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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 06:37

 

Ce que disais Thomas Sankara à propos de la dette en 1987

est malheureusement toujours valable pour la Grèce.

 

 

La dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux
origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont eux qui nous ont
colonisés. Ceux sont les mêmes qui géraient nos États et nos économies […].


La dette, c’est encore le néocolonialisme où les colonialistes se sont transformés en
assistants techniques (en fait, nous devrions dire en « assassins techniques »). Et ce sont
eux qui nous ont proposé des sources de financement […]. On nous a présenté des
dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour
cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous a amenés à
compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.


La dette sous sa forme actuelle est une reconquête savamment organisée de l’Afrique,
pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui
nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave
financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la
fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. […]


Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer.
Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que
les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang […].


Quand nous disons que la dette ne saura être payée, ce n’est point que nous sommes
contre la morale, la dignité, le respect de la parole. [C’est parce que] nous estimons que
nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas
la même morale


Thomas Sankara, « Conférence de l’Organisation de l’unité africaine » (Addis-Abeba, 29 juillet
1987), in Thomas Sankara parle, op. cit., p. 395-408.

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