Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

Recherche

17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 10:28

 

 

Mais pourquoi sont-ils pauvres ?,

paru le 1er mars aux Éditions du Seuil, 300 pages, 20 euros.

Première scène du livre


« Un jour d’avril où il faisait froid, je suis passée devant ces deux hommes, allongés sur le matelas et dissimulés de la tête aux pieds par la couverture. Sur la masse humaine et invisible, étendue sur le grabat, un passant, peut-être, avait posé un sachet de boulangerie. Les hommes dormaient et n’avaient rien vu. Les pigeons, eux, veillent, toujours à l’affût. Posée sur le corps des deux hommes, une dizaine de volatiles déchiquetait à coups de bec les croissants. Une scène de pigeons charognards en quelque sorte, qui m’a figée sur place, probablement bouche bée. C’est alors qu’un jeune couple s’est avancé sur le trottoir. Intrigué par mon attitude, il m’a regardée, a regardé ce que je regardais, m’a regardée à nouveau, et a éclaté de rire. C’est dans cet écart de regard qu’est née l’idée de ce livre. Difficile de savoir ce qui se raconte dans un éclat de rire. Étaient-ils blasés ? Se protégeaient-ils du spectacle de la misère ? Avais-je affaire à deux salauds ? (…) Aimaient-ils les pigeons et pas beaucoup les hommes ? Au fond je n’en savais rien, rien ne permettait de conclure. Mais j’avais besoin de conclure pour me rassurer – trouver du sens à leur rire pour mettre à distance sa violence. »


Sur le site de l'Huma un entretien avec l'auteur link

 

Un extrait :

 

Quand des ministres emploient les termes d’« assistés » ou de « cancer », cela contribue 
à diviser, à jeter l’opprobre sur les pauvres.


Catherine Herszberg.

Ils n’ont fait qu’instrumentaliser un ressentiment déjà fortement ancré, à défaut d’une autre réponse collective au malheur social. Depuis les grandes crises pétrolières du milieu des années 1970, et le début du chômage de masse, l’État a renoncé à jouer sa fonction protectrice sur le plan social. Cette fonction, il l’exerce désormais, comme le dit le sociologue Robert Castel, sur le plan sécuritaire. Or, ce nouveau ciment social, basé sur l’exclusion de l’autre et non sur son inclusion, exige d’être sans cesse renforcé pour conserver son pouvoir et implique de désigner toujours plus de catégories menaçantes. Étrangers, malades mentaux, délinquants, assistés. Et Sarkozy vient d’en introduire une autre : les chômeurs. La liste ne s’arrêtera pas là, c’est certain…

 

 

Entretien réalisé par Flora Beillouin

Partager cet article
Repost0

commentaires