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22 juillet 2018 7 22 /07 /juillet /2018 14:59

 

 

ça, la rue ? Ça, la maison? Ça, le jardin ?
Oh ! vanité des souvenirs !
En visitant après de très longues années le petit
pays où j'étais né, où j'avais passé mon enfance et ma
première jeunesse, je m'apercevais bien que, sans
avoir pourtant changé en rien, il n'était vraiment
pas tel qu'il était resté en moi, dans mes souvenirs.
En lui-même donc mon petit village ne possédait
pas cette vie dont j'avais cru vivre si longtemps;
cette vie qui, pendant un autre si long laps de temps,
avait dans mon imagination continué également en
lui, hors de ma présence, à se dérouler; et les lieux
et les choses n'avaient pas cet aspect qu'avec une si
grande. douceur d'affection, j'avais gardé et sauvegardé
en ma mémoire.
Elle n'avait jamais existé, cette vie, sinon en moi.
Et voici qu'en face des choses - inchangées mais
différentes, parce que moi, j'étais différent - cette
vie m'apparaissait irréelle, comme de rêve: une illusion,
une fiction d'antan bien à moi.

D'où la vanité de tous mes souvenirs.
C'est là, me semblé-t-il, une des plus tristes
impressions, peut-être l'impression la plus triste
qu'il soit donné d'éprouver à celui qui, après de
nombreuses années, revient au pays natal: voir ses
propres souvenirs tomber dans le néant, se dissiper
un à un, s'évanouir; souvenirs qui cherchent à
reprendre vie et qu'on ne retrouve plus dans les
lieux parce que le sentiment qui a changé n'arrive
plus à revêtir ces lieux de la réalité qu'ils avaient
auparavant, non pour eux-mêmes, mais pour vous.

Nos souvenirs

 

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