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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 15:55

 

 

 

 

Dans un éditorial de "L'opinion" publié le dimanche 28 juin 2015 à 19h56, Luc De Barochez, rédacteur en chef numérique se lâche...

 

Ce n’est pas seulement le sort de la Grèce qui se joue cette semaine. Les décisions prises vont influencer le projet européen lui-même, l’avenir de la monnaie unique, les politiques économiques et les comptes publics. Pour naviguer entre Charybde et Scylla, quelques idées claires sont indispensables :

Face à des maîtres chanteurs, seule la fermeté paye.

C'est vrai, Alexis Tsipras se trouvait face à des maîtres chanteurs qui n'ont pas hésité à agiter, au mépris des règles institutionnelles de l'Europe, la sortie de la Grèce de la zone euro.

 

Le référendum convoqué par Alexis Tsipras dévoie la démocratie.

Puisqu'on parle de la Grèce, retournons au sens premier du terme inventé par les grecs justement : la démocratie est un régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir et le référendum est un procédé de démocratie semi-directe par lequel l'ensemble des citoyens est appelé à exprimer une position sur une proposition qui leur est soumise. Tsipras est donc bien du côté d'Aristote, alors que Luc De Barochez semble plutôt avoir choisi le camp des sophistes : Aujourd’hui, le mot « sophiste » qualifie de manière péjorative celui qui profite des ambiguïtés du langage pour produire des raisonnements ou des arguments apparemment solides, c'est-à-dire prenant l'apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice ou une perversion volontaire visant à manipuler ou à tromper l’auditeur. (Wikipédia)

 

Quitter sans prévenir les négociations avec ses pairs européens, pas moins légitimes que lui, appeler son propre peuple à voter « non », qui plus est sur des propositions devenues caduques du fait même de la rupture, tout cela témoigne de l’incompétence, de l’irresponsabilité voire de la malhonnêteté de Syriza.

Vraiment des pourris ces grecs...

 

Rembourser son dû est au fondement de l’Etat de droit. Il est pernicieux de construire une Union où, par souci de préserver l’euro, les pays créanciers renflouent à grands frais un débiteur insolvable. 

Là encore un petit retour à l'histoire ne fait pas de mal : Un accord signé en 1953 avait permis à la RFA d'annuler plus de 60% de sa dette contractée avant et après-guerre. La Grèce était alors un des 21 créanciers de la RFA. Dommage que Luc De Barochez ne soit pas l'homme qui murmurait à l'oreille d'Angela Merkel.

 

Ils aggravent leurs pertes futures et empêchent la Grèce de trouver par elle-même les voies de son salut.

Sans compter, que pour le salut, c'est pas gagné au vu de la décoxtion préparée à Bruxelles, surtout si l'on regarde ce qui est arrivé à l'économie grecque depuis l'adoption des plans acceptés par le précédent gouvernement d'Antonis Samaras : "Au nom de réformes dont le pays a réellement besoin, on baisse les salaires et les retraites de 35 à 40 %, on augmente les impôts de 25 %, on dérégule le marché du travail, annule les conventions collectives, ferme les hôpitaux, prive de chauffage les écoles... Elles sont où les réformes ? Dans les 30 % de Grecs qui n'ont plus accès aux soins ? Dans le tiers de la population passé sous le seuil de pauvreté ? Dans les 27 % de chômage, dont 62 % chez les moins de 30 ans, ou dans le parti néo nazi, devenu troisième parti du pays ?" Le Monde 16 06 2013  Angélique Kourounis

 

Un défaut implique une sortie de la zone euro. Le peuple grec doit se déterminer en connaissance de cause. Des banques sans argent et des capitaux contrôlés vont lui donner dès cette semaine un avant-goût d’une vie sans euro.

Cette remarque qui sonne comme la menace d'une punition possède un arrière goût de petit mensonge : un retrait de la zone euro est-il possible ? «Rien n'est prévu à ce sujet dans les traités, car cette possibilité n'a jamais été envisagée», explique le spécialiste de l'Ifri. «Comme aucune sortie n'est prévue, cela signifie que l'adoption de l'euro a un caractère irréversible.», explique Vivien Pertusot sur Le Figaro.fr

 

 

– Avec ou sans la Grèce, c’est d’abord le caractère précaire et inachevé du projet européen qui explique la crise. Une monnaie commune nécessite un budget commun, une fiscalité commune, un gouvernement économique commun. Le défi attend d’être relevé.

Dans un entretien à El Pais, Jean-Claude Junker a dit très cruement à quoi servirait un tel gouvernement en parlant du programme sur lequel Tsipras avait été élu : " Les propositions de certains de ces partis ne sont pas compatibles avec les règles européennes". Ainsi, laissés hors de portée du suffrage universelle lorsqu'il s'exprime dans des élections, les traités ne seront plus  qu'un vaste carcan destiné à museler les peuples qui voudraient se libérer du joug que fait peser sur eux la construction européenne telle qu'elle est déssinée aujourd'hui par des dirigeants qui roulent pour d'autres que ceux qu'ils gouvernent.

 

 

– Quand un gouvernement, comme celui d’Alexis Tsipras, admet ne plus être en état de gouverner, ce n’est pas un référendum qui est requis mais de nouvelles élections. Ce serait-là, enfin, un vrai acte démocratique et responsable de sa part. Qui donnerait à la Grèce, et à l’Europe, la chance d’un nouveau départ.

Ca résonne comme un appel à renverser le gouvernement tout ça... Il faut bien avouer que ce rêve fou était partagé par plus d'un (à moins que ce ne soit ici qu'il faille parler de fous) : "Le président du Parlement européen Martin Schulz a espéré dans la presse allemande la nomination d'un "gouvernement de technocrates" en Grèce pour en finir avec "l'ère Syriza", après une éventuelle victoire du oui au référendum de dimanche." Le Figaro.fr

 

où est-il le temps béni des colonels ?

 

 

"Les maîtres chanteurs" L'opinion - Grèce
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