Les actrices de cette époque étaient d'abord inscrites dans un visage, des yeux, un regard et seul semblait compter le haut de leur corps dont le bas disparaissait dans une métonymie figurative qui leur conférait à la fois la pureté du désir et son inhibition tant l'image proposée pouvait tenir le sexe à distance
dans une non éxistence.

Visage épuré dont la grâce tient à ce qu'il montre son au delà, ce qui n'est pas accessible au regard mais ce qui est perçu par la raison lorsqu'elle prend le relai
des sens, ces actrices ne sont pas charnelles mais charmantes.

Elles sont le charme dénudé de son aspect trivial, expurgé de sa composante obcène, la beauté éthérée d'un être dont la pure essence est d'être irréel.
Mais l'image n'est jamais aussi pure que l'idée que l'on se fait d'elle et parfois l'imaginaire reprend ses droits, utilisant l'interstice, la fissure propisce au
désir, l'écart qui laisse le passage du corps au dehors pour ramener l'être à sa présence.
