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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 19:09
Rwanda 1994
le crime avait été annoncé




un article de l'humanité
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Jean Hatzfeld a écrit trois livres sur la trégédie du Rwanda.
Trois livres poignants qui donnent la parole aux survivants,
aux victimes et aux bourreaux...
- Dans le nu de la vie (récit des marais rwandais)
- Une saison des machettes
- La stratégie des antilopes
les citations qui suivent sont toutes tirées de ce dernier livre.

" On a commencé à six milles et on a fini à vingt [...]
Si on courait seul, on était vite attrapé, on devenait un gibié trop vulnérable [...]
Et quand les tueurs semblaient vous atteindre, on s'éparpillait de tous côtés pour garder chacun sa chance; au fond, on adoptait la stratégie des antilopes."

p 51

"Toutefois, le plus important ce n'étaient pas les jambes ni le souffle, ce n'était pas non plus le moral, c'était bien la chance."
p 53
"Le moral s'évalue, la vitesse ou les connaissances en orêt aussi, mais la chance, elle, n'a aucune mesure."
p 55

"On savait qu'on courait vers la mort, mais on voulait zigzaguer dans la vie le plus longtemps possible."
p 56

«J'ai vécu huit ans sans pouvoir rien dire sur mes origines tutsies, rien sur ma famille, rien sur mon enfance, rien sur mes pensées profondes, rien sur moi. À vivre seule, toujours seule, sans jamais oser pleurer de solitude, sans jamais avoir l'opportunité d'appeler de son nom une personne que j'aimais. Il y a des jours, je me sentais si seule que j'essayais de me parler à moi-même.
Je me mettais dans un petit coin, je m'appelais par mon nom, avec la petite voix, par gentillesse. Je cherchais le premier mot, mais je navais rien à me dire.
«J'avais onze ans quand j'ai fui Nyamata, j'en avais dix-neuf quand je suis revenue. L'enfance m'avait abandonnée, la jeunesse na pas voulu de moi.J'ai manqué la
maman, le papa, les frères et sœurs. Les chansons d'école se sont dérobées, et les jeux, les romances, les beaux habits, les fêtes de jeunesse. Ma mémoire ne lâche aucun
souvenir. J'ai perdu une première vie qui m'était promise.» Mais je me sens calme; et vigoureuse. Je me sens encouragée à attraper une deuxième vie, je crois aux promesses."

p 81

"Pour celui qui n'a pas vécu le génocide, manquera toujours une vérité, à cause de la défaillance des rescapés."
p 112

"Mais l'intimité du génocide appartient à ceux qui l'ont vécu, à eux de devoir la dissimuler, elle ne se partage pas avec n'importe qui."
p 123

"Les morts s'en sont allés avec leurs secrets que les cadavres ne laissent que deviner.
Raconter, ce n'est pas leur redonner vie, puisqu'on ne peut surmonter leur mort. C'est seulement leur offrir de la dignité et de la gentillesse. C'est tendre la main à leur souvenir du mieux qu'on peut. Montrer comment ils ont été méritants chaque fois que l'occasion s'en présente."

p 129

"Parce que les morts existent dans nos récits. Ils sont morts pour les vivants, mais ils n'ont jamais disparu pour les survivants."
p 132

"Rendre justice serait tuer les tueurs. Mais ça ressemblerait à un autre génocide, ce serait le chaos. Les tuer ou les punir d'une façon convenable : impossible ; leur pardonner : impensable. Etre juste est inhumain.
La justice ne trouve pas place après un génocide, parce qu'il dépasse l'intelligence humaine".

p 161

"Ce qu'elle aurait pu être : une jeune femme formidable digne de vie d'une vie qui aurait dû être passionnante."
p 212

Rwanda : l’histoire d’un génocide
avec Yves Ternon et Georges Bensoussan, historiens
Le 6 avril 1994 à 20h30 l’avion du président Rwandais explose en plein vol, victime d’un attentat. Cet évènement est le détonateur de ce qui se préparait depuis longtemps : le génocide des Tutsi par les Hutu au Rwanda.
En huit semaines, ce sont entre 500 000 et 800 000 personnes qui furent assassinées. Retour sur l’histoire tragique de ce peuple... c’était il y a 15 ans... Triste anniversaire en 2009.

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