSES…

 

 

La maison serait pleine de roses et de guêpes.
On y entendrait, l’après-midi, sonner les vêpres ;
et les raisins couleurs de pierre transparente
sembleraient dormir au soleil sous l’ombre lente.
Comme je t’y aimerais. Je te donne tout mon cœur
qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
mon orgueil et ma poésie de roses blanches ;
et pourtant je ne te connais pas, tu n’existes pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
nous nous baiserions en riant sous les abeilles blondes,
près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n’entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l’ombre des noisetiers sur ton oreille,
puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
pour dire notre amour que l’on ne peut pas dire ;
et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,
le goût des raisins blonds, des roses rouges et des guêpes.

 

Extrait de "De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir"

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:47
Une leçon de morale - Paul Eluard
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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 17:56
Pablo Neruda et Mathilde
Pablo Neruda et Mathilde

 

 

Mais, dès le seuil, ton rire

monte au ciel, me cherchant

Et ouvrant pour moi toutes

Les portes de la vie.

 

Neruda pour Matilde

 

Poète chilien assassiné par la dictature de Pinochet en 1973, Neruda est enterré à la Casa de Isla Negra

au sud de Santiago avec sa troisième épouse, la soprano Mathilde Urrutia

qu'il a rencontrée en 1946, à laquelle il dédia : "Cien sonetos de amor".

 

 

 

 

Pablo Neruda et Mathilde
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 18:15
Jamais d'autre que toi - Robert Desnos
Jamais d'autre que toi - Robert Desnos

 

 

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand
Fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et
Des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front
Et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux
De cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols
Dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites
Filles en présence d'une cage où s'agite un serein
Tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement
Déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais jamais d'autre que toi
Et moi seul seul comme le lierre fané des jardins
De banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d'autre que toi.

 

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 22:28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 07:33

 

 

Il faut être allé au fond de la douleur humaine, en avoir découvert les étranges capacités, pour pouvoir saluer du même don sans limites de soi-même ce qui vaut la peine de vivre. La seule disgrâce définitive qui pourrait être encourue devant une telle douleur, parce qu'elle rendrait impossible cette conversion de signe, serait de lui opposer la résignation. Sous quelque angle que devant moi tu aies fait état des réactions auxquelles t'exposa le plus grand malheur que tu aies pu concevoir, je t'ai toujours vu mettre le plus haut accent sur la rébellion. Il n'est pas, en effet, de plus éhonté mensonge que celui qui consiste à soutenir, même et surtout en présence de l'irréparable, que la rébellion ne sert de rien. La rébellion porte sa justification en elle-même, tout à fait indépendamment des chances qu'elle a de modifier ou non l'état de fait qui la détermine.

p 107 - 108

 

C'est la révolte seule qui est créatrice de lumière.

Et cette lumière ne peut se connaître que de trois voies :

la poésie, la liberté et l'amour...

p 121

 

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:27

 

 

La poésie ne doit pas périr.

Car alors, où serait l'espoir du monde ?

Ethiopiques - postface

 

 

Nuit de Sine

 

Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques,
tes mains douces plus que fourrure.
Là-haut les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne
à peine. Pas même la chanson de nourrice.
Qu’il nous berce, le silence rythmé.
Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons
Battre le pouls profond de l’Afrique dans la brume des villages perdus.

Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale
Voici que s’assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux-mêmes
Dodelinent de la tête comme l’enfant sur le dos de sa mère
Voici que les pieds des danseurs s’alourdissent,
    que s’alourdit la langue des chœurs alternés.

C’est l’heure des étoiles et de la Nuit qui songe
S’accoude à cette colline de nuages, drapée dans son long pagne de lait.
Les toits des cases luisent tendrement.
Que disent-ils, si confidentiels, aux étoiles ?
Dedans, le foyer s’éteint dans l’intimité d’odeurs âcres et douces.

Femme, allume la lampe au beurre clair, que causent autour les Ancêtres
comme les parents, les enfants au lit.
Écoutons la voix des Anciens d’Elissa. Comme nous exilés
Ils n’ont pas voulu mourir, que se perdît par les sables leur torrent séminal.
Que j’écoute, dans la case enfumée que visite un reflet d’âmes propices
Ma tête sur ton sein chaud comme un dang au sortir du feu et fumant
Que je respire l’odeur de nos Morts, que je recueille et redise leur voix vivante,
que j’apprenne à vivre avant de descendre, au-delà du plongeur,
dans les hautes profondeurs du sommeil.

 

 

Ses paupières comme le crépuscule rapide et ses yeux vastes

qui s'emplissent de nuit.

Chant d'ombre

 

Mais voici l'intelligence de la déesse Lune et que tombe

les voiles des ténèbres.

Nuit d'Afrique ma nuit noire, mystique et claire noire

et brillante.

Chant d'ombre

 

Mais la lumière lentement s'étend sur les yeux de la nuit.

Ethiopiques

 

Je regretterai le pays natal et la pluie de tes yeux sur la soif

des savanes. [...]

Ces mains de nuit sur mes paupières. [...]

Nous boirons le lait de la lune. [...]

Je dormirai dans le silence de mes larmes.

Nocturnes

 

 

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:24

 

 

"vous savez que moi je ne puis vivre seul...

vous savez que j'ai toujours eu un besoin terrible

de vivre avec les gens."

Lettre à Desnos du 6 avril 1928

 

 

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 17:44

 

 

" L'homme, ce rêveur définitif"

in A. Breton et la naissance de l'aventure surréaliste p 338 Marguerite Bonnet

 

 

 

On sait, jusqu'à un certain point, ce que, mes amis et moi, nous
entendons par surréalisme. Ce mot, qui n'est pas de notre invention
et que nous aurions si bien pu abandonner au vocabulaire critique.
le plus. vague, est employé par nous dans un sens précis.
Par lui nous avons convenu de designer un certain automatisme
psychique qui correspond assez bien à l'état de rêve, état qu'il est
aujourd'hui fort difficile de délimiter."

Les Pas perdus p 149

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 15:50

 

 

L'homme a voulu rêver,

le rêve gouvernera l'homme.

p 72

 

 

N'ayant pas d'autres camarades que trois innocentes petite soeurs, dormant même toujours avec elles enfermé dans un beau et silencieux jardin, loin  de tous les spectacles de la pauvreté, de l'oppression et de l'injustice, je ne pouvais pas, dit-il, soupçonner la véritable complexion de ce monde.

p 204

 

Qu'est-ce que le cerveau humain, sinon un palimpseste immense et naturel ? Mon cerveau est un palimpseste et le vôtre aussi, lecteur. Des couches innombrables d'idées, d'images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau, aussi doucement que la lumière. Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente. Mais aucune en réalité n'a péri.

p 214

 

Le bon sens nous dit que les choses de la terre n'existent que-bien peu, et que la vraie réalité n'est ue dans les rêves. Pour digérer le bonheur naturel, comme l'artificiel, il faut d'abord avoir le courage de l'avaler; et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité telle que la conçoivent les mortels, a toujours fait l'effet d'un vomitif. [...[

la femme est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves. La femme est fatalement suggestive; elle vit d'une autre vie que la sienne propre; elle vit spirituellement dans les imaginations qu'elle hante et qu'elle féconde.

p 59

 

Mais les profondes tragédies de l'enfance [... [ vivent toujours cachées, sous les autres légendes du palimpseste. La passion et la maladie n'ont pas de chimie assez puissante pour brûler ces immortelles empreintes. 

p 217

 

La faculté de rêverie est une faculté divine et mystérieuse; car c'est par le rêve que l'homme communique avec le monde ténébreux dont il est environné. Mais cette faculté a besoin de solitude pour se développer librement; [...[

C'est dans les notes relatives à l'enfance que nous trouverons le germe des étranges rêveries de l'homme adulte, et, disons mieux, de son génie.

p 202

 

Enfin, pour m'exprimer d'une manière plus concise, ne serait-il pas facile de prouver, par une comparaison philosophique entre les ouvrages .d'un artiste mûr et l'état de son âme quand il était enfant, que le génie n'est que l'enfance nettement formulée, douée maintenant, pour s'exprimer d'organes virils et puissants ?

p 203

 

terreur et pressentiment mêlés, c'était l'effet produit par cette affreuse vérité, pour la première fois révélée que ce monde est un monde de malheur, de lutte et de proscription.

p 206

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1816  Thomas De Quincey (1785-1859) s'installe à Edimbourg où Il devient totalement dépendant de l'opium, ce qui lui inspirera "Les confessions d'un mangeur d'opium anglais" en 1822. Cet ouvrage sera commenté par Baudelaire et lui permettra de décrire les répercussions physiques et mentales de la prise d'opium dans "Les paradis artificiels".

 

 

 

 

 

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