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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 17:01

 

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Extrait de discours sur le colonialisme

 

"Autrement dit, la négritude a été une révolte contre ce que j'appellerai le réductionnisme européen. Je veux parler de ce système de pensée ou plutôt de l'instinctive tendance d'une civilisation éminente et prestigieuse à abuser de son prestige même pour faire le vide autour d'elle en ramenant abusivement la notion d'universel, chère à Léopold Sédar Senghor, à ses propres dimensions, autrement dit à penser l'universel à partir de ses seuls postulats et à travers ses catégories propres. On voit et on n'a que trop vu les conséquences que cela entraîne : couper l'homme de l'humain, et l'isoler, en définitive, dans un orgueil suicidaire, sinon dans une forme rationnelle et scientifique de la barbarie."

 

Discours prononcé aux Etats-Unis le 26 février 1987

 

 

 

"Il y a des comportements, qui n'ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu'ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l'homme, a-t-il déclaré. Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation."

Claude Guéant, Colloque de l'UNI

 

 

Pour une mise en perspective argumentée voir : link

Ou ici : link

 

Ou bien Claude Levi-Strauss in 60 ans d'histoire de l'UNESCO 2005 link

 

"Diversité culturelle et diversité biologique ne sont donc pas seulement des phénomènes du
même type. Elles sont organiquement liées, et nous nous apercevons chaque jour davantage qu’àl’échelle humaine, le problème de la diversité culturelle reflète un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente, celui des rapports entre l’homme et les autres espèces vivantes, et qu’il ne servirait à rien de prétendre le résoudre sur le premier plan si l’on ne s’attaquait aussi à lui sur l’autre, tant il est vrai que le respect que nous souhaitons obtenir de chaque homme envers les cultures différentes de la sienne n’est qu’un cas particulier du respect qu’il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie. En isolant l’homme du reste de la création, en définissant trop étroitement les limites qui l’en séparent, l’humanisme occidental hérité de l’Antiquité et de la Renaissance a permis que soient rejetées, hors des frontières arbitrairement tracées, des fractions chaque fois plus prochaines d’une humanité à laquelle on pouvait d’autant plus facilement refuser la même dignité qu’au reste, qu’on avait oublié que, si l’homme est respectable, c’est d’abord comme être vivant plutôt que comme seigneur et maître de la création : première reconnaissance qui l’eût contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants.
Ces vérités seraient d’évidence pour les peuples qu’étudient les ethnologues. On se félicite
donc que les organisations internationales, et au premier rang l’UNESCO, prêtent à leurs intérêts vitaux et à leur pensée philosophique de plus en plus d’attention.
Par de sages coutumes que nous aurions tort de regarder comme des superstitions, ces
peuples limitent la consommation par l’homme des autres espèces vivantes et lui en imposent le respect moral associé à des règles pour assurer leur conservation. Telles sont les leçons que les ethnologues ont apprises auprès d’eux en souhaitant qu’au moment où l’UNESCO les aide à rejoindre le concert des nations, elle les assiste aussi dans leur volonté de conserver ces principes intacts et qu’elle encourage d’autres à s’en inspirer."

 

Sûr que pour certains peuples, notre civilisation portée par un désir frénétique de consommation dont le gaspillage en est l'incarnation mortifère et la production de déchets la terrible anamnèse, ne saurait valoir la leur...

Mais, pour leur plus grand bonheur, leur civilisation ne sécrète pas de Claude Guéant.

 


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