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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 16:46

Livre00

 

 

 

Bret-Easton-Ellis.jpeg

 

 

Ellis nous parle d'une Amérique sous transxène, qui s'enfile les anxiolytiques comme on boirait de la tisane cherchant inlassablement le secret qui permettrait à tous les enfants désaxés qu'elle produit à la pelle, victimes des angoisses de leurs parents de trouver un sens à la vie.

Ellis nous parle de lui, ou d'un phantasme de lui, d'un personnage qui ne s'appartiendrait plus qui se diluerait dans une biographie imaginée par un double qui se regarderait en réalisant qu'il n'est déjà plus lui-même.

 

« Eh bien, l'auteur du livre n'est pas dans le livre, a été la réponse de Kimball, accompagnée d'un sourire qui se voulait rassurant et ne l'était absolument pas. Je veux dire que Bret Ellis n'est pas un personnage du livre et jusqu'à présent l'agresseur ne s'est intéressé qu'à des gens dont les identités ou les noms étaient semblables à ceux des personnages de fiction. » Silence. « Vous n'êtes pas un personnage de fiction, n'est-ce pas, Mr. Ellis ? »

p 162

 


Ellis recrache tout ce qu'il ingère mélangeant les influences, se nourissant des mots des autres et du mal d'un pays qui phagocyte son écriture jusqu'à laisser croire qu'il est l'Amérique, mais Ellis est un faussaire qui dit la vérité.

Ellis nous parle du père et c'est là qu'il est monstrueux, un monstre qui tout à coup nous apparaît tellement humain qu'on fini parl'aimer.

 

 

"... mais c'était ce qui se passait quand vous refusiez de visiter ou d'affronter le passé : le passé commence à vous rendre visite et à vous affronter. Mon père me suivait (mais il t'avait suivi depuis toujours) et il voulait me dire quelque chose et c'était urgent et c'était maintenant que ce besoin se manifestait. C'était contenu dans la maison qui pelait et les lumières qui clignotaient et déclinaient et c'était contenu dans le mobilier qui se déplaçait et le maillot de bain humide et les apparitions de la Mercedes crème. Mais pourquoi ? Je me concentrais, mais mes souvenirs ne le concernaient pas : une piscine éclairée, une plage vide à Zurna, une vieille chanson New Wave, une portion déserte de Ventura Boulevard à minuit, la frondaison des palmiers dansant sur les traînées violettes d'un ciel de fin d'après-midi, les mots « Je n'ai pas peur » prononcés pour blâmer quelqu'un. Je l'avais effacé de tout. Mais à présent il était de retour et je comprenais qu'il y avait un autre monde au-dessous du monde dans lequel nous vivions"

p 219

 

"... j'ai compris l'unique chose que j'étais en train d'apprendre de mon père : à quelle solitude les gens se condamnent. Mais j'ai aussi compris ce que je n'avais pas appris de lui : qu'une famille - si vous le permettez - vous donne de la joie, qui vous donne à son tour de l'espoir. Que nous avions tous les deux échoué à comprendre que nous partagions le même cœur.

Il y avait encore une dernière histoire à écrire."

p 374


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