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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 17:51
De la domination

 

C’est sur le pillage pur et simple des terres que s’était affirmée la « présence civilisatrice » de la France. « Partout où il y a de bonnes eaux et des terres fertiles, écrivait le général Bugeaud, c’est là qu’il faut placer les colons. Sans s’informer de savoir à qui appartiennent les terres, il faut les leur distribuer en toute propriété. »

Après le choc qu’a constitué la découverte de la double violence, militaire puis économique, de la conquête si souvent euphémisée par l’« histoire de France », j’ai donc commencé à comprendre l’importance décisive du troisième niveau, culturel, de la domination coloniale, ainsi que les entrelacs et autres replis complexes des contradictions, aussi durables que profondes, véhiculées jusqu’à nos jours par cette troisième dimension.

La dépossession culturelle ultime, longtemps non dite, voire, sur la rive nord de la Méditerranée, valorisée au nom de la « civilisation », n’a ni l’évidence de la domination politique ni celle de la dépossession foncière ou économique. C’est par ce biais pourtant que la société dominée prend lentement conscience que son univers symbolique est discrédité, périphérisé, marginalisé et qu’elle est en train de s’« indigénéiser ». Son univers symbolique tout entier ne sert plus que de faire-valoir à la « modernité » de l’univers du dominant, qui monopolise désormais l’expression de l’universel. C’est bien cette prise de conscience de la strate culturelle cachée de la colonisation qui va structurer ma conscience politique naissante.

L'altérité islamiste, une histoire autre ?

François Burgat in Orient XXI

 
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