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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 13:40

 

 

 

"L'indifférence ! L'idée qu'une chose ne nous touche pas, que nous pouvons en penser ce que nous voudrons, qu'il n’en résultera ni profit ni dommage pour nous [...] Le nombre de ces choses n’a cessé de croître ; le monde est devenu de plus en plus indifférent1 ; »


Qu’un ministre de celui qui se présenta au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017 comme un rempart contre le Front National2  reprenne « une antienne » de l’extrême droite italienne chère à Matteo Salvini3, à laquelle ne fut jamais apportée la moindre preuve, en dit assez long sur la porosité des idées nauséabondes qui servent aujourd’hui de repoussoir lorsqu’on veut décrédibiliser les ONG qui secourent les migrants, ou pire encore lorsqu’il s’agit de criminaliser4  leur action comme on le fait avec les individus tels Cedric Herrou…
Le Ministre de l’intérieur pourrait assumer à lui tout seul les maximes de chacun des « trois singes de la sagesse
5 » tant il ne voit ni n’entend les violences policières régulièrement dénoncées depuis l’origine des manifestations des Gilets Jaunes si contrairement au dernier des petits singes il n’usait de sa parole pour nous dire comme le feraient Mulder et Scully6 que le « mal est ailleurs »…
Ainsi porté au plus haut niveau de l’Etat cet absolu manque d’empathie pour celui qui souffre, ou qui risque sa vie en traversant la Méditerranée, élevé presque au rang « d’une passion triste » en ravalant l’émotion que suscitent les images de ces corps mutilés par l’usage hors de proportion des LBD, de ces corps devenus dans l’errance des migrations vers l’Europe, la figuration d’une tragédie qui nous sidère, nous renvoie à cette idée, soudain, que l’homme peut devenir superflu
7 pour ceux qui nous gouvernent…

 

 

 

1 - Nietzsche, livre III, chap. 2.
2 - https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/04/macron-un-rempart-face-au-fn-et-son-adversaire-reve_5105353_4854003.html
 3 - Il a ainsi rejoint les propos tenus sur le sujet, la veille, par Matteo Salvini, son homologue italien d’extrême droite.
4 - https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/france-vers-une-politique-assumee-de-criminalisation-des-defenseurs
5 - Les singes de la sagesse (aussi appelés « les trois petits singes ») est un symbole d'origine asiatique constitué de trois singes, dont chacun se couvre une partie différente du visage avec les mains : le premier les yeux, le deuxième la bouche  et le troisième les oreilles. Ils forment une sorte de maxime picturale : « Ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal».
6 - Le générique de la série « X-files » se termine habituellement par la phrase « The truth is out there » (« La vérité est ailleurs » dixit Heidegger et Platon).
7 - En effet, en remontant la genèse du totalitarisme, Arendt identifie un phénomène nouveau dans l’Europe de l’entre-deux-guerres : celui des réfugiés et apatrides, ces personnes qui se retrouvent à l’écart des constructions étatiques et qui, déracinées, forment un flux de migrants sans lieu assigné, qu’il soit géographique (un pays) ou politique (un Etat). Arendt s’efforce de saisir ce phénomène dans sa spécificité, son caractère radicalement singulier et unique. Cependant elle met ce phénomène en perspective avec, en amont, le phénomène de l’exclusion politique analysé à travers la figure du paria (dont le Juif est la figure paradigmatique), et, en aval, le phénomène de la déshumanisation à travers la figure du détenu de camp de concentration. https://www.academia.edu/15994250/Etre_%C3%A0_la_fronti%C3%A8re_r%C3%A9fugi%C3%A9s_apatrides_et_parias_dans_la_philosophie_dHannah_Arendt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 18:10

 

 

 

Il se sentait rêveur, presque triste, étreint par la puissance d’un sentiment qui ressemblait à la mélancolie. Son regard se posait sur le monde autour de lui et pourtant il ne voyait rien, insensible soudain à la rumeur de la vie bruissante dont il échappait lentement à la prégnance. Assis, immobile, ayant fermé les livres dont il avait parcouru quelques pages, cherchant une distraction qui n’était pas venue, à cet ennui vague et sans objet précis, mais dont la force, il le sentait, le plongerait dans un songe d’autant plus profond qu’il n’avait pas de nom, se demandant s’il savait toujours dans « l’obscurité profonde de la nuit belle et douce comme du velours ; et dans le crissement du sable humide, sous les pas lents et lourds de la sentinelle1  » entendre la petite chanson de la vie .
Peut-être avait-il perdu l’élan qui l’avait conduit, étant plus jeune à croire en ce feu libérateur et rédempteur qui pourrait dévorer toute la misère du monde, à cet embrasement fait des cris et des hurlements de tous les damnés de la terre
, il avait cru en cet avenir prométhéen, dans la certitude que viendrait, comme une promesse faite à la nuit, la Révolution… Pourtant, de partout qu’il se tournait ce n’était que fer2 et que sang... Rien n’avait surgit de ce qu’il espérait qui n’ait été piétiné, renvoyé dans les limbes… L’histoire n’était-elle donc que cette longue plainte étouffée de ceux qui souffraient « La route du socialisme – à considérer les luttes révolutionnaires – est pavées de défaites3  »
Tout avait brûlé et rien n’avait poussé, les années avaient passées usant peu à peu le rêve qu’il portait en lui, mais contrairement à tant d’autres qui avaient survécu et trahi, s’accommodant d’adorer les puissants devant lesquels ils courbaient maintenant l’échine, offrant leur dos obséquieux à la caresse de la main qu’ils servaient
4  il conservait sous la cendre des insurrections éteintes, la chaleur du feu qui couve… Cela le rendait triste et pourtant il lui semblait tirer de cette tristesse la possibilité de croire le bonheur possible, malgré les échecs ou peut-être parce qu’ils n’étaient pas cette fin de l’histoire annoncée avec arrogance par ceux, quelque soit leur nom et les époques, qui maintenaient la multitude des gueux sous leur domination… Il en avait la certitude, la mélancolie qui l’étreignait n’annonçait pas le crépuscule, il n’avait pas renoncé « Nous sommes debout, les deux pieds sur ces défaites et nous ne saurions renoncer à une seule d’entre elles, car de chacune nous tirons un peu de notre force, une partie de notre lucidité.5 »
Cet espoir fait de tristesse et de sang il le laisserait en devenir, il le transmettrait comme il l’avait reçu des générations passées, il le transmettrait enrichi de la mémoire des luttes, de cette histoire écrite par les dominés contre l’histoire officielle comme une longue suffocation qui ne meurt jamais...
« L’ordre règne à Berlin ! sbires stupides ! Votre ordre est bâti sur le sable. Dès demain la Révolution se dressera de nouveau avec fracas proclamant à son de trompe  pour votre plus grand effroi : J’étais, je suis, je serai.
6 »

 

 

1 - Rosa Luxemburg, Lettres de prison à Sophie Liebknecht, à la veille du 24 décembre 191.
2 -  L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Jean-Jacques Rousseau « Le contrat social »
3 -  L’ordre règne à Berlin, dernier article de Rosa Luxemburg
4 -   Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col mao au Rotary , Guy Hocquenghem
5 -   L’ordre règne à Berlin, dernier article de Rosa Luxemburg
6 -   L’ordre règne à Berlin, dernier article de Rosa Luxemburg

 

 

 

Les citations sont de Rosa Luxemburg assassinées le 15 janvier 1919 à Berlin après l’échec de la Révolution Spartakiste :

En novembre 1918, le gouvernement social-démocrate de la République de Weimar a conclu un pacte avec l’état-major militaire et les corps francs pour liquider le soulèvement des travailleurs et des organisations révolutionnaires. Rosa Luxemburg et ses camarades, fondateurs de la ligue spartakiste, membres du noyau initial du Parti communiste allemand depuis décembre 1918, ont été durement touchés. Le 15 janvier, un groupe de soldats arrête Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg vers neuf heures du soir. Rosa « remplissait une petite valise et prenait des livres », pensant qu’elle allait retourner une fois de plus en prison. Après avoir appris leur arrestation, le gouvernement de Noske laisse Rosa et Karl entre les mains du « Kreikorps » - le corps paramilitaire d’anciens combattants de l’armée du Kaiser. A peine sortis de l’Hôtel Eden, les dirigeants spartakistes reçoivent des coups de crosse à la tête, sont traînés et abattus. Le corps de Rosa a été jeté dans la rivière depuis le pont de Landwehr.

 

Rosa Luxemburg est connue par ses analyses historiques du mouvement communiste, mais ce sont ses lettres de prison à Luise Kautsky, Mathilde Jacob, Sonia Liebknecht, Clara Zetkin et d’autres… qui révèlent le mieux sa personnalité, ouvrant son intimité au lecteur d’aujourd’hui qui découvre à quel point elle fut une femme inspirante, profondément moderne dans sa manière d’éclairer le monde par l’intensité émotionnelle de ses sentiments…

Quelques extraits de lettres en suivant le lien : Lettres de Rosa Luxemburg

 

Le tableau est de Vincent Van Gogh, il représente le docteur Gachet (1890).


 

 

 

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 19:12

 

 

 

Ce mec était génial, son dernier coup de Com avec les SDF c’était du grand art…  Pile poil au moment où les pauvres s’aperçoivent qu’il est le président des riches, paf il part en maraude et « en même temps1 » comme il dit toujours, il supprime 57 millions

d’euros à l’hébergement d’urgence2 … Du pure Godard « Juste une image, une image juste »… On avait dit qu’il se prenait pour un monarque depuis le congrès à Versailles3  mais là, c’était carrément du Napo, enfin du Bonaparte, le nabot ne se faisait pas encore appeler par son prénom quand il s’était fait représenter en plein milieu de la toile par Antoine-Jean Gros, visitant « Les pestiférés de Jaffa ».


 Il était doué pour la Com, ça se voyait comme une Rolex au poignet de Sarkozy, un ami des riches lui aussi ,qui aurait dû être réélu à la place de la baudruche, mais heureusement l’intermède « mon ennemi c’est la finance4  » était définitivement clos et de quelle manière, un banquier à la tête du pays, c’était jouissif… La suppression de l’ISF et la flat taxe c’était passé crème… Bien sûr l’argent qu’on n’avait pas pris aux très riches comme lui, il avait bien fallu le prendre ailleurs, chez les retraités par exemple, mais le président avait un don certain pour trouver les mots qui justifiaient son hold-up, « Je vous demande un petit effort pour m’aider à relancer l’économie et les actifs. (...) Si je ne fais pas cet effort pour ceux qui travaillent, il n’y aura personne pour payer vos retraites5. » D’un certain point de vue il était assez camusien « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde.6 », et lui y préférait le malheur des vieux plutôt que celui des choses, c’est-à-dire des très riches…
Ah il allait aussi falloir taper dans les fonctionnaires, tant pis pour les services publics… Que l’hôpital, l’école, les maisons de retraites partent en quéquette il s’en foutait, lui il avait « un pognon d’dingue » pour se payer les meilleures cliniques privées dans lesquelles d’ailleurs il possédait des actions qui lui rapportaient un max et pour ses enfants il n’y avait pas d’établissements privés trop chers dans lesquels il ne put acheter des participations…

Et puis, chaque fois que l’état avait lancé des privatisations il s’était fait des roubignoles en or,  y’avait qu’à voir les péages, une pompe à fric qui le déversait directement dans ses poches et bientôt il pourrait investir dans l’aéroport de Paris que le gouvernement voulait privatiser et là encore ce serait Jackpot… Pour lui bien sûr pas pour les vaches à lait, pardon, les usagers…


Ah il pouvait dire « merci Macron » et il ne regrettait pas d'avoir donné 7 500€ à LRM7, un don d’ailleurs auquel tous les contribuables français avaient indirectement participé lorsqu’il en avait déduit 66% de ses impôts… Comme le proverbe le dit « y’a pas d’petits profits » surtout pour les très riches…

Aller, encore un ou deux coups de Com et les pauvres finiront par adorer Macron… 

Il venait subitement d’y penser, c’était vraiment trop con que Mère Teresa soit morte en 1997… Un selfie avec elle et c’était dans la poche…

 

2 - https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/02/26/l-hebergement-d-urgence-voit-son-budget-baisser-de-57-millions-d-euros_5428571_4355770.html
 3 - Congrès de Versailles : le roi Macron en solo https://www.liberation.fr/france/2018/07/08/congres-de-versailles-le-roi-macron-en-solo_1665093
 4 - https://www.huffingtonpost.fr/emmanuel-poilane/scinder-banques_b_2323584.html
 5 - https://www.lopinion.fr/video/ca-fait-buzz/hausse-csg-face-a-retraites-pas-contents-macron-se-justifie-145063
  6 - Albert Camus
 7 -  Très peu de gens participent en réalité à ce financement : en France, 290 000 personnes seulement déclarent donner de l’argent aux partis politiques, 0,79 % des Français adultes. Mais parmi le 0,01 % des Français aux revenus les plus élevés, cette proportion atteint 10 %. Et ces Français parmi le 0,01 % des plus riches donnent en moyenne 5 200 euros par an aux partis, c’est-à-dire quasiment le plafond légal de 7 500 euros. https://www.alternatives-economiques.fr/julia-cage-democratie-ne-plus-etre-a-vendre/00086190
dans le cas d'Emmanuel Macron, son parti a reçu plus de 13 millions d'euros de dons, dont la majeure partie sont des dons qui atteignent le plafond de 7500€.  (…) Si vous faites partie des 10% des français les plus riches et que vous donnez 7500€ à un parti politique, le coût réel pour vous n'est que de 2500€, parce que vous bénéficiez de 5000€ de réductions d'impôts.  https://www.lesinrocks.com/2018/12/30/actualite/julia-cage-laisse-la-democratie-etre-corrompue-par-le-poids-de-largent-prive-111155319/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 10:38

 

 

 

Dès les premières pages de ce récit écrit par quatre de ses potes, j’avais tout de suite compris que ce type renverrait à l’insignifiance dont ils n’auraient jamais dû sortir Booba et Kaaris dont l’importance m’apparaissait maintenant comme inversement proportionnelle à la surface occupée par une minuscule merde de mouche perdue sur l’immensité du carrelage… A ses débuts, le mec dont il était question dans le pavé qui pesait sur mes poignets, lorsque je lisais couché sur mon canapé, avait grave kiffé Jean Baptiste dont la carrière avait soudainement explosé le long du Jourdain et qui avait connu un coup d’arrêt à cause de ses ambrouilles avec Hérode Antipas. Ces animosités tragiques et savamment entretenues par les rappeurs n’étaient pas nouvelles pour moi, c’était même devenu un poncif du genre qui hélas nous privait souvent des « primus inter pares » à l’image de Tupac  dont la mort, j’en avais la conviction intime, avait été commanditée par Notorius B.I.G…. Bon, pour en revenir au mec du livre, après un bref séjour dans le désert à repousser diverses tentations plus diaboliques les unes que les autres, je réalisais que c’était pas Booba qui aurait pu résister à la vue d’une paire de nichons, le type s’était mis à envoyer du lourd dans ses battles avec les Pharisiens genre : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. » ou bien « Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. » ah ça m’changeait de « T’es pas  bonne, si t’as pas d’fesses t’as walou ». Très vite, le type s’est entouré d’une team toute acquise à sa cause, une sorte de crew avec laquelle il parcourait la Judée, n’hésitant pas à faire le coup de poing avec les marchands pour les expulser de la scène où il comptait se produire. Pourtant, le type était loin d’avoir un corps bodybuildé gonflé aux Acides Aminées, il était plutôt mince, comme l’un des clous qui allait servir sur le Golgotha lors de son calvaire. A l'image de bon nombre de rappeurs, le mec était un brin mégallo, parlant de lui à la troisième personne « Je suis celui qui est (…) Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas », mais lui, avait la tête encore plus près du bonnet et il avait tel’ment l’boulard « moi je suis le chemin, la vérité et la vie  (…) Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » qu’il n’hésitait pas à dire que Joseph n’était pas son père mais qu’il était le fils de quelqu’un de très haut placé… Très, très, haut...
Reste un point, si le mec avait peaufiné ses textes, il n’avait rien fait en musique, walou… Et là, pas d’doute le Duc l’emportait haut la main…

 

 

 

 

Toutes les citations sont tirées des Evangiles, des textes dont on soupçonne mal, sans les avoirs lues, toute la puissance… Pour la vie de Jésus, puisque c’est de lui dont il s’agit, nous avons puisé dans le livre de J.C. Petifils… Jésus qui reste, même pour ceux qui ne croit pas en Dieu, un personnage magnifique, un héros solaire...

 

"Un fait demeure, inexplicable rationnellement, outrepassant les frontières de l'improbable. Tout aurait dû s'arrêter à la pierre roulée au tombeau de Joseph d'Arimathie, creusé près d'un jardin, aux portes de Jérusalem. Abattus après l'arrestation de leur maître et la tragédie du Golgotha, les disciples étaient anéantis par sa mort ignominieuse sur une poutre.

Or, étrangement, tout a commencé là. Ce troupeau de fuyards apeurés s'est métamorphosé soudainement en un groupe non de fanatiques hypnotisés, mais d'hommes libres, brûlants de conviction, prêts à donner leur vie pour annoncer partout la Bonne Nouvelle. Saisis par un événement inouï - l'éblouissement pascal -, fous de joie et d'émerveillement, emplis d'une certitude absolue, celle d'avoir retrouvé leur maître vivant, de l'avoir vu après sa mort, de l'avoir touché, d'avoir mangé en sa compagnie, ils sont devenus les témoins rayonnants d'une vérité libératrice, persuadés que la croix n'était pas la fin, mais, au contraire, le commencement de l'Espérance.

Grâce à eux, le mouvement missionnaire prendra une ampleur planétaire. Comment croire qu'ils aient été de banals affabulateurs, des mythomanes, victimes d'hallucinations? Il y a là un phénomène unique, que l'historien armé de sa seule science ne peut pénétrer. De ce point de vue, le Jésus de l'Histoire, auquel les disciples renvoient, reste une énigme, un mystère insondable. «Pour vous, qui suis-je?» leur avait-il demandé. Près de deux mille ans plus tard, la question se pose encore. À chacun, en conscience, d'y répondre."

J.C. Petifils

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 18:39

 

 

Il avait flippé sa race en écoutant Casta1… Demain il irait à la gare chercher son abruti d’fils et sûr que les Gilets Jaunes seraient là, dans la rue, excités comme des bonzes tibétains attablés devant un plat de nouilles à la sauce carbonara qui viennent de comprendre que Philipe2 n’a rien assimilé des préceptes de Lao Tseu « Ce qui est dur et fort périra ; ce qui est doux et faible durera. »… Il espérait ne pas faire d’mauvaises rencontres…  Le commandant Andrieux3 devait toujours être à Toulon à bastonner deux ou trois gilets jaunes et normalement il ne pouvait pas tomber sur Benalla trop occupé au Tchad à palabrer avec les barbouzes de la Françafique… Bon, Casta l’avait fait flipper mais d’un autre côté il avait été rassuré de le savoir toujours à la tête des Keufs… Fallait qu’y s’remette un peu en mémoire l’vocabulaire d’son crétin d’fils sinon y z’allaient pas s’comprendre et ça allait finir en sucette comme la dernière fois… ouais ça l’avait rassuré d’voir la bonne bouille de Casta à la place de l’autre allumé d’Ferry4 qui voulait tirer dans l’tas… C’est que c’est si vite fait de finir dans l’tas5… Non… ce qui l’tracassait c’était la casquette… La casquette que son débile de fils portait toujours la visière à l’arrière rabattue sur la nuque… c’est que depuis quelques temps fallait faire gaffer à ce qu’on portait sur la tête6… déjà l’été passé, la température avait passablement monté avec l’épisode du voile sur la plage et maintenant la cagoule avait pas bonne presse… Pourtant il avait toujours cru que la Cagoule c’était les fachos7 … En parlant d’ça, lui revint en mémoire ce que son dégénéré d’fils lui avait balancé dans les dents le soir du premier tour quand Marine s’était retrouvée face à Macron et qu’il avait fait péter un bouchon pour fêter ça « A force de lui lécher la chatte on va finir par l’attraper la chtouille »… Il avait été trop laxiste dans son éducation, il aurait dû intervenir tout de suite et l’empêcher de fréquenter tous ces blacks qui lui avaient bourré l’mou avec ces idées d’merde… faut savoir rester entre blancos comme disait Manu… un type en qui il avait eu grande confiance mais qui l’avait profondément déçu quand il leur l’avait fait à l’envers sa Retirada8 … Soudain un frisson le parcouru… Pourvu que son taré d’fils ne porte pas le tee- shirt qu’il avait vu sur une noire affichée en grand dans sa chambre « Justice pour Adama sans justice vous n’aurez jamais la paix »… Putain si les schmitts voyaient ça, déjà qui z’étaient passablement à cran, ç’allait être Bagdad… Tant pis, fallait qu’il y aille… Y pouvait pas le laisser tomber… après tout c’était son fils, sa bataille…

 

 

 

 

1 -  Interviewé en direct sur Facebook par Rémy Buisine, journaliste chez Brut, média plébiscité par les gilets jaunes, Christophe Castaner a estimé que "ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu'ils seront complices de ces manifestations-là"

2 -  Edouard Philippe veut « frapper vite, frapper fort »

3 - Le 5 janvier, à Toulon, le commandant Didier Andrieux a frappé plusieurs fois des manifestants, au mépris des règles de maintien de l’ordre selon de nouvelles vidéos obtenues par Mediapart. Contrairement à ce qu’a fait croire son avocat, c’est lui qui se montre violent le premier


4 -  "On ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin aux violences. Quand on voit des types qui tabassent à coups de pieds un malheureux policier... qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois, écoutez, ça suffit!", a lancé le philosophe. Et de poursuivre: "Il y a un moment où ces espèces de nervis d'extrême droite ou d'extrême gauche ou des quartiers qui viennent tabasser des policiers ça suffit!". Et de conclure: "on a, je crois, la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies, faut dire les choses comme elles sont"


 5 - Ces victimes ont en commun d’avoir été blessées, plus ou moins gravement, par des grenades tirées par les forces de l’ordre. Et certaines blessures, les plus graves, suggèrent la signature de la GLI-F4, cette grenade explosive qui (des vidéos en attestent) a bien été utilisée en plus du déluge de grenades lacrymogènes (5 000) tiré samedi à Paris. La France est le seul pays d’Europe à utiliser, pour des opérations de maintien de l’ordre, ces grenades qui ont déjà coûté en 2018 une main à un jeune homme à Notre-Dame-des-Landes

6 - Arriver cagoulé à une manifestation, c’est aujourd’hui une contravention. Demain, ce doit être un délit.

7 - L’Action française perd en juin 36 une partie de ses éléments les plus actifs. Elle se moque dans ses journaux de l’amateurisme et de la folie du secret imprégnant cette OSARN ("des conspirateurs d’opéra comique") qui accueille ses transfuges. Elle donne à la nouvelle organisation le surnom par lequel elle passera à la postérité (la Cagoule) et à ses adhérents celui de cagoulards.

8 - La Retirada, du mot « retraite (des troupes) » en espagnol et catalan, est l'exode des réfugiés espagnols de la guerre civile. À partir de février 1939, ce sont plus de 450 000 républicains qui franchissent la frontière franco-espagnole à la suite de la chute de la Seconde République espagnole et de la victoire du général Franco.

 

 

 

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 10:54

 

Les libéraux détestent que l’Etat mette les yeux sur les prix pratiqués sur le marché même et surtout s’ils n’ont part qu’à un petit morceau du gâteau. Ainsi, lorsque l’Etat entend geler les tarifs de l’électricité et du gaz les opérateurs privés n’hésitent pas à poser des recours devant le Conseil d’Etat1 pour distorsion de concurrence et bien évidemment ils auront gain de cause… C’est que « la concurrence libre et non faussée » c’est un peu le saint Graal du libéralisme, surtout pas d’intervention de l’Etat qui ne ferait qu’empêcher l’exercice de la compétition féroce que sont censées exercer les entreprises en se livrant une guerre des prix sans merci et tout cela bien sûr pour notre bien à nous pauvres CONsommateurs sans défenses… Enfin, ça marche pas toujours2, y’en a qui joue pas l’jeu et ça arrive souvent quand on réduit les gens à des CONsommateurs…

Mais, d’un autre côté, les libéraux adorent que l’Etat paie leurs charges sociales en désocialisant une partie du salaire sous forme d’exonérations, ils trépignent de joie, littéralement ils bavent de concupiscence… Ainsi pas besoin d’augmenter le smic, ah, non ! non ! ça génèrerait du chômage, c’est l’Etat qui va prendre en charge le morceau par l’intermédiaire de « la prime d’activité », c’est-à-dire, in fine, les pauvres CONsommateurs par l’intermédiaire de leurs impôts… Et puis les libéraux aiment les contradictions, ils aiment surtout la cécité des CONsommateurs qui ont du mal à voir plus loin que les discours qu’on leur sert, telle une soupe fumante et appétissante… Pour eux, l’augmentation du smic génèrerait du chômage, mais la défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires ne détruirait pas les emplois3...

Grand-Dieu, les libéraux viennent de trouver le moyen de changer le plomb en or…

 

 

 

Nous utiliserons tout l’arsenal légal pour empêcher les hausses de tarifs”, fait-on savoir à Matignon. Le gouvernement compte profiter du délai de trois mois dont il dispose pour valider les tarifs fixés par la CRE, histoire de jouer la montre. Reste à savoir si les les concurrents d’EDF, représentés par l'Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), ne seront pas tentés de contester cette méthode devant le Conseil d’Etat, pour les premiers mois de l’année. Une chose est sûre : si le gel des tarifs se poursuit une fois le moratoire passé, les fournisseurs alternatifs pourront déposer un recours en justice, pour distorsion de concurrence. https://www.capital.fr/votre-argent/gaz-et-electricite-le-gouvernement-peut-il-vraiment-geler-durablement-les-prix-1318615

 

2 - Presque 1 milliard d'euros d'amende. La cour d’appel de Paris a confirmé, ce jeudi 27 octobre, la sanction la plus élevée qu'ait jamais prononcé l'Autorité de la concurrence, à savoir contre plusieurs multinationales du secteur de l'hygiène et de l'entretien (L’Oréal, Unilever, Procter & Gamble etc.), condamnées pour s'être secrètement concertées sur leurs prix.

https://www.marianne.net/societe/l-oreal-unilever-colgate-pres-d-1-milliard-d-euros-d-amende-pour-entente-illicite-sur-les

 

3 - Rappelons pourtant que la mesure initiée par Nicolas Sarkozy fut un fiasco et contribua à la hausse du chômage : tandis que l’activité ralentissait du fait de la crise, le recours aux heures supplémentaires augmentait. (voir le lien ci-dessous)

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 17:33

 

Il s’était tout de suite mis à lire Roger Frison Roche dès que Mister president avait parlé des premiers de cordée. Lui, il faisait tout pour le devenir. Abonné à « Valeurs Actuelles » dont il avait fait sienne cette description « libéral en économie et conservateur sur les sujets de société1 » et adhérent à la LRM, il s’était mis depuis peu au « Climbmill », car si tous les cons avaient compris comme lui les propos sibyllins de Mister president, il risquait d’y avoir du monde dans la cordée et il faudrait surement courir pour être le premier.

Son idole, c’était Carlos, pas le terroriste le cost killer... Un type qui palpait entre 35 et 43 000  € par jour avait de quoi susciter l’admiration et lui contrairement à d’autres, il trouvait pas ça immoral – allons donc, vouloir moraliser le capitalisme c’était comme demander à un tigre de bouffer d’l’herbe – c’était parce qu’ « il le valait bien ». C’est vrai que pour peser autant que 800 smicars fallait en abattre du boulot. Carlos il était comme ça, généreux et pas regardant sur la dépense, surtout celle concernant ses émoluments2. Mais le redressement de Nissan c’était lui, lui et personne d’autre3, un peu comme si la Micra dans laquelle il roulait avait été assemblée pièce par pièce par les petits doigts boudinés de Carlos.
Alors que ce type-là ait eu un petit dérapage, il ne voyait là rien d’anormal pour un fabriquant d’automobiles et puis en bossant autant que 800 ouvriers pas étonnant qu’il ait laissé passer quelques bourdes, le burn-out guette tout le monde après tout… Mais ce qui le révoltait c’était la violence extrême qui avait présidé à son interpellation
4, on se serait cru à Beaumont-sur-Oise avec un jeune des banlieues, heureusement que Carlos n’avait pas résisté car, et cela lui faisait froid dans l’dos, ces fonctionnaires zélès auraient pu tenter une immobilisation en s’asseyant sur lui…
Aller, pour garder la foi dans un monde si dur il allait s’écouter Tina Arena, les yeux encore brillants à l’idée qu’en allant toujours un peu plus haut que les autres, qu’il écraserait bien comme des petites crottes de chien perdues au milieu du trottoir, il finirait comme l’avait dit Mister president, premier de cordée…

 

 

 

 

1 François d’Orcival président du comité éditorial de VA
 
2  La rémunération du P-DG de Renault Carlos Ghosn devrait atteindre 7,2 millions d'euros en 2015, contre 2,67 millions l'année précédente. Cette augmentation de 169% a du mal à passe chez les salariés qui ont vu leur salaire gelé
http://www.leparisien.fr/economie/renault-remous-autour-des-169-d-augmentation-de-carlos-ghosn-25-03-2015-4635725.php

3 Sur la planète toute entière, le monde des affaires reconnaît que Carlos Ghosn est sans doute l’un des patrons d’entreprise les plus emblématiques, parce que l’un des plus performants.
Tout le monde se souvient que c’est lui qui a sauvé Nissan de la faillite il y a près de 20 ans, en redressant cette maison ancestrale pour en faire une entreprise vedette dans le monde de l’automobile. Tout le monde reconnaît que c’est lui qui , au pouvoir chez Renault depuis 13 ans, a mené une stratégie gagnante en développant le low cost et en tissant des liens gagnant-gagnant avec Nissan, pour en faire au final le premier constructeur mondial avec plus de 10 millions de véhicules vendus par an. Un groupe que l'on disait prêt à aborder la révolution digitale et l’autonomie.
https://www.atlantico.fr/decryptage/3559056/-carlos-ghosn--la-fin-d-un-empereur-de-l-industrie-automobile-renault-s-effondre-en-bourse-jean-marc-sylvestre-
 
4 "C'est extrêmement rare que 10 personnes du bureau du procureur de Tokyo viennent attendre sur le tarmac de l'aéroport de Haneda un avion avec des caméras de télévision" a estimé Thierry Breton, en évoquant les circonstances de l'arrestation de Carlos Ghosn lundi. "L'arrestation elle-même a été d'une violence extrême", juge-t-il.

 

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 20:35

 

En débouchant au coin de la rue, il aperçut une affiche sur la vitrine mais il eut du mal à en lire le texte : « boucherie à l’ail », sans doute un plat préparé se dit-il, mais c’était un peu vague quand même. Ce n’est qu’en s’approchant qu’il comprit son erreur il lut :

« boucherie halal ». Halal ? C’était pas le nom du Dieu des arabes

ça ? Lui il était français et catholique, enfin il avait fait son cathéchisme mais pour ce qu’il lui en restait. La dernière fois qu’il était allé à la messe il n’avait pas aimé le prêtre, une espèce

d’illuminé avec ses citations à la con : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; 1» comme si y’avait pas assez d’étrangers comme ça. En tout cas, à l’intérieur c’était pas le boucher qu’il connaissait, celui-là avait une drôle de gueule avec sa barbe, une tête pas française, c’était pas qu’il était raciste, non, mais il avait pas une tête à vendre des andouillettes le mec. Il était étonné que l’autre ne lui ait jamais dit qu’il allait vendre son magasin. Il allait faire demi-tour quand il remarqua une femme qui se dirigeait vers la boucherie, c’est qu’on voyait pas grand-chose mis à part les yeux, tout le reste du corps de la gonzesse était recouvert par un grand drap noir. C’était pas qu’il était voyeur, non, mais y préférait les mini-jupes, c’était quand même plus féminin et puis si toutes les femmes s’habillaient comme ça, c’était un truc à d’venir Pédé, Dieu l’en préserve. C’était pas qu’il était homophobe, non, mais fallait pas pousser, il pensait comme Bolsonaro : « Je serais incapable d'aimer un fils homosexuel. Je préfèrerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu.2" un type bien Bolso, pour qui il aurait voté sans problème, c’est pas que Marine l’ait déçu, non, mais Bolso, lui au moins, il s’était fait élire. Il allait rentrer quand son regard fut attiré par ce titre écrit en grand : « Le slam envahit la France »... Bon Dieu ! D’un seul coup lui revint en mémoire toutes les couvertures du Point qu’il lisait régulièrement, un journal peut-être un p’tit peu à droite, d’accord…  Mais cette fois ci ce n’était pas le Point qui le disait mais « le magazine littéraire » et d’un coup tout prenait sens, le boucher halal et barbu, la femme voilée, c’étaient des preuves tangibles qui suffiraient à convaincre n’importe quel crétin que le slam était en train d’envahir la France…

 

1 :Evangile selon Matthieu (25, 31-46)

2 : Playboy, juin 2011

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5 octobre 2018 5 05 /10 /octobre /2018 21:31

 

 

Camus disait « Il faut imaginer Sisyphe heureux » malgré la répétition inlassable et aliénante d’un travail privé de sens. Mais le fils d’Eole roulait son rocher après peut-être l'avoir fait aussi avec un peu de cette herbe du genre Cannabaceae originaire d’Asie dont l’addiction bien connue du Greatfull Dead et des Marry Pranksters conduira les hippies et toute la Beat Génération à passablement abuser… Mais passons, Sisyphe donc, forçat pour l’éternité, roulant son rocher la clop au bec pensait à autre chose qu’à la colère des Dieux dont visiblement il se battait l’cul…

Mais à quoi donc, le fondateur de Corinthe pouvait-il penser sur le flanc du Tartare à rouler son rocher rétif à la traction ?

Peut-être, mais n’est-ce là qu’hasardeuse hypothèse, l’époux de Mérope fermant les yeux sur son abjecte destiné se remémorait-il ces vers d’Edgar Allan Poe « Tout ce que nous voyons ou paraissons n’est-il donc qu’un rêve dans un rêve ?» et les écouteurs soudés sur les oreilles celui qui avait roulé Thanatos dans la farine sans penser qu’il devrait bientôt le faire pour un rocher rugueux, écoutait-il David Gilmour dans l’antique Théâtre de Pompéi exactement à 4 minutes 50 de la vidéo que tout le monde peut visionner sur you tube.com et là, c’est sûr on peut imaginer Sisyphe heureux…

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